Just Married
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Épreuve 5 ;;
Danse macabre
Connaissez-vous la fête des morts ? Non ? Et bien c'est l'occasion d'y participer. Ce soir, le ciel est dégagé, les étoiles sont visibles dans le ciel et les gens ont allumé des dizaines de cierges pour honorer les disparus. L'humeur est à la joie et à la fête, car c'est un moment de partage davantage que de tristesse. Vous êtes là également et vous regardez les âmes des disparus passer le pont entre le monde des vivants et des morts. Là-bas, l'un de vos proches arrive vers vous. Ne serait-ce pas l'occasion de faire de nouveau la fête ensemble et de danser jusqu'au bout de la nuit ?

Rappel des règles

✗ L'épreuve se termine au bout de 24 heures, soit ce soir, le 29 mai, à 23h59.
✗ Les réponses sont limitées à 1500 mots maximum.


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L'Incontesté
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Ryūji Yamashiro
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Ryuji Yamashiro

Épreuve 5 ;; Danse Macabre || Kobe High School Anime-landscape-torii-sakura-petals-lanterns-stars
Danse Macabre
Dimanche 13 août 2017 - Okinawa

La fête d'O-bon, l'occasion d'honorer l'esprit des ancêtres...

Ce matin-là il s'était réveillé groggy, encore sous les effets du trajet de la veille. D'habitude il aimait revenir sur ses terres natales d'Okinawa, rendre visite à ses parents, à sa sœur, croiser d'anciens professeurs aussi. Cependant, cette année, le 13 août a une saveur toute particulière.

Il se leva de son lit d'ado, où rien n'avait bougé depuis son départ il y a une dizaine d'années, du moindre poster au tas de papier qui jonchait le sol près de son bureau d'étudiant. Sur la table de chevet, une photo de lui tout jeune avec son grand-père, Ryuji Yamashiro senior, alias Ryujiji. Il sourit en la regardant.

Son grand-père avait toujours été une personne stricte avec ses enfants mais d'une douceur incroyable avec ses petits-enfants, un conteur émérite, un blagueur invétéré doublé d'un homme sage, responsable, respectable et respecté. Un modèle d'homme dans les yeux d'un gamin qui voyait en lui un héros. Malgré le mariage mixte de son fils, le patriarche n'avait jamais à un seul instant renié ses petits-enfants. Alors forcément, sa disparition fut un choc terrible.

Ryuji se mit en route, embrassant mère et père après un petit déjeuner sur le pouce. Il avait une mission. Traîner en ville en attendant le soir, très peu pour lui. Non, lui il allait parcourir la liste des bars du village, là où le grand-père s'était fait connaître, en guise de pèlerinage avant le grand final le soir, éclairé par les lanternes au bord du lac.

La journée fut longue et courte à la fois, mais très éprouvante. Éprouvante pour ses pieds, pour son foie mais aussi pour son pauvre portefeuille. C'est que le vioque n'avait pas laissé d'argent pour son pot de départ à destination de son petit-fils, juste un coffret avec la liste des bars et un mot sous forme de charade. Typique. Ryuji le maudissait du plus profond de son être tout en applaudissant.

La nuit tomba finalement alors qu'il sortit du dernier bar sur sa liste, totalement éméché, le discours incohérent. Pourtant il n'était pas misérable ou triste, il était heureux et riait avec les habitués du bar qui avaient tous connu le "vieux dragon" comme ils se plaisaient à l'appeler. Chacune des rencontres que Ryuji fit était ponctuée d'histoires plus rocambolesques les unes que les autres, des faits d'armes dont on peine à croire, des histoires de jeunesse d'un grand-père qu'il n'avait pas connu.

Il apprit à le connaître voyou, délinquant, tombeur de ses dames ; il apprit plusieurs histoires d'unions pas si pures que ça, le nom de maîtresses et courtisanes entre autres. Evidemment, il n'en croyait pas la moitié, mettant ça sur le compte de rumeurs ayant un peu trop enflé sur fond de jalousie. Pourtant il était heureux et fin prêt au "grand final de l'opération".

Rendez-vous avait été pris avec son père sur un pont reliant deux parties du village. Le paternel avait lui aussi accompli son propre pèlerinage et force est de constater qu'il tenait mieux l'alcool que son fils ou bien le cachait beaucoup mieux. Ils se retrouvèrent alors, partageant un moment père-fils assez rare, car il avait hérité du caractère strict de l'ancêtre. Ils n'échangèrent que quelques mots.

- T'es moche.
- Merci père. Vous n'êtes pas en reste.
- Alors ? Ravi, déçu ?
- Quel vieux farceur ce vioque. Tu le savais tout ça ?
- Beuh... Il ne causait pas beaucoup tu sais, tu le connais mieux que moi.
- Meh.


Les phrases étaient brèves, marmonnées. Ryuji tendit la main vers son père qui lui répondit par une poignée de main des plus viriles avant de le prendre dans ses bras, s'autorisant même une larme et quelques sanglots entrecoupant un laconique "il va me manquer". Ryuji n'avait jamais vu son père pleurer. Puis, comme si rien ne s'était passé, le paternel sortit de son sac une bouteille de saké qu'il confia à son fils, ainsi qu'une coupe, rien de plus symbolique que cela ; c'était l'étape finale du pèlerinage. Désormais il avancerait seul. Il salua une dernière fois son père avant de le confier aux bons soins de sa soeur qui elle-même se permit une tape réconfortante, c'était la journée la plus bizarre de sa vie.

Ryuji s'accouda au garde-corps, observant le lâcher de lanternes dans les airs et sur l'eau. C'était le signal. La bouteille de saké fut vite ouverte et une première puis une seconde coupe furent avalées cul-sec comme s'il s'agissait de petit lait. Le saké était sec, presque infect, personne de sensé n'aurait bu une saloperie pareille, mais le marathon des bars de la journée s'avéra efficace pour avoir préparé comme il se devait l'estomac du jeune professeur de design.

Au bout de la cinquième ou sixième coupe, sa vue se brouilla, il ne distinguait presque plus ses alentours, trop concentré par le balai des lumières qui dansaient dans l'eau et dans les airs. Les sons autour de lui étaient étouffés et bientôt il n'entendit plus rien si ce n'est le silence. Le saké était empoisonné ? C'était sa fin alors qu'à Kobe tout lui souriait ? Belle blague de la part du vieux, refusant de partir seul il avait voulu emporter son petit-fils de l'autre côté !

- Ryu-chan.

Une seule personne sur terre l'avait appelé de la sorte. Il se retourna, en panique, à la recherche du responsable... pour finalement tomber sur la silhouette déformée dont il reconnut immédiatement la démarche chaloupée mais pourtant pleine de dignité, une sorte d'ersatz de Belmondo couplé à un Aldo Maccione du pays du soleil levant. C'était lui, aussi incroyable que cela puisse paraître, son grand-père était là devant lui, plus souriant que jamais.

- Oh oh. Alors tu l'as fait. Je pensais que tu ne trouverais jamais le coffret. L'élève a dépassé le maître, je suis fier.
- Tu m'avais habitué à mieux, Jiji. Mais quelle idée.
- Ca pique ?
- Un peu. Mais je ne sais pas si c'est l'alcool ou cette vision.
- Allons allons. Que disait le mot ? Célébrer la vie et non pleurer les morts. Les morts ne répondent pas de toute façon, ils laissent des traces dans le quotidien pour nous faire sourire et rire.
- Tu parles d'un rire. Ton fils m'a dit que tu étais parti avec une dernière blague. Dire que je n'étais même pas là pour l'entendre, je suis arrivé trop tard.
- Oh oh oh.
- Mais ne ris pas ! Je veux savoir !


L'ancêtre se mit à marcher et invita Ryuji à le suivre. Ils traversèrent alors la rivière via ce pont de moins en moins net, belle métaphore du passage de l’autre côté au final. Le patriarche n’aurait pas pu trouver mieux, dans sa sagesse infinie. Ryuji bouillonnait, à moins que ce soit l’alcool qui lui brûlait le corps. Il avait à la fois hâte que cela cesse et que cela dure encore, marchant intentionnellement très lentement alors que le sénior traçait sa route comme investi d’une nouvelle jeunesse. Il finit par s’arrêter à la limite du pont, près de l’autre rive, où des gens allaient et venaient, d’autres duos, parfois des trios, des gens aussi nets que Ryuji et des silhouettes floues comme son grand-père.

Il se firent face et, comme animés par la même énergie, se mirent à décrire de lents cercles dans les airs avec leurs bras et leurs jambes, au rythme du tintement de cloches et de gongs lointains. Cela ressemblait trait pour trait aux danses rituelles que Ryuji-sama avait montrées et enseignées à son petit-fils. Ils dansaient jusqu’à en avoir mal, perdant leur sérieux et ne pouvant s’empêcher de rire de plus en plus fort proportionnellement à l’accélération du rythme des percussions. Puis enfin, le silence.

- Comment savoir si l’eau d’un bol est chaude ou froide, Ryu-chan ?

Il se stoppa dans une expression faciale de pure perdition. Devant ce regard médusé, l’ancêtre rit de bon cœur, un rire qui résonna dans la tête de son petit-fils, qui raviva de nombreux souvenirs plus joyeux les uns que les autres. Soudain, alors qu’il allait donner la solution, son patriarche le poussa d’une pichenette par-dessus le garde-corps.

Ryuji finit les fesses dans l’eau et dans le monde réel. L’eau était glaciale. C’est alors qu’il se mit à rire et pointa un doigt à la fois victorieux et accusateur en direction du ciel.

- Il suffit d’y mettre le doigt !

Il rit comme il n'avait jamais ri avant...

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Ryūji Yamashiro
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