Just Married
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Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Hanz d'amûr ♥
Autre:
storm isn't finish, it's just the beginning Hanz • Chae-Rok
Lundi 28 Mai 2114, 14h25

T’affairant à nettoyer la vaisselle, tu te sens repu. C’est que ton ventre criait famine depuis quelques temps déjà. Il te tardait de terminer ta garde pour pouvoir manger ! C’était ta faute aussi : d’habitude, tu prévois toujours un petit quelque chose à grignoter. Mais là, ça n’a pas été le cas. Aussi, tu es rentré en quatrième vitesse. Une chance que tu aies choisi la marche à pied comme moyen de transport aujourd’hui, car bonjour le monde sur la route ! Tu as été plus rapide ainsi. L’idée de ton petit bol de ramens préparés par le konbini à deux pas de chez toi te faisait saliver. Tant qu’il ne t’aura fallu qu’une poignée d’enjambées pour mettre de l’eau à chauffer. Tu n’as pas pris le temps d’enlever tes chaussures : blasphème ! Passe pour cette fois, tu donneras un coup de balai après.

Mince ! J’ai oublié de regarder si j’avais du courrier.. Constates-tu lorsque ta dextre coupe l’eau du robinet.

Te séchant les mains, tu reposes ton torchon sur l’une des chaises de ta petite cuisine. Déjà chaussé, tu traverses ton appartement pour sortir momentanément. Préférant emprunter les escaliers, tu descends à petites foulées. Tes pupilles se posent sur ta voisine qui fait le chemin inverse. Tu ralentis le pas, la salues d’un signe de tête couplé à un sourire, lui demandant si elle va bien. Deux trois mots échangés et te voilà de nouveau parti. Au niveau des boites aux lettres, tu marques l’arrêt. Ta senestre plonge dans la poche de ton jogging pour en ressortir tes clefs. Tu les insères, esquisses un quart de tour, tu ouvres et…

Que… ?

Tes bras retombent le long de ton corps. Tes lèvres se désolidarisent et, immobile, tu restes pantois face à ce que tes ébènes captent. Face au rectangle rose qui trône dans ta boite, au-dessus des pubs hebdomadaires. Tes paupières clignent à plusieurs reprises, comme pour chasser cette image de ta rétine. Mais rien. Rien n’y fait. Elle ne bouge pas, ancrée. Restant à la fixer plusieurs secondes - voire minutes - il arrive un moment où tu te meus enfin. Ta main droite s’élève, tremblante, et s’empare du papier. Un choc, soudain. Car, tant que le contact physique n’était pas là, la probabilité que ton esprit te joue des tours était encore envisageable. Là, ce n’est plus le cas.

Tu es abasourdi.
Je… je suis marié ?

Une vague de panique s’empare de toi. Ni une ni deux, tu fais volte-face, grimpant les marches par deux, voire trois par trois. De retour dans ton cadre de vie, tu t’empresses de glisser l’objet qui est en train de te brûler les doigts sous un magazine, sur la table basse de ton salon. Tu la caches. Tu n’es certainement pas prêt à l’ouvrir. Pas seul, pas maintenant. Le coeur qui bat à tout rompre, tu te laisses tomber sur ton canapé, fixant un petit bout d’enveloppe qui dépasse. Tu ne peux d’ailleurs guère virer de bord ton regard ; celui-ci accroché à l’annonce encore au chaud dans sa prison rose. C’est… c’est du délire. Tu es toujours tellement focus dans ton travail que tu ne te disais pas que le mariage pourrait te tomber dessus un jour. Tu n’y pensais pas, tout simplement.

Finalement, ton crâne roule contre le haut du dossier, ton dos s’enfonçant dans ce dernier, tes yeux se fermant. Tu ne comprends pas vraiment ce qui est en train de t’arriver, ni cette sensation étrange qui t’anime présentement. Mais c’est là. C’est là, et ça ne compte pas bouger.

J’dois… j’dois appeler mon frère.


Mardi 29 Mai 2114, 16h20

Coudes sur les cuisses, doigts entremêlés et menton posé sur ces derniers, tu inspires un coup, tes pupilles ancrées dans l’écran noir de ta télévision. Du coin de l’oeil, tu captes du mouvement. Une main qui se tend, qui s’empare de l’objet de ton insomnie de cette nuit et de tes cernes de trois kilomètres de long ; que tu ne t’es pas fatigué aujourd’hui, car tu ne travailles pas.

Tu veux que je l’ouvre ? Te demande alors ton frère.

Ton regard ne déviant pas de sa direction initiale, tu laisses flotter quelques secondes de silence. Tu réfléchis, avant d’admettre, soupirant :

Vas-y, je crois que je n’aurais pas le courage de le faire moi-même…

Et c’est dire, pourtant, si tu as du courage pour bien d’autres choses. Là seulement, c’est trop dur. Tu te reprends en peine poire le mariage foiré de ton frère. Toutes les larmes que tu as dû éponger, la colère que tu as dû calmer, les angoisses que tu as dû apaiser après son passage par la case prison. Et, surtout, le fait que ça ne s’est jamais bien passé. Longtemps, tu t’es demandé quelle mouche a bien pu piquer la machine pour qu’elle les déclare compatibles, tous les deux. À croire que cette machination a été mise en place pour faire souffrir les deux partis. Il-sung, car il devait subir les foudres de sa soi-disant compagne. Et son épouse, car elle ne croyait pas en la puce. Peut-être aussi car son coeur appartenait à quelqu’un qui ne pourrait jamais être à ses côtés à cause de ce mariage. Mais ce n’était pas une raison pour t’en prendre à mon frère comme tu l’as fait. Alors, depuis, tu doutes. Tu ne sais pas quoi penser de l’Incontestable. Est-ce que ça marche vraiment ? Est-ce qu’il fait se rencontrer les âmes qui sont faites pour se trouver ? Il-Sung et son épouse étaient-ils vraiment compatibles ? Ou plutôt, l’auraient-ils été sur le long terme ?

Et moi, est-ce que ça va être pareil ?
Est-ce que je vais tomber sur quelqu’un qui ne veut pas de ce mariage et qui va me faire vivre un enfer ?
Ou alors, est-ce que ce sera quelqu’un qui y croira à fond ?
Puis, ça me fait peur, j’y connais rien moi, à tout ça…
Je n’ai jamais vécu avec quelqu’un…
La seule chose que je connaisse, c’est mon travail, rien d’autre…
Alors, qu’est-ce qui va me tomber sur le coin du nez ?


Oh merde alors.

Tu tiques. D’instinct, tu tournes la tête vers ton frère, tes mains en suspend dans l’air. Tu avises ses yeux qui se sont écarquillés.

Quoi ? Le questionnes-tu, une pointe de panique dans la voix.

Qu’est-ce qui mérite une telle réaction ?

Attend, laisse-moi vérifier un truc.
Hein ?

Il ne dit rien de plus, se contente de poser le papier sur la table. Il attrape son portable et commence à pianoter dessus. Et quand ses doigts s’arrêtent, sa paume droite vient se plaquer contre sa bouche.

J’y crois pas ! S’exclame-t-il.
Tu vas te décider à me dire ce qui te met dans cet état ? Répliques-tu agacé, le stress grimpant doucement.
Tu ne devineras jamais à qui tu es marié !

Tu fronces les sourcils, ne comprenant pas, avant de lever une main devant toi, mettant le holà.

Non. Avant toute chose… Donne moi son prénom. J’ai pas envie de savoir le reste, si tant est qu’on trouve des choses sur le net..
Et comment… On trouve de tout, obligé tu as déjà entendu parler de lui.

Un homme donc.

J’veux pas que mon avis soit biaisé par des fake news. Accouche, tu commences à me faire peur.
Je comprends… Alors… Il inspire. Laisse un silence passer. Puis reprend : Il s’appelle… Hanz. Hanz Asuka.

Tes paupières se plissent.
Pourquoi ce prénom ne m’est pas inconnu… ?

Alors, tu vois qui c’est ?
Je…

!
!!
!!!
!!!!!!!!


Impossible. Ça ne peut pas être toi, pas vrai ?
Ton coeur loupe un battement, repartant tout doucement, tâtonnant le terrain.
Mais… Des « Hanz » au Japon, ça court pas les rues… Mais qu’est-ce qu’on pourrait trouver à ton sujet sur internet ? … Non. Non, non, je refuse de croire que ce soit toi.

Ton frère lâche un petit soupir. Ses doigts tapotent l’écran de son téléphone avant qu’il ne tende celui-ci, quelques secondes plus tard, dans ta direction.

Tiens, regarde. Tu peux au moins déjà voir à quoi il ressemble.


Le problème, c’est que je savais déjà, à quoi il ressemble…


Il n’empêche que tes lippes s’entrouvrent en grand. Tu blêmis, d’abord, avant que ton visage ne se parent de teintes rouges chatoyantes quand les souvenirs s’emboitent parfaitement dans ta tête. Tu sens tes joues chauffer et la mémoire de son toucher sur ta peau refait surface. Tes bras se croisent et tes paumes les frottent, dans l’espoir vain de chasser ces sensations qui ne t’ont jamais vraiment quitté. Tu les as simplement mises de côté. Enfermées à double-tour dans le recoin le plus loin de ton esprit.

Frangin, tu vas bien ? Qu’est-ce qu’il y a, pourquoi tu réagis comme ça ?!

Seulement, tu ne réponds pas.
La seule chose qui te trotte à l’esprit, présentement, ce sont ces me dites pas que c’est vrai, ils se sont trompés, c’est pas possible, j’ai rien à voir avec ce type, c’est quoi ce bordel ? qui tournent en boucle.


Jeudi 31 Mai 2114, 02h45

Bras croisés contre ton buste, regard rivé vers le plafond, tu n’arrives pas à trouver le sommeil. Si tu n’es pas un grand dormeur, il faut dire que depuis que tu as reçu cette lettre rose les insomnies se suivent. Et c’est pire, encore, depuis que tu sais avec qui tu es marié. Tu espérais que que ce soit une blague. Que ton frère ait mal lu peut-être ? Mais quand dans le secret de ton lit tu as jeté toi-même un oeil au contenant de la feuille de papier, tu as constaté.

Hanz.

Ça remonte à deux ans et pourtant, c’est comme si c’était hier. Ça te percute et ça remue, les flots de ta tête se déchainant. Ils ne t’ont guère laissé tranquille au boulot ; et ils ne te lâchent toujours pas. Tu n’arrêtes pas d’appréhender. Car, si tu sais pertinemment que vous ne venez pas du même monde, le fait qu’Il-Sung ait glissé qu’on pouvait trouver de tout à son sujet sur internet t’inquiète, un peu. Heureusement que tu ne sois pas quelqu’un de curieux par nature, ton téléphone sur la tablette au-dessus de ton lit ne t’appelle pas et l’envie d’aller voir ne te démange pas. Non, tu ne céderas pas dans tous les cas. Puis… peut-être est-ce aussi parce que tu t’es toi-même forgé une idée à son sujet, hein dit ?

Mais deux ans… Deux ans après ?
Tu crois qu’on pourrait recommencer à zéro ?

Même si je le voulais du plus profond de mon coeur, j’pourrais pas oublier.
Enfin, oublier la fin chaotique mais pas ce qu’il y a eu avant.
Je…
Ah !


Ton bras se tend sur ta droite pour attraper l’oreiller et le plaquer devant ton visage en proies à de nouvelles rougeurs.

Ça va pas le faire ! Si je rougis rien qu’en pensant à toi, ça va être quoi quand je te verrais en vrai ?
La honte putain, la honte…


En plus, ça fait déjà quatre jours. Le temps est compté. Il va falloir que tu y ailles bientôt. Car, qu’on se le dise, tu n’as vraiment pas envie de passer par la case prison. Et tu espères que c’est son cas aussi. Tu n’as que trop vu les dégâts psychologiques que ça a engendré. Tu as beau être fort mentalement - et heureusement quand on voit ce que tu fais au quotidien - ce serait sûrement la goutte de trop.

Mais qu’est-ce qui est en train de m’arriver…
J’sais pas si je dois me réjouir de « savoir » à qui l’incontestable m’a uni ou si j’aurais préféré ne pas connaitre du tout la personne…




Vendredi 1er Juin 2112, 22h30

Ton frère t’a convaincu. Si tu savais que prolonger l’attente ne ferait qu’augmenter cette torture mentale qui s’est mise en place depuis lundi, Il-Sung n’a fait que confirmer ce dont tu essayais de te convaincre. Alors, quand il est revenu t’aider à préparer une petite valise hier, tu as pris ta décision. Si tu ne te sentais clairement pas de te rendre dans ton « nouveau chez toi » avant d’aller au travail - car hors de question de profiter des jours de congés offerts par l’état -, tu t’es dit que tu pourrais y aller en sortant…

Armé de ton GPS, tu marches, le nez en l’air. Déglutissant, tes mirettes se promènent d’un building à l’autre. Je… me suis trompé, non ? Je ne suis pas dans le bon quartier… Ou plutôt, tu as peur d’être dans le bon. C’est que ça ne te ressemble pas, ça. Ça ne ressemble pas à ta petite maison au bord de la mer, à l’appartement de ton oncle à Busan ou encore à celui dans lequel tu vivais jusqu’à aujourd’hui. Dans la nuit, là, tu te sens comme prisonnier de toutes ces ombres gigantesques, ponctuées de lumières, qui t’entourent.

En fait, tu as surtout l’impression de faire tâche, dans le décor.

Au milieu des vitrines de luxe éclairées, tu déteins. Vêtu d’un simple tee-shirt noir, d’un jean traditionnel et de tes vans préférées, on dirait un petit chiot égaré dans la cour des grands. Tu sens d’ailleurs quelques regards de passants fixer et, surtout, juger ta personne. Il y a de quoi en soit, en même temps ! Avec ton bandeau rouge qui contraste avec les couleurs sobres de ton accoutrement, tes cheveux que tu as replacé comme tu le pouvais (mais que tu n’as pas su dompter) et tes cernes de trois kilomètres de long qui ne sont plus cachées par ton anti-cerne… Tu pourrais presque faire peur à voir pour tous ces gens joliment habillés que tu croises. Mais bon. Tu sors du travail, tu n’es pas repassé chez toi - enfin… dans ton ancien chez toi ? -, il est tard ; tu n’as pas eu le temps.

Le petit point bleu que tu es sur le GPS de ton téléphone fusionne avec la pastille rouge du lieu où tu dois arriver. Alors, tu t’arrêtes. Tu fais un quart de tour vers l’entrée. Et tu lèvres les yeux, encore. Un hoquet de surprise te prend. C’est… terriblement haut. S’en est vertigineux ; bien que tu n’aies pas la peur des hauteurs. Seulement, tu n’es pas habitué. Plongeant la main dans la poche arrière de ton jean, tu en extirpes la lettre de mariage, relisant l’adresse pour être sûr de ton coup. Et là, tu captes : mais.. un pentose, c’est le tout dernier étage, pas vrai ? Alors… c’est… tout là-haut ?! Mais combien y a d’étages ?! Reculant de deux pas tout en restant sur le trottoir, tu t’affaires à compter, palier par palier. Sincèrement, les gens alentours doivent te prendre pour un fou. Tant pis. Tu as besoin de constater par toi-même. Trente-deux ?! Trente-deux ?! Genre… trente-deux étages ?! Et je vais vivre là ?! Bordel Hanz, c’est quoi ton salaire à toi ?! Tu as bien compris, il y a deux ans, à quelle catégorie il appartenait. Mais de là à avoir un « penthouse au trente-deuxième étage d’une tour » ?! C’est tout bonnement de la pure folie. À ce niveau-là, tu te demandes si ton salaire à toi a été pris en compte…

Inspirant un coup, prenant ton courage à deux mains, tu t’avances vers l’entrée. Tu tapes le code nécéssaire pour rentrer dans la tour puis tu pénètres dans le bâtiment. Un sentiment d’inconfort te prend à la gorge. Cette désagréable sensation de ne pas avoir ta place ici. Une tension se logeant dans ton coeur, tu t’avances prudemment, inspectant les alentours. La tête te tourne face à tant de modernisme et de luxe. Déglutissant, tu gardes toutefois la face. Bien droit, tu t’affaires à prendre soin de ta posture, inconsciemment. Ce n’est pas parce que tu es un gars originaire d’un tout petit village que tu ne connais pas les codes. Et quand bien même tu ne les aies pas forcément tous, tu te sens obligé de faire attention, là. Sait-on jamais, que tu croises du monde.

Arrivé devant les ascenseurs, tu viendrais à bégayer si l’on te demandait de parler. Car, il y en a trois qui se dressent face à toi. Deux visiblement normaux. Et un autre, au-dessus duquel trône une pancarte : « penthouse ». Tes petits yeux en amande s’écarquillent. Me dites pas… qu’on a un ascenseur rien qu’à nous ? Sincèrement, ça te dépasse tout ça. Tu vas avoir du mal à t’habituer, c’est certain. Te raclant la gorge par automatisme - pour te débarrasser des petites angoisses qui picotent çà et là -, tu t’avances vers la boite métallique qui semble être… la vôtre. Tu cliques sur le bouton, et tu attends.

Un temps.

Si l’ascenseur était tout en haut… ça veut dire que tu es déjà là, pas vrai ?

Un rire nerveux t’échappes. Toi qui espérait secrètement arriver et être seul… C’est visiblement raté. À moins que tu ne te trompes, mais tu y crois guère. Alors, tu rentres. À ta droite, quelques boutons. Ceux que l’on trouve dans tous les ascenseurs de la planète - les boutons d’assistance, d’ouverture des portes… - et deux seulement pour monter.

Trente.
Trent-et-un.

Hein ?

Te serais-tu trompé ? Difficile à dire. Tu ne comprends pas pourquoi la boite métallique ne dessert pas le dernier étage, puisque c’est ainsi conçu un penthouse ? C’est étrange. Un instant, tu es en proie aux doutes. Tu te dis que ce n’est pas le moment que tu ailles frapper à la mauvaise porte. Tu le sens, que tu te dégonfles. Que tu es à deux doigts de cliquer pour ouvrir les portes et te tailler. Rentrer dans ton petit nid douillet.

Puis tu te dis que tu verras bien.

Tant pis si tu te fais jeter pour avoir sonné à la mauvaise porte. Tu encaisseras, ça ne sera pas bien grave. Aussi, dans une impulsion que tu t’ordonnes, ton index vient presser le « trente ». La machine se met en marche. Et, durant l’ascension, ton pied droit tape le sol frénétiquement. Dans l’attente.

Ding.

Tu sors.

Un petit palier et une seule porte face à toi. Ourlant un sourcil, pinçant tes lèvres, tu t’approches. À nouveau tu ressors ton papier pour retrouver le code ; le votre cette fois-ci. Tu le tapes et tu entres ; à ta grande surprise. Je suis donc bien au bon endroit. Seulement, à mesure que tu t’avances, tu n’en es pas vraiment sûr. Car sous tes ébènes ébahies, se dévoile une piscine. Que ! Une pièce accueillant un sauna, une autre une buanderie, une salle de bain et puis il y a aussi un cellier. Ta paume plaquée devant ta bouche, tu te demandes c’est quoi ce bordel ? On vit dans une piscine ou quoi ? Puis tu te rappelles que l’ascenseur mène à deux étages. Le trente-et-un. Alors… quoi, c’est un truc sur trois étages ?! Déconnez pas, c’est une blague, c’est ça ?!



Ta tête recroquevillée entre tes épaules, tu peines à croire ce que tu vois. C’est trop. Éteignant soigneusement les lumières que tu as allumées, tu fais demi-tour. Tu refermes et… tu reprends la boite métallique, cliquant sur le trente-et-un cette fois-ci. Le stress te grignote le ventre quand le ding résonne de nouveau. Imitant ce que tu as fait précédemment, tu sors. Un palier, encore, et une porte. Le code marche ici aussi.



Honnêtement, c’est trop d’informations à gérer pour ton cerveau. Blême, tu pénètres dans la nouvelle pièce.

Et là, c’est le choc.

Tes mains se joignent en coupe pour se plaquer devant ta bouche et ton nez. Parce que ce qui se dresse devant toi, c’est à mille lieux de ce que tu pouvais bien imaginer. C’est beau, moderne, bien aménagé ; propre ! Tu as l’impression que tout brille partout ! Ça contraste avec la poussière qui t’échappe parfois, quand tu n’as que trop peu de temps pour faire le ménage… Mais surtout, tu as l’impression d’être projeté dans un catalogue de ventre de… meubles, cuisine… Dans un catalogue Ikea quoi. Enfin, le Ikea des riches s’entend.

D’instinct, par peur de salir, tu te penches pour ôter tes chaussures. Ta dextre attrapant poignée de ta valise, tu la soulèves. Heureusement qu’elle ne pèse pas lourd. Car clairement, tu ne te vois pas la faire rouler là, sur le sol, alors que les roulettes sont sales. Tu t’avances d’un pas, deux, … et tu te demandes où tu peux la poser pour l’instant ? Tu te demandes d’ailleurs où tu as le droit d’aller ? J’vais jamais réussir à me sentir chez moi dans un environnement comme ça, c’est pas possible !

Alors, tu prends le parti de la laisser là, à l’entrée, pour l’instant. Timidement, tu fais à nouveau quelques pas.

Et tu le vois.

Trop abasourdi par tout ça, tu ne l’avais pas remarqué, là, installé à côté du plan de travail. Ton buste se gonfle légèrement et ton coeur fait un puissant bond dans ce premier. Pinçant tes lèvres, tu figes, d’abord. Incapable du moindre mouvement. Incapable du moindre mot. Perdu. Plus que tu ne l’étais jusque-là. Parce que tu ne t’attendais pas à te retrouver nez à nez comme ça avec lui, directement. Et si tu pensais qu’il t’avait remarqué… Plus tu le regardes, plus tu comprends que ce n’est pas le cas. Ou alors il fait exprès de te snober ? Sympa, si c’est le cas… La fatigue accumulée de ces derniers jours ne t’aide pas à être aussi positif que tu le voudrais. Alors, tu inspires. Puis tu te diriges vers lui.

Hanz… ? Lâches-tu, un ton plus bas que tu n’escomptais.

Plus proche désormais, tu ourles un sourcil quand tes yeux s’arrête sur la bouteille d’alcool ouverte devant lui et le verre qu’il tient dans sa main. Tes pupilles naviguent entre sa silhouette et celle du liquide alcoolisée. … Tu bois tout seul, comme ça, en plein milieu de la semaine ? Sérieux ? Te penchant légèrement pour aviser l’expression de son visage, te voilà percuté par sa beauté, te voilà percuté par le vide de ses yeux, plongés au fond de son verre. Tiquant, une forme d’inquiétude surpasse soudainement tout le reste. Le naturel revient au galop. Si naturel, que tu ne contrôles pas cette paume qui se veut bienveillante et qui s’en va, prudemment, se poser doucement sur son épaule.

… Tu vas bien ?

Pas besoin de te connaitre pour comprendre que tu n’es pas dans ton assiette, hein.

Mais quand tu réalises ce que tu es en train de faire, la chaleur de ce contact chaste te brûle l’épiderme. Conscient que le geste pourrait ne pas être bien reçu, ta main s’écarte presque aussitôt posée sur lui, tes doigts se recroquevillant dans l’air un instant avant que ta dextre ne prenne l’initiative d’aller se plaquer au-dessus de son verre. Ce geste aussi, il ne sera certainement pas être bien reçu - peut-être encore moins bien que le précédent ?-. Seulement, celui-ci, il te fait moins peur.

J’pense que tu ferais mieux d’arrêter ça. Lances-tu à la fois ferme et bienveillant.

Mais, tu n’es pas idiot, Chae-Rok.
Tu ne t’attends pas à ce qu’il réagisse de la meilleure des manières.
D’autant plus s’il a bu et qu’il semble aussi tourmenté.

Tu n’es pas idiot, Chae-Rok.
Tu sais que la tempête n’est pas passée.
Elle ne fait que commencer.
Chae-Rok Asuka
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On le sait.
On le sait que ça arrive.
On nous le martèle sans cesse, depuis le jour où nous naissons.

On nous dit qu’il faudra obéir.
On nous dit qu’il faudra endurer.

Qu’au bout du chemin, il y aura le grand amour.

On nous dit pas la merde ce que ce sera.
On nous dit pas que ça pourra arriver une fois, puis deux, puis trois.

On nous dit pas combien le cœur va morfler.

On nous fait croire que ce sera facile.

Mais c’est faux.

La vérité est bien plus laide que ça.

C’est le genre de vérité qui blesse.

Comme le putain d’uppercut lancé dans la gueule.

Celui qui te met K.O.


- - -

Lundi 28 Mai 2114, 12h15.


C’était la pause midi d’une journée qui avait déjà mal commencée. J’avais les nerfs en pelote. J’les sentais, rouler sous ma peau ; dévaler en cascade ma colonne vertébrale à mesure que je progressais vers l’hôtel.

Sérieusement… C’était putain de pas possible… Ce stress…

Une part de moi était toujours énervé ces temps-ci, qu’importe le moment de la journée. Peut-être à cause d’une certaine personne. Et pour couronner le tout, même la météo était à chier ! Avec ce ciel gris, qui dégueulait parfois quelques rayons de soleil trop fades pour éblouir quoi que ce soit. Et cet air irrespirable.

J’avais dû retourner en urgence, chercher un dossier à ma chambre d’hôtel, oublié. Quelle idée, aussi, de ramener du boulot là-bas ?

J’avais grimpé les étages. Passé le seuil de ma suite, déjà passablement irrité.

Et puis…

J’étais passé une fois, devant, sans calculer.

Une fois, puis deux.

Comme un con. À pas capter cette tâche rose, qui trônait conquérante, au milieu de la table basse, comme le nez au milieu de la figure.

Merde, mais…

C’est au moment de partir que ça a fait tilt. Quand mes iris noirs ont par hasard fini par percuter le courrier en question – que quelqu’un aura manifestement laissé là à mon intention… ?

J’ai eu ce moment de flottement. La stupeur. Le cœur qui s’arrête. De même que la respiration.

Dix secondes… quinze…

Et mon cerveau, en panique absolu, avait tout bonnement gommé l’information.  

J’avais repris le chemin de la sortie, comme si de rien n’était – quoi qu’un peu raide, dans ma démarche. Bien décidé à poursuivre le cours de ma journée.


Ce n’est que le soir venu,
Que tout m’a éclaté à la gueule…


Mercredi 30 Mai 2114, 23h45.


J’ai l’impression que le monde tourne au ralenti. Tout est flou. Mes yeux me brûlent et y a ce nœud dans le fond de ma gorge, qui voudrait m’étouffer. L’air à du mal à en sortir depuis quelques temps. L’alcool pourtant s’y coule facilement. Voyez le problème.

Perdu.

Car tout ça, c’est trop réel.

(Et l’Incontestable est un putain d’enfoiré)

J’ai fini par découvrir ton nom inscrit sur le courrier, un peu plus tôt, dans la semaine. Je crois que c’était hier… ou… j’sais plus… Ça fait juste trois jours, mais déjà, j’ai l’impression qu’une éternité s’est écoulée entre ce moment et celui-ci. Comme si le temps lui-même avait décidé de ne plus considérer mon existence comme une donnée valable. Comme si c’était trop, pour lui aussi.

Je crois que c’est une blague.

Et quand est-ce que j’suis arrivé ici ? … je suis dans la chambre ; celle que l’on va devoir partager. Et je sais pas pourquoi, depuis plus d’une heure, comme une obsession, je pense à ces baisers qu’il va me falloir te donner. Je pense à ce temps, qu’il va falloir partager. Quand j’y pense, mon corps tout entier entre en ébullition, mais celle-ci n’a rien de torride… celle-ci me dévaste. Colère. Elle me donne envie de tout dévaster. De me foutre en l’air.

Je veux pas revivre ça…
Je veux pas.

J’ai peur…
Je pensais aller mieux.

Je ne sais plus respirer.
Je ne sais pas qui appeler.

Personne doit savoir.
Personne. Personne.

La raison pour laquelle,
je ne suis plus qu’une ombre.




Vendredi 1er Juin 2114.


Cinquième jour.

Comme la veille et l’avant-veille, j’ai pris ma douche. Me suis rhabillé, sans trop savoir pourquoi. Puis, j’ai redescendue ma carcasse jusqu’à la cuisine, traînant dans mon sillage une odeur de savon ; des fragrances entêtantes, fraîches et musquées. D’un mauvais œil, j’accuse le moniteur d’exister, inspectant les ordres grisés, sans vraiment y croire, totalement.

J’attrape une bouteille, me verse un premier verre, m’installant sur ce plan de travail qui sert de table.

Ici, la vue est jolie.
Ici, on se sent à l’abri.

Bullshit…

Mais qu’importe…

J’me dis que ce soir encore, tu viendras pas.
J’me dis qu’après tout ce temps, après la façon dont ça s’est conclu, nous-deux, c’est bien normal. Ce doit être la dernière chose dont t’as envie. La dernière chose que tu veux.

Et l’heure tourne. L’heure tourne, propulsant mon esprit dans ses spirales nocives. Y a ce silence qui plane. Aucun putain de bruit pour dire qu’y a de la vie, ici aussi. Mais peut-être que j’suis déjà mort. Ah. Nan… c’est juste moi, en tête-à-tête avec mon verre.

Jusqu’à ce moment.

Où du bruit, se fait entendre.

Je t’entends… Bien sûr, que je t’entends… et Dieu sait que savoir ta présence, ici, ce soir, ça me… je ne sais même pas… si j’ai envie de hurler, ou pleurer, ou briser quelques meubles. Mais une chose est sûre, c’est comme accueillir en son sein le souvenir d’une brûlure qui s’est jamais vraiment éteinte. C'est pas seulement toi. C'est aussi tous ces fantômes passés, qui me hantent. Une part de moi en a conscience…. L’autre… ne veut tout bonnement pas le considérer. Elle veut rien savoir. Rien voir. Et je te sens, pourtant… putain, c’est quasi-surnaturel… je le sens, que t’es là, que tes yeux sont posés sur moi. Ça me hérisse le poil. Mais aussi, c’est comme si, plus tu t’approchais physiquement de moi, et plus je me rétractai, quelque part, cherchant à disparaître au fin-fond de moi-même.

Incapable, pourtant. Aucune autre échappatoire que celle de faire semblant. Aucune autre possibilité que celle de rester là, silhouette livide et fatiguée, imprégnée d’alcool, éclairée par les faibles lumières dorées qui bordent meubles et plafonds.

Tu te rapproches…

Inconsciemment, mes doigts se resserrent autour de mon verre.

Et y a cette main qui m’effleure…
Cette voix qui murmure ;

Tu vas bien ?

Mon cœur qui se serre et se serre et se serre. Brûlure dans le fond des yeux. Soudain, comme soulevée par une force invisible, la colère refait surface. Lente… dangereuse. Feu contraire de cette putain de bienveillance qu’il me semble avoir perçue dans ta voix… Que je refuse, elle aussi, de voir là. Ça se met à bouillir. À gratter. À griffer. Comme une bête, sous la peau. Dans le bide. C’est peu perceptible, et pourtant, quasiment palpable. Cette façon qu’a l’air de se charger soudainement d’électricité ; ma mâchoire de s’avancer légèrement, mes lèvres s’entrouvrant sur mes dents serrées. Tu te souviens de ces prémices ? C’est comme… s’il me venait soudain des envies de mordre.

Alors qu’en vérité… ça me retourne juste le bide.
Je sais pas comment gérer.
Je sais pas comment réagir.
Cette simple idée. Te savoir là.
Toi, plus qu’aucun autre.
Toi, parce que j’ai fini par comprendre, tu sais, après cette nuit-là ; tout ce qui n’allait pas. Ce truc, qui déjà ce premier jour m’avait poussé à te garder près de moi, voler ton temps, vouloir… vouloir, vouloir tout simplement. Quelque chose. Avec toi. Juste ça. Juste ça !!!

Juste pour ça, je te déteste.
Parce que j'ai pas été capable d'oublier.
Que j'avais même cherché ton nom.

T’as pas idée…
T’as pas idée, putain…

Je suis pas un mec bien.
T’as rien à foutre là.

J’vais te briser, toi aussi.
Tu vas…


Voilà que tu viens m’imposer ta main – comme si t’en avais seulement le droit – me disant d’arrêter.  

Pendant de longues secondes, je reste immobile, à fixer cette peau laiteuse me faisant affront ; cette peau si fine, parcourue de veines bleutées. Cette peau, que je sais douce pour l’avoir déjà goûté… y a longtemps.

Mes phalanges blanchissant autour du contenant de cristal, un voile sombre m’obstrue la vue.

Je grimace.

— Sinon quoi … ?

Même ma voix me semble étrangère, quand celle-ci s’échappe enfin de ma gorge pour te répondre. Le son me paraît dissonant. Trouble. Menaçant.

— Hein… ? Mon visage se retourne, lentement, te prenant enfin à parti, mes yeux quant à eux ne semblant s’animer que pour se faire comète, cherchant la collision. Sinon quoi ?

Avec une lenteur calculée, ma main libre trouve le chemin de la tienne. Et tandis qu’à dessein mes doigts caressent l’épiderme, remontent contre pour enserrer les tiens, je te fixe, sans ciller ; pupilles de loup écarquillées par cette colère froide et implacable que je ressens – et tout ce qui peut bien me bouleverser.

— Commence pas… soufflé-je entre mes dents.

Je me vois me redresser. Je me vois me rapprocher. Perçois, enfin, le rythme fou qui agite mon cœur.

Marque une pause.

Mes doigts, alors, chassent sans douceur ces intrus que je retenais…

— Tu crois que ça va bien ? Repris-je, énervé. Et toi, tu vas bien ?!

J’marque une autre pause, encore, t’inspectant de la tête aux pieds, avec une certaine fièvre dans le regard.

Mais de toute évidence, ce que je vois me réponds bien assez. J’émets un rire hautain.

— Non. Clairement, non. Ça va pas.

Regarde-toi. Même dans cette pénombre j’vois ces cernes sous tes yeux. Ces crevasses que les ombres ont à cœur de dévorer.

— Qu’est-ce que t’as foutu ?! M’emporte-je alors, agité par ces tourbillons de pensées. Tu pouvais pas m’oublier gentiment ?? Pourquoi on est là ? Pourquoi tu…

Premier faux pas. La voix qui s’étrangle au fond de ma gorge, à la recherche d’un souffle qui n’est pas venu. J’prends une brusque inspiration, me détournant, atterré, allant pour planter mon poing serré contre la table, et tenter de calmer mon palpitant – mes nerfs. Mon visage s’affaisse, mon menton ployant, laissant le loisir à mes mèches noires, encore humides, de tomber sur mon front.

— Putain…

Tu sais… c’est bien plus simple d’accuser les autres.
Quand on ne veut pas voir en face,
tout ce qui se passe.
En soi.


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Le silence.

Juste le bruit des battements frénétiques de ton coeur qui cogne contre tes tempes. La course du sang dans tes veines qui s’accélère à mesure que ton rythme cardiaque augment la cadence. Elle est lourde, cette atmosphère électrique qui plane. Comme au premier jour ; et pire encore, pourtant. Tu as comme la désagréable sensation qu’un poids pèse sur toi - tes épaules et ton être tout entier. La respiration lourde, il y a l’absurdité de ce que l’on pourrait appeler des retrouvailles, la colère sourde qui gronde et ce sentiment de l’imposteur qui te gagne. Cette vile impression de ne pas avoir le droit d’être ici.

Mais tu ne faillis pas.
Tu restes droit, tes pupilles rivées vers lui.
Ta main comme obstacle à ses envies de boire.

Et, sa voix.

Sa voix qui fend l’air, qui résonne dans tes oreilles ; dans ta tête. Cette voix qu’il t’est bizarre d’entendre à nouveau et qui, pourtant, ne sonne pas comme dans tes souvenirs. Normal, penseras-tu. Faute à la situation. À l’accusation.

Vos pupilles qui se percutent quand il tourne la tête. Un trémolo qui fait bégayer ton coeur à cet échange visuel. Par ce contact qu’il initie, sa main libre trouvant l’intruse sur son verre, une vague de chaleur nait et créée des remous en ton for intérieur.

Sinon rien. Juste, fait attention à ta santé.

Ce regard avec lequel il te fixe ; il veut tout dire. Tout comme ce commence pas qui fuse. Un long souffle cavale de tes narines en silence tandis que tu t’armes de ton fidèle self-control. Tu vas en avoir besoin ; c’est certain. Il n’y a qu’à voir l’irritation qui danse dans ses yeux pour comprendre. Tu t’y attendais, forcément.

Il se redresse - se rapproche.
Ton menton se lève un peu ; de sorte à ne pas quitter ses yeux.
Et ta main qui valse, retombant le long de ton corps.

Évidemment que non, j’devine que ça va pas bien.
Qu’est-ce que tu veux que je te dise ?
Pardon d’avoir posé une question conne ?
Pardon de ne pas savoir quoi dire ?
Pardon d’être perdu et tourmenté par tout ça ?


Et toi, tu vas bien ?
… moi, si je vais bien ?

Tes sourcils se froncent alors que ses orbes vont et viennent sur ta personne, t’inspectant.
Ce rire… - ta mâchoire se contracte.

Si, ça va. Rétorques-tu simplement.

Une vérité pourtant saupoudrée de mensonges. Non pas que tu n’ailles pas bien ; tu es tout simplement perturbé par tout ça. Un peu - voire même carrément - effrayé par tout ce qui s’annonce. Mais tu as vu pire. Tu as connu pire. Alors, tu ne comptes pas te laisser abattre ; ni même laisser une once de chance à l’anxiété gagner. Tu es plus fort que ça. Tu t’es laissé le temps pour digérer la lettre, tu as réfléchis, tu as accusé le coup - plus fort pour repartir désormais. Plus fort pour affronter ce qui nous attend.

Sauf que…

Qu’est-ce que t’as foutu ?! Tu pouvais pas m’oublier gentiment ?? Pourquoi on est là ? Pourquoi tu…

Tu grimaces, tes lèvres s’entrouvrant, marquant ton incompréhension. Lui se retourne, plaque son poing contre la table, échappe un juron.

Le silence, encore.

Le temps que tu rassembles tes esprits et que tu souffles un coup. C’est dingue, cette faculté que tu as à m’hérisser. Tu te calmes. Fermes les yeux un instant.

T’es sérieux là, tu m’accuses, vraiment ? Demandes-tu avec cette pointe d’agacement que tu aurais préféré ne pas avoir - et que tu ne contrôles toutefois pas.

Tu secoues la tête.

Si tu crois que ça m’amuses et m’enchantes d’être ici, tu te plantes sur toute la ligne. J’sais pas quelle mouche a piqué l’Incontestable, d’accord ?? Si j’le pouvais, j’serais rentré chez moi en sortant du taff, dans mon petit appart. J’serais pas venu là, au milieu de tous ces immeubles, dans cette tour qui me donne le tournis ! Claques-tu tout en balançant tes mains çà et là - à droite à gauche simultanément.

Tu marques un arrêt. Laissant le temps à tes ébènes d’observer un peu plus en détail l’environnement qui te cercle. Tu en aurais presque la tête qui te tourne, oui. La fortune que ça doit coûter, je… Et la vue, sur Tokyo, de nuit… C’est trop, tout simplement trop. C’est pas pour moi, tout ça, c’est pas pour moi…

Ne t’y méprends pas. J’me suis pas amusé à t’attendre tout ce temps. J’ai eu des millions d’autres choses à penser plutôt qu’à… Une pause. Ta canine se plante en secret dans la chair de ta lippe inférieure. Plutôt qu’à ce qui s’est passé cette nuit-là, à toutes ces sensations que tu as fait naitre chez moi et que je n’ai plus jamais oublié quand bien même je le voulais. À cette manière si froide que tu as eu de me rejeter. … C’est du passé, de toute façon.

Ton visage se détourne un instant, serrant les dents. Et puis qui me dit que c’est pas toi, qui n’a pas pu m’oublier, hein ? … Un soupir. … Pourquoi j’essaie de me convaincre de ça… Peut-être parce que ça serait plus facile, pour toi ? Ce qui est sûr en tout cas, c’est que tu ne t’amuses pas à rentrer dans la provocation. Dans tous les cas, ce serait contre productif. Puis, tu es fatigué. Tu n’as certainement pas envie de jouer à avoir le dernier mot. Tu passes ton tour pour cette fois.

Tes paumes se plaquent devant tes yeux, massent doucement ton épiderme.

On a pas le choix…

Murmure qui se perd.
Il va falloir faire avec… Conjuguer avec tout ça…

Tes yeux retrouvant la luminosité environnante, ils s’arrêtent sur Hanz. Tu souffles un coup, certain que tu es intérieurement de ta décision. Une lueur de détermination éclatant soudainement dans tes ébènes, tes bras se croisent devant ton buste. Sourcils froncés, tu tranches, fermement :

Écoute, tu veux déverser ta colère ? Alors vas-y. Vas-y, gueule autant que tu veux, fait-toi plaisir. Au point où j’en suis aujourd’hui de toute façon, un peu plus, un peu moins ça changera rien. Mais ça s’ra toujours mieux que de bousiller ta santé avec cette merde. Coup d’oeil vers la bouteille d’alcool.

Si t’as besoin de ça, là, maintenant, défoule-toi.
Lâche les chevaux, montre les dents s’il le faut.
Ça me fait pas peur.
Parce que j’suis pas le gars que t’imagines, sûrement.
T’imagines pas tout c’que j’endure au quotidien.
C’est pas tes états d’âmes qui vont me faire peur.
Alors vas-y, extériorise.
Gueule-moi dessus autant que ça te chante.
Si ça peut nous permettre de… j’sais pas, repartir sur de bonnes bases ensuite… ?
Tirer un trait sur le passé pour... se concentrer sur le présent ?
 
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J’me demande à quoi tu t’attendais en venant ici pour me trouver. Si t’aurai cru qu’après tout ce temps, mon tempérament se serait adoucit. C’est pas le cas, hein ?

Et j’entends l’agacement derrière les mots. Une part de moi se dit que c’est mieux que le reste. Mieux que la bienveillance.

— Bien sûr que tu serai pas venu ! Grogné-je, sans trop savoir pourquoi ça m’énerve encore d’un cran, montrant les dents et biaisant un œil noir dans ta direction.

Peut-être parce que j’me suis assuré que l’idée t’effleure même pas, en te jetant comme je l’ai fait.

Putain…

J’me force à prendre une nouvelle inspiration, m’humecter les lèvres, mes deux paumes appuyées sur la table, toujours. Mais c’est dur, putain, de se canaliser. Surtout quand on a l’impression que le monde éclate, tout autour, et qu’il n’y a pas de remèdes à sa destruction.

Mon sang bouillonne.

Y avait rien à attendre.

Et…

On a pas le choix…
On a pas le choix, mais tu comprends pas !

Là, c’est le moment où je ronge mon frein, mes dents se heurtant les unes aux autres, à grincer presque, alors que je n’ai de cesse de te toiser en silence, du coin de l’oeil. Voilà que tu m’incites. Voilà que tu m’encourages. À déverser ma hargne sur toi.

Mais qu’est-ce que tu sais de ma colère ?
Clairement tu me connais pas.
Qui te dis que c’est sur toi, que je veux la projeter ?


Silence.

Mon regard se fait mauvais.

Toi, au final, t’es juste un dommage collatéral.
Spectateur de l’enfer que je m’impose.


— On a pas le choix, hein ? Lâché-je avec animosité.

Te toisant toujours, avec une intensité mêlée de fièvre, je redresse le visage… Et puis, j’attrape la bouteille… « cette merde » censé bousiller ma santé. J’me sert, y allant volontairement lentement mais faisant presque déborder ma coupe, et me foutant bien d’en verser la moitié à côté. Dans mes gestes il y a la frustration. Il y a la colère, froide et contenue. Quand j’en ai fini, son cul claque contre le bois. Mes doigts caressent alors une seconde le verre, avant de l’attraper, et le porter à ma bouche. Et je te regarde, toujours, quand son liquide ambré passe d’une traite au fond de ma gorge. Lueur mauvaise au fond des yeux. Une seconde, avant de le faire claquer à son tour, ce foutu verre.

Ma langue pointe sur mes lèvres, jusqu’à une commissures ; le dos de ma main allant recueillir elle aussi une goutte échappée.  

Là, tu vois ?
Niveau caractère de merde, on fait pas mieux.

Et puis, j’refais un pas vers toi. Fais mine de lever la main pour attraper ta mâchoire, ta joue ; toucher à tes lèvres…

Au lieu de quoi, je reste comme suspendu à quelques millimètres de ta peau. Je m’impose l’arrêt, le souffle retenu, à percevoir la chaleur qui émane de toi, ricoche entre nos épidermes, tandis que je lorgne sur ta petite bouche ronde – comme j’ai pu le faire… y a longtemps.

Au bout de quelques instants, mes doigts se contractent durement, comme s’il me fallait réprimer un truc, avant de laisser le tout retomber le long de mon corps.

Alors, j’me penche, un peu, vers ton visage.

— Tu me diras quand tu voudras qu’on baise, alors, murmuré-je, de ce même ton chargé d’hostilité latente, qui envenime ma voix. Tu me diras quand tu voudras de mes lèvres sur les tiennes. Si on a pas le choix.., on s’en fout, pas vrai ?

Je marque un silence, creusant un peu plus ce trou qui viendra tôt ou tard m’accueillir, quand tu me haïras pour de bon.

Mais la comédie n’est pas terminée… J’hausse les sourcils et plisse les yeux, me penchant un peu plus, de sorte à te verser un secret dans le creux de l’oreille, esquissant un sourire, susurrant :

— Aah… tu veux faire ça ce soir, peut-être ? On peut s’y mettre tout de suite, si tu veux. Pas besoin d’attendre quinze jours.

Mon propre bide se contracte, à l’idée.

Qu’est-ce qui me prends putain ?

Putain… je crois que j’ai l’alcool mauvais. Mais est-ce vraiment lui qui me pousse à t’exhorter ainsi ? C’est lui, qui me pousse à jouer le connard ? Te blesser, te tester, te provoquer, autant que je peux l’être moi-même ?

Nan… nan, ça, j’crois que c’est juste une seconde nature.
C’est ce truc, en moi, qui fomente mon autodestruction, distribuant autant de billes que possible pour te faire me détester.

Un rictus vient remplacer mon sourire. J’me recule, cillant et tanguant un peu, signe que finalement, je suis plus éméché que j’en ai l’air. Mon index se lève, heurte ton thorax. Ma voix retrouvant son autorité, sautant du coq à l’âne, comme si y avait pas de temps à perdre, avec ces conneries (ou peut-être pour t’empêcher de répondre à ces propositions précédentes)

— Parle pas de moi, compris ? Dis pas que t’es marié avec moi. Invente un autre Asuka, je m’en fous, j’en sais rien, mais fait-le, pigé ?

Les ordres, c’est un truc…
Mais en ce qui me concerne, on est pas marié.

— … Et puis te fais pas d’illusions…, vins-je articuler, voix amère et vibrante, mais basse, cette fois-ci, tellement tellement basse. Parce que ça (et je me désigne de l’index, ce faisant, te considérant froidement avant de désigner l’espace, tout autour de nous) Ça… cet appartement, ce mariage ; c’est rien…, Ça veut strictement rien dire.

En d’autres termes, t’inquiète pas… tu finiras par le retrouver, ton petit appartement.

Parce que je sais. Ça va durer le temps qu’on s’attache – que je m’attache. Et puis, au bout de quelques mois, quelque chose se produira. Un accident. Un divorce. Un truc. Qui viendra m’achever. Qui me prouvera encore une fois le con que je suis, impuissant, face à ce système – face à trop de choses.

Et voilà. C’est tout. Ceci dit, j’me décolle du meuble. Je délaisse ton torse, détourne le regard et attrape la bouteille d’un geste lent – de toute évidence bien décidé à quitter la scène.

— Fais c’que tu veux. La chambre est là-haut…

Rend-toi service…
Déteste-moi.
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Ouais, on a pas le choix voudrais-tu lui claquer à nouveau dans le nez. Tu n’es pas un nippon pur souche et tu es arrivé sur le tard au Japon, mais tu as assez bouffé de propagande pour avoir connaissance de ces choses-là. Maintenant que vous avez tous les deux passés le pas de cette porte, vous avez des obligations. À respecter, sous peine de vous retrouver en cellule.

Toi, tu es hésitant. Tu le sais, que tu seras maladroit, sans trop savoir quand et comment mettre en pratique les ordres de la machine. Maladresse décuplée par la situation ; mais tu feras ton possible. En revanche, l’énergumène qui te fait face, tu n’es pas sûr que ce soit son cas. Qu’il soit aussi conciliant que toi. Il n’y a qu’à voir cette façon qu’il a de te toiser. De te provoquer en s’emparant de cette bouteille, remplissant son verre. Oh, tu ne le quittes pas des yeux mais du coin de ces derniers, tu devines le liquide qui s’écoule, dans une lenteur presque mesurée. Puis, la bouteille qui claque, les doigts qui caresse le verre et la bouche qui s’abreuve de l’alcool - d’une traite. Paupières plissées, tu ne dis rien ; te contentes d’observer ce triste spectacle. Écoutant alors l’écho du verre vide sur la surface, fixant cette langue qui ramasse les restes sur sa chair et cette main qui finit le travail.

Tu ne dis rien, car tu as bien compris que ça ne servirait à rien.

Il ne t’écoutera pas.
Pas ce soir du moins.
Et demain ? Rien n’en est moins sûr.
Mais pour aujourd’hui, tu économiseras de la salive.

Toutefois, tes ébènes en disent long. Dures, lui contant en silence qu’il aura beau jouer son numéro, ça ne t’impressionnes de toute évidence pas. Comme ce pas, qu’il refait vers toi - et cette main, qui se lève, s’arrête à quelques centimètres de toi. Tu ne bouges pas. Tu n’esquisses aucun mouvement - seul ton buste qui s’élève et tes paupières qui clignent de temps en temps. Il se penche - tu ne flanches pas.

On s’en fout qu’il dit.
De savoir quand vous allez baiser, quand vous aller vous embrasser.

Inconsciemment, ta mâchoire se contracte et tes poings se serrent.
Toi tu t’en fous peut-être mais moi… moi…
Pour moi c’est pas rien, d’accord ?!


Tu sens tes muscles se tendre quand il s’approche de ton visage, dévie vers ton oreille pour y déposer comme un secret. Secret qui te coupe la respiration. T’es sérieux ? Si tu t’écoutais… Tu le repousserais. Loin, le plus loin de toi. Mais, son souffle chaud percutant ta peau, tu essaies de relativiser. Tu te dis que l’alcool dans l’équation n’aide pas. Que tu ne le connais pas. Que tu ne sais pas comment il vit tout ça lui - quand bien même tu en aies un bref aperçu depuis tu as posé un pied ici.

Calme-toi, Chae. Ça ne servirait à rien de laisser la colère gagner.

S’il y a une chose cependant que tu ne comprends pas depuis que ce type a croisé ta route, c’est cette faculté qu’il a de t’énerver. Même deux ans après, ça n’a pas changé. C’est dire pourtant si tu en côtoies des gens aux caractères compliqués. Peu importe la situation, tu fais toujours preuve d’un grand calme. Mais face à lui… tu ne sais pas. Il y a quelque chose qui bouillonne ; et qui grandit, quand il s’adresse à toi ainsi.  

Il se redresse, réinstalle la distance. L’un de tes sourcils s’ourle quand il tangue. Et après tu fais le malin en buvant des verres complets… La pointe de son doigt s’élève alors et se plante sur ton buste. Tes pupilles tombent un instant sur cet insolent avant de remonter vers ton « mari ». Il te dit de ne pas parler de lui. De ne pas dire que tu es marié avec lui. D’inventer un autre « Asuka ». Être une tombe, en somme. J’en avais pas l’intention mais vu la façon dont tu me parles, je pense que j’vais revoir mon jugement et aller le crier sur tous les toits. Tu lui rétorquerais bien. Seulement…

Te fais pas d’illusions.
Parce que ça, c’est rien.
Tout ça, c’est rien
Ça veut rien dire


Comme cette nuit-là - qui ne voulait rien dire… Juste une parenthèse qu’on vit et qu’on oublie ensuite. Le genre de pause dont on a parfois besoin dans la vie et qui disparait aussi vite arrivée. Le genre, pourtant, qui nous marque et qui ne quitte jamais vraiment notre esprit.

Tu déglutis. Et tu ne sais pas pourquoi, tu ne sais pas ce qui explique ça - mais, ça te fait mal, quelque part. Ces mots si durs qu’il prononce avec cette hargne cachée dans ces murmures. Tes ébènes se baissent, fixent un point dans le vide, en plein milieu de son torse. Tu n’es pas quelqu’un qui croit que l’Incontestable fait des miracles. Qu’il fait se rencontrer les âmes faites pour être ensembles. Tu ne sais même pas si ça marche réellement. Toutefois, tu es prêt à faire des efforts. À apprendre à connaitre l’autre, à vivre avec, à faire en sorte que son quotidien soit le mieux possible. Mais peut-être que tu as toujours un peu trop idéalisé cette sorte de "colocation" que tu imaginais.

Parce que dans tous les cas, avec lui, ça ne marchera pas.

Faire c’que je veux, hein…

D’abord, tu ne bouges pas. D’abord, tu te dis que tu vas gentiment le laisser partir, qu’il n’y a de toute façon rien à en tirer ce soir. D’abord, tu te dis qu’une fois seul dans cette gigantesque pièce, tu t’armeras d’une éponge et tu nettoieras l’alcool qui a débordé de son verre. D’abord, tu te dis tout ça. Premières pensées qui viennent à une personne comme toi.

Mais si tout ça c’est rien, pourquoi j’m’embêterais à passer derrière toi pour nettoyer tes conneries ?

Puis, tu ne vas pas te laisser faire non plus, hein ?
Pourquoi il te donnerait des ordres comme ça ?
Pourquoi c’est lui qui dicterait la danse à suivre ?
T’es pas une marionnette qu’il pourrait contrôler comme bon lui semblerait.

Alors, après qu’il t’ait dépassé, tu te meus. Ton bras se tend vers l’arrière, laissant ainsi le loisir à ta main d’attraper fermement son avant-bras.

Hé !

Tu fais un quart de tour ; l’oblige à faire de même. Ton regard noir qui se darde dans le sien, tu plisses légèrement les paupières, tâchant de faire fi des petits picotements qui pétillent dans ta paume de main au contact de ta peau contre la sienne. Ta mâchoire se contracte, l’entièreté de tes muscles se tend. Tu n’es pas vraiment sûr de ce que tu es en train de faire, mais tu vas le faire quand même. Aussi, ta mimine rend sa liberté à son bras… pour se précipiter vers le col de sa chemise. Avec poigne tu t’empares du vêtement. Impulsion née, elle prend corps dans ce mouvement que tu inities. Profitant de la surprise - probable - engendrée par ton geste, tu l’obliges à se pencher un peu vers toi, tandis que tu prends appui sur tes pointes de pieds.

Et tes lèvres s’imposent sur les siennes.

Une très courte seconde. Baiser dénoué de tout. Juste froid, détaché ; dans l’optique de remplir l’ordre avant que minuit ne soit passé, sûr que tu es que, si ce n’est pas maintenant, ça ne sera jamais. Car, tu n’as pas oublié ce que tu as lu : la réalisation des devoirs des mariés débute au moment où les deux ont posé pied dans leur nouveau lieu de vie. Et si un frisson te parcourt au toucher de ses ourlets de chair, tu n’y prêtes pas attention. Pas pour le moment. À la place, ton visage s’écarte - légèrement seulement - de sorte à laisser tes yeux se planter dans les siens. Insondables, tu murmures sèchement :

Je comptais pas parler de toi alors me donne pas de raisons pour le faire.

La preuve : à ce jour, il n’y a que ton frère qui le sait. Encore que, c’est particulier : il est de ta famille, et tu avais besoin de lui pour affronter l’ouverture de la lettre. En plus, il ne dira rien. Tu lui fais entièrement confiance sur ce point.

Tes doigts desserrent leur emprise sur le vêtement ; mais la pulpe de ton index s’amuse cependant à redessiner le col de sa jolie chemise. Provocateur peut-être ; énervé toutefois. Tes ébènes s’arrêtent un instant sur ce que tu fais avant de remonter vers ses pupilles.

Mais t’as raison. Tout ça, c’est rien, pas vrai ? Ça n’a toujours été que rien, toi et moi. Alors, autant continuer comme ça, n’est-ce pas ?

Un sourire ; séditieux. Tes mains époussètent ses épaules.

Seulement, sache que tu ne me fais pas peur, Hanz. T’auras beau jouer l’agressif comme tu le fais, ça me fait pas peur non. Continue de montrer les crocs si tu veux. Ça m’est égal. Tant qu’on sera marié, t’auras pas d’autre choix que de voir ma tronche tous les jours de toute façon. Va falloir t’habituer, même si tout ça, c’est rien. Une courte pause. En tout cas, si j’étais toi, j’irais pioncer. T’as une sale gueule.

Un haussement de sourcils, tu te recules enfin. Tu t’écartes et tu t’en vas, sans plus un mot. Le laissant là. Tu fais machine arrière pour aller chercher ta valise et tu te diriges vers les escaliers sans même le regarder. Tu le snobes, volontairement. Parce que si tu es conciliant, tu ne comptes pas non plus le laisser te marcher sur les pieds. Tu veux bien encaisser, d’accord. Mais qu’il ne croit pas non plus que tu es le petit agneau que tu as laissé entrevoir cette nuit-là. Le contexte est différent. Peut-être parce que… tu ne le vois pas encore réellement comme ton mari. Oui, voilà, c’est ça, tu peines à réaliser. Et c’est sûrement pour ça que tu agi ainsi. Parce qu’il est comme n’importe qui d’autre, encore, à tes yeux.

… C’est faux. T’as jamais été « comme les autres ». Enfin, je croyais. Mais maintenant, j’crois pas. Je sais pas. Tu crées chez moi des réactions et des sentiments étranges. T’es une sorte de mystère que j’comprends pas. Et tout ça… tout c’qui menace de se réveiller là, en te sachant proche de moi… C’est trop, juste trop.

En témoigne ces doigts qui tremblent contre ta valise alors que tu grimpes les marches sans trop prêter attention au décor qui t’entoure. En témoigne ce coeur qui, tu le remarques, là, bat bien plus fort qu’il ne devrait. Qu’est-ce qui m’a pris ? Tu ne sais pas. Et te voilà frappé, de nouveau, quand tu atteins le palier du haut. Notre chambre. Si luxueuse et belle et… encore, ce sentiment, de ne pas avoir ma place. Terrible terrible terrible à endurer après cette altercation qui laisse plus de marques que tu ne l’escomptais.

Alors, tu poses ta valise dans un coin. Prudemment, tu t’avances.
Et contre le lit, tu te laisses tomber.
T’asseyant à même le sol, dos en appui ; recroquevillé.
Tes bras qui entourent tes jambes et ton menton sur tes genoux.
Les yeux qui dérivent dans l’océan de buildings qui se dressent devant toi.

Qu’est-ce que je fiche ici, hein ?
Plus j’y pense et plus je me dis que c’est une vaste blague…
Parce que je pourrais rien apporter à un gars comme toi.
Rien.


Une constatation.
Putain, j’ai oublié de prendre mon carnet.

La journée a été longue.
Éprouvante sur tous les plans.
Et si la fatigue te tenaille, tu as besoin de ce petit temps que tu t’accordes toujours pour évacuer.
Mais même ça, tu ne pourras pas.
Sans plume, n'ayant plus que tes pensées pour tout trier.
Tu inspires calmement.

Oui, tout ça, toi et moi, ici, mariés ;
Oui, tout n’est qu’une vaste blague.
J'perds pas espoir pourtant.
Faut juste... laisser le temps.
Chae-Rok Asuka
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C’est lourd… lourd, tellement lourd…
Pourquoi c’est si lourd ?
Pourquoi ça remue, pourquoi ça blesse ?

Je crois que les mots ricochent. Je crois qu’ils te heurtent avant de revenir à moi, boomerang infernal me renvoyant la monnaie de ma pièce. J’sais pas. C’est trop con, tout ça. C’est trop pesant. Ton image qui reste imprimée dans ma tête comme ta présence. Tout.

J’ai besoin de me tirer d’ici.
Besoin de m’extraire du faisceau de tes yeux sombres qui me renvoient ma propre hargne. Cette colère qui balaie tout – mais surtout moi. Je me dis que ce sera plus rapide et plus simple, si tu me détestes. La machine le prendra forcément en compte, non ?

Mais voilà… t’as pas l’air décidé à collaborer. Je comprend pas. Pourquoi tu m’envoies pas chier. Pourquoi tu me laisses pas filer. Pourquoi tu m’ignores pas, tout simplement, tel le pauvre con que je suis. Est-ce que c’est parce que ça te blesse ? Ou parce que t’es pas capable de retirer l’importance de tout ça… ?

— Hé !

Ta voix me percute. Une seconde plus tard, c’est ta main qui me retient. Elle aussi, me hérisse. Sous ma peau, ça brûle. Vaguement. Fugacement. Juste une seconde, durant laquelle ça s’inscrit dans mes songes, avant de disparaître, car déjà, t’es là. Déjà, tu tires ; attrape mon col pour t’élever jusqu’à moi. Et mes lèvres, que j’ai à peine le temps d’entrouvrir, accueillent celles que tu lances contre moi… Et c’est dur et froid et terrible. Cette impression qu’une seconde mon cœur s’arrête puis trébuche. Comme si ça t’avait pas suffit de me percuter ainsi ; qu’il avait aussi fallu que tu lui donne un grand coup de pied. Putain. Déjà, tu t’écartes. Et moi, immobile, à ravaler… quoi ? La stupeur ? Le choc ? La tempête ? Les envies ?

Rien… Rien de tout cela.
Ou alors… tout, plus précisément.  

Car pour une seconde, j’suis comme soufflé. Tout s’éteint. Du foyer de ma colère jusqu’à la flamme qui me donnait la force de rester debout.

Sauf que sans elle… j’suis rien…
Sans elle, j’peux plus respirer.

Au fond de moi, j’savais que tu finirai par aboyer, si je t’asticotais trop. Mais si ça m’ébranle, j’en laisse rien paraître. J’reste droit, coi et silencieux, statue de marbre au visage impassible, le cœur battant pourtant à tout rompre. S’il est dit qu’on récolte ce que l’on sème, alors, j’imagine que j’méritais tout ça, effectivement. Même quand tu dis que j’ai une sale gueule – j’peux pas contester. Il n’empêche que mon sang ne fait qu’un tour quand t’entreprends ensuite de t’en aller, me plantant là…

Eh ouais, parce que tu disparais, et pendant quelques longues secondes, tes mots repassent en boucle, dans ma tête. Et alors, soudain, j’sais plus… ce que je dois ressentir… si j’ai mal, si j’ai froid, si j’ai de quoi être fier de moi – ou au contraire, de quoi me frapper la gueule contre un mur. Le seul truc qui me relie à la terre, c’est cette bouteille que je tiens toujours dans ma main, qui me semble si tangible, par rapport au reste. Elle seule, je crois, parviens à me tirer des méandres de ces pensées qui sont en train de me perdre ; trop agité en vérité, pour réagir – et p’t’être aussi que si j’avais réagis, j’aurai dépassé les limites de l’acceptable… J’aurai fait quelque chose dont je me serai jamais pardonné…

Alors… merde… putain… Le silence aura donc conclu ces « retrouvailles »… Ce genre de silence insupportable qui succède aux grands désastres. Qui n’en fait que plus mal.


J’m’en cogne…
J’en ai rien à cirer de ta vie.
C’est pas parce qu’elle doit faire partie de la mienne que ça changera quoique ce soit.

Fais ce que tu veux.
Va pioncer.
Dégage.


Demain est un autre jour. Et peut-être qu’il sera encore pire que ces prémices. J’en sais rien… J’ai juste besoin de… J’ai besoin de m’assommer, là. Besoin d’arrêter de penser.

Besoin d’oublier.

Que tout ne fait que (re)commencer.

. . .


[ Trois heures plus tard ]

/// Ses pas ne sont ni légers, ni stables, lorsqu’il rejoint enfin l’étage pour partager votre couche. Son regard est trouble. Son esprit embrumé. Dans sa quête pour l’oublie, il aura ««« peut-être »»» entière vidé sa bouteille, caché quelque part, dans l’appartement. Et le voilà, tiré de son terrier, totalement alcoolisé et poursuivit par ses relents d’alcools.

Quelque chose lui serre le cœur, lorsqu'il te voit sans te voir, silhouette immobile nimbée de ténèbres reposant au creux de son lit. Mais si l’image le perturbe… Si ça cogne, si ça tape ; ça lui semble sans importance. C'est trop flou, tout ça. Trop malheureux. Alors, il se dit que c’est juste l’alcool, qui se manifeste, allant pour lui donner des nausées et quelques hallucinations. C’est facile, après tout, de noyer tout le reste, ainsi. Tout comme c’est facile de s’écrouler, ensuite, toujours habillé – bouteille en doudou, calée sous la joue – de son côté du lit.

Inconsciemment, pourtant, sa main te cherche.

Il a chaud. Il a froid.

Et tout tangue. Dans sa tête. Autour de lui. La chambre, le lit, et même le panorama nocturne de Tokyo. Pourtant, il n’a plus la force de bouger... Il est comme scotché, prisonnier de son propre corps, au bout de sa vie, les membres entièrement recouverts d’une lourde chape de plomb. Puis, y a toujours ce nœud dans sa gorge. Le sentiment d’impuissance toujours accroché, quelque part, mais persistant.

Mais… il te regarde pas.
Il te regarde pas, et peut-être est-ce mieux, ainsi…

Autrement, qui sait…  

Un profond soupir fait vibre sa gorge.

— Bonne nuit, princesse, aura-t-il simplement soufflé, sa voix éraillée, se faisant discrète.

Juste avant de sombrer.

Ah… que le réveil allait être difficile… \\\

Hanz Asuka
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Tu es resté un moment ainsi, assis contre le lit. Recroquevillé, à perdre ton regard sur la ville endormie. À penser. À ce que tu as dit, à ce que tu as fait, à ce mariage tombé de nul part. À la raison de tout ça. Car pourquoi toi et pas un autre ? Pourquoi créer ce « vous » alors que vous vous trouvez aux antipodes ? On dit que les opposés s’attirent… mais tu n’y crois pas vraiment. Ça n’existe que dans les films. En vrai, le script est différent. Puis, au milieu de ces milliers d’interrogations, il y avait aussi ce dilemme. Ces j’y suis peut-être allé un peu fort tout à l’heure contrariés par ces mais toi aussi, t’as pas été tendre avec moi hein…

Alors, tu as fini par stopper la culpabilité qui menaçait de te ronger.

Tu t’es levé, convaincu que demain serait un autre jour. Meilleur rien n’en est moins sûr, mais peu importe. Vous aurez déjà les esprits un peu plus clairs que ce soir dans tous les cas. En plus, tu dois bien avouer que la fatigue commence sincèrement à peser sur tes paupières. Entre les insomnies et les émotions qui se sont succédées aujourd’hui, tu te sens vidé.

Avant toute chose pourtant, tu descends. À pas de loup. Par crainte de le croiser ? Peut-être. Cependant, quand tu arrives aux pieds des escaliers, tu constates qu’il n’est plus là. Un doute. T’es quand même pas parti dormir ailleurs ?! Après tout, tu lui as claqué au nez qu’il ferait mieux d’aller pioncer et tu es parti squatter la chambre. Or, s’il a pris cette décision… ça risque de coincer. Car vous avez bien pour ordre de dormir ensemble, pas vrai ? Soupirant, tu t’avances vers les placards, restant planté devant quelques secondes. Non, j’pense pas que tu vas t’amuser à faire ce genre de choses pour nous envoyer en prison, pas vrai ? Tu serais pas là, si c’était vraiment ton intention. Tu secoues la tête, soufflant. Mais en même temps, j’te connais pas…

De l’eau. Oui, un verre d’eau, c’est ce que tu es venu chercher à la base, mais là tu sens que tu en as cruellement besoin. Tes pupilles inspectant les meubles qui se dressent face à toi, ta main droite s’élève, hésitante. Tes doigts se recroquevillent même légèrement… décidant finalement de t’emparer de la première poignée, de sorte à farfouiller. Quand bien même j’ai ce foutu sentiment de ne pas devoir être là, j’peux au moins me servir un verre d’eau, hein ? J’vais pas me laisser mourir de soif.

Salvatrices, les gorgées.
Comme si elles effaçaient un peu les restes de malaise et de colère qui trainaient çà et là.

Tu remontes ensuite. Tu ouvres ta valise, t’empares d’un short et d’un tee-shirt qui feront office de pyjama. Tu te changes, visitant au passage la salle de bain juste derrière votre lit. Celle-là même qui te laisse pantois mais qui, surtout, fait naitre quelques couleurs sur tes joues quand tu captes que, de nuit ou du moins dans la pénombre, on peut tout voir depuis la chambre. Prendre ma douche uniquement en journée… Dans l’optique de ne pas te laisser envahir par ces pensées parasites, tu te changes en vitesse. Et quand tu reviens, que tu avises le lit… tu n’oses pas te glisser sous la couette. D’abord bloqué par la perspective soudaine de dormir avec lui (si tant est qu’il vienne un jour), tu te demandes surtout de quel côté tu dors ? Exaspéré de te prendre autant la tête, tes doigts s’emparent de la couverture tandis que tu te glisses sous les draps. Tant pis. T’avais qu’à être là, hein, le grincheux.

{…}

Tu t’es assoupi.
Pelotonné, au plus près du bord du lit, désireux que tu es de ne prendre que très peu de place.
Puis, quand il est arrivé, ça t’a aussitôt réveillé.

Ton sommeil est léger. Il l’a toujours été. Et autant dire que ces années chez les pompiers à guetter ton bipeur n’ont pas aidé. Ce sont ses pas lourds qui t’ont tiré des bras de Morphée. Toutefois, tu n’as pas bougé. Tu t’es contenté d’attendre. Attendre qu’il s’approche. Attendre qu’il s’écroule sur le lit. Attendre qu’il s’endorme. Mais…

Bonne nuit, princesse qu’il murmure ; souffle soudain dans le silence.

Ça… et cette main qui tâtonne le matelas, s’approche de ta silhouette…

Immobile, ton coeur s’emballe. Princesse ? T’es sérieux ? Pourtant, si ce sobriquet te hérisse quelque peu… toi, ce que tu vois, c’est qu’il t’a dit bonne nuit. Aussi touché par l’alcool soit-il, il t’a souhaité une bonne nuit oui. Un léger rictus tire ta commissure. Et quand tu captes aux variations de sa respiration qu’il a rejoint le monde des songes, tu te redresses. Un quart de tour vers lui, un petit soupir blasé file de tes narines quand tu constates qu’il vient de s’endormir avec sa bouteille comme un doudou. T’es quand même pas croyable. … Bouteille qu’il a entièrement descendu ceci dit. Tes lèvres se pincent. T’abuses Hanz… Perplexe, ta main s’élève, reste suspendue dans l’air une seconde, deux, avant de se poser sur la bouteille d’alcool. La libre attrape doucement son avant-bras, qui retient prisonnier ce doudou de substitution, le levant un peu. Juste ce qu’il faut pour que tu puisses précautionneusement le débarrasser de l’objet ; posant ce dernier par-terre, à côté du lit. Puis, tu portes une dernière fois ton regard sur lui avant de te recoucher.

Bonne nuit, ouais… Chuchotes-tu.  

{…}

C’était prévisible : depuis six heures et demie, tu as les billes grandes ouvertes. Alors, après avoir trainé un peu sur ton téléphone, tu as décidé de te lever discrètement. Histoire, peut-être de faire un tour des lieux ? De te familiariser un peu ? J’ai compris ton sous-entendu hier. Que ça ne durerait pas longtemps, hein ? Mais tant qu’à faire peut-être que je peux… au moins voir. Juste regarder. Avant toute chose seulement, il t’a fallu faire quelque chose.

Tu as d’abord été sortir un verre, que tu as rempli d’eau. Ensuite, tu t’es affairé à chercher une petite pharmacie, tout en prenant soin de faire le moins de bruit possible. Ça n’a pas été évident, mais tu l’as trouvé, ce cachet pour les maux de crâne que tu voulais absolument trouver. Alors, armé du nécessaire « anti-gueule de bois », tu es remonté pour laisser le tout sur la table de chevet de son côté. Petit geste pour lui montrer que, même si vous avez été et l’un, et l’autre, durs envers chacun, toi, tu n’es pas ici pour lui faire la guerre. Tu n’es pas ce genre de gars-là. Si tu as fait preuve d’un comportement qui ne te ressemblait que très peu, c’était pour faire en sorte de poser quelques limites. Et tant qu’il ne les franchira pas, tu seras conciliant. Tu feras des efforts, même !

Ceci fait, le coeur plus léger bien que toujours remué, tu es retourné dans la cuisine et… tu n’as pas vraiment su quoi faire. Perdu entre peut-être que je dois l’attendre pour déjeuner ? Vu qu’on doit partager un repas ?, je préparerais bien quelque chose mais je ne sais pas ce qu’il mange ? et comment il bosse lui d’ailleurs ? … Ah, on est samedi, il doit peut-être pas travailler lui. On doit pas partager une activité aussi dans la journée ? Ça va être compliqué de trouver un truc à faire, non… ? tu t’es finalement assis. Face à la chaise où lui était hier soir. Planté comme un piquet, doigts entremêlés. N’ayant finalement même pas entamé de visite comme tu l’avais prévu à la base.

Et tu es resté comme ça de nombreuses secondes.
Comme un idiot, dans cet endroit beaucoup trop grand pour toi.

La preuve est que tu n’as toujours pas bougé. Seules tes jambes se sont croisées. Ta dextre s’est faufilée entre tes mèches d’encre, domptant comme elle le peut celles-ci. Jusqu’à ce que tu te décides à plonger ta main gauche dans la poche de ton short, pour en ressortir la paire d’écouteurs que tu as pensé à glisser avant de descendre. Puisque tu as du temps devant toi et que tu n’as pas pensé à faire ainsi hier soir, tu vas écrire un peu tout ce que tu as ressenti sur ton téléphone, comme tu le fais si régulièrement. Quitte à le retranscrire dans ton carnet plus tard. Mais les faits sont là : si tu ne le fais pas maintenant, ça va te grignoter. Alors, tu lances ta musique et tu commences à pianoter dans tes notes, dans ton petit monde ; dans le besoin irrépressible d’évacuer les émotions de la veille, au risque de les engranger.



• Samedi 2 Juin 2114

Je suis un peu con. Je me suis pas dit hier soir que je pouvais utiliser mon téléphone plutôt que mon carnet. Tant pis, même si je trouve ça impersonnel, je vais procéder ainsi aujourd’hui. Sinon, je risque de me laisser submerger. Et j’ai un peu de temps, alors autant en profiter.

J’ai décidé de me pointer hier soir à l’appartement. Enfin appartement… J’ai plutôt l’impression de vivre dans un château (dont je n’ai pas encore visité tous les recoins) mais ce n’est pas le sujet pour l’instant. Une part de moi espérait ne pas tomber sur lui mais… la vie en a décidé autrement ? Sincèrement, la journée avait été longue et je n’avais pas trop envie de tomber sur lui, surtout deux ans après.. Parce que je n’ai jamais vraiment oublié, pas vrai ? Ça m’a fait tout drôle de le revoir… Genre, je n’aurais jamais pensé que nos chemins se croiseraient de nouveau ?

Pour combien de temps ceci dit, j’sais pas… On ne va pas se le cacher : ce n’était pas vraiment comme ça que j’imaginais la « rencontre » avec la personne que la puce m’aurait choisi… J’aurais préféré que ça se passe mieux. Et peut-être que ça aurait été le cas si on ne s’était jamais vu avant ? J’sais pas trop… C’était trop bizarre. J’imagine que l’alcool qu’il avait bu n’a pas aidé ? D’ailleurs, il a englouti la bouteille, j’espère qu’il ne sera pas trop mal aujourd’hui… Ça devrait m’être égal, vu la manière dont il m’a parlé hier soir, mais c’est plus fort que moi, tu me connais bien…

Puis, je suis sûr que c’est pas un mauvais bougre, au fond.
Il faut juste.. qu’on s’adapte tous les deux ?

Difficile à dire. Mais j’ai envie de croire qu’il y a une raison à ça. Je suis un peu en boucle avec ça depuis hier ahah. Seulement, si ça se passe, c’est pas pour rien ? J’espère… J’ai peur de vivre le même enfer que mon frère. J’ai pas trop envie. J’veux dire, j’ai les épaules pour supporter beaucoup de choses, mais… au fond, quand bien même ça m’effraie un peu, j’ai envie de connaitre de belles choses avec quelqu’un ?

Lui ?

C’est trop étrange ahah.. Et j'y crois pas trop.
Vu les débuts houleux.

On va déjà voir ce que ça donne ce matin (enfin, s’il se lève avant que j’aille au boulot s’entend) avant de faire des plans sur la comète, pas vrai ? …

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Tiré de mon sommeil de plomb, yeux mi-clos pour affronter les rayons du soleil, j’grimace. Ça fait plus d’une heure que je comate ainsi, incapable de m’extraire de ce « moi », collé sur les draps.

Je me sens nauséeux ; le crâne sur le point de se fendre en deux.

Ah... C’est dur, hein… ?

Et c’est trouble, aussi. Tout comme le sont mes exploits de la veille, qui vont pas tarder à ressurgir lorsque mes pensées se seront toutes reconnectées. Lentement mais sûrement, celles-ci escaladant p’tit à p’tit la surface poreuse de ma conscience brumeuse.

Lentement…, je réalise être seul.

Puis je me souviens.

De toi. De nous. Du mariage imposé. Des mots violents échangés la veille, et de la colère, de l’impuissance, de mon besoin compulsif de noyer mon mal-être dans l’alcool et rejeter l’ensemble de… Toi. Te rejeter, toi – et tout ce que tu représentes, quand bien même c’est totalement injuste.



Si une forme de colère persiste encore en moi, ce matin… Celle-ci... n’a pas la même couleur. Elle n’a pas la force de soulever quoi que ce soit d’autre que ma propre culpabilité. Et y a ce sentiment de merde, qui m’écrase… Un truc indistinct, noir et poisseux ; qui m’dit que je suis trop fatigué pour tout ça. Que j’aimerais juste m’enfouir sous cette couette, me dissoudre entre ses fibres et ne plus jamais avoir à bouger. Faire en sorte qu’on m’oublie…


Hélas, c’est pas aussi simple, hein…

Alors, malgré cette nausée qui persiste ; malgré ces haut-le-cœur, qui vont et qui viennent, comme si j’étais sur une barque ; malgré cette sensibilité oculaire qui m’ferait presque chialer, j’me résous à vivre cette nouvelle journée. Je me plaque une paume sur la face. J’exhale un soupir, me faisant violence pour rouler sur le dos, accusant le monde pour son manque de tendresse.

J’le sais, qu’il va falloir que j’me lève. J’peux pas rester au pieu à me morfondre et prier toute la journée que la Terre cesse enfin de tourner. Autrement, à terme, c’est pas dans un lit aux draps de soie qu’on passera la nuit ; mais dans une putain de cellule !

Nouveau soupir. Des émotions, que j'ravale. Ma main allant mollement récupérer le téléphone dans le fond de ma poche. Avec difficulté, je le remonte jusqu’à mon visage, le regard plissé par l’effort, avisant l’heure – ignorant les appels manqués.

Un râle m’échappe quand j’calcule qu’il est déjà plus de onze heure…

Et on est quoi… samedi ?

C’est le moment d’attraper à bras-le-corps ce qu’il me reste de courage. Luttant contre la gravité, je me redresse, gagne le bord du lit sur lequel je m’assoie. Putain que ça tangue… C’est là que je remarque le verre d’eau et le cachet. Je reste con, pendant quelques secondes, à les fixer sans savoir quoi en penser. La mauvaise-foi l’emportant finalement, quand je me dis que ça m’est complètement égal, que t’aie pu avoir ce genre d’attention envers moi, malgré la veille.  

Tss.

… Ça m’empêche pas d’attraper le verre – uniquement parce que j’ai la gorge plus sèche que le Sahara… – et le cacheton, que j’avale d’un trait.

Nouveau haut-le-cœur quand j’me lève, abandonnant le verre – vide désormais – là où il était. Je grimace ; titube légèrement, me demandant si j’aurai le temps de rejoindre les chiottes, si jamais l’envie de vomir venait à me surpasser sans crier gare.

C’est finalement la salle de bain que je gagne, allant me passer le visage sous l’eau, avant d’aviser mon reflet…

La seule chose me vient alors étant un triste constat.

T’as une sale gueule.

Comme un écho de ce que tu m’auras balancé dans la face, la veille, qui n’est que trop véridique en ce jour. Y a qu’à voir cette mine blafarde et un peu verdâtre que j’me traîne, signe que mon corps lutte contre une belle intoxication à l’alcool. Et ces cernes. Ces cheveux qui, hier soir humides, semblent avoir pris tous les mauvais plis. J’sais pas pourquoi ça m’irrite. Cette image de moi. Ou plutôt : l’image de ce moi que je t’ai donné à voir, hier soir…

Bon… au point où j’en suis…
On dira que j’en ai plus rien à foutre.

C’est faux.

Et c’est avec cette flopée de mauvais bon sentiments, que je rejoins le dressing. Avec humeur j’arrache ma chemise, fait de même avec mon pantalon, ignorant mes nausées et ce corps tout entier qui semble protester. J'fais pas attention à la zone vide qui n'attends que tes affaires. J’enfile des lunettes teintées, un jogging noir plutôt serré et un hoodies gris à capuche, que je zippe directement sur ma peau nue. Parce que, merde. On est samedi. Et j’ai beau faire n’importe quoi ; ma vie vient peut-être de prendre un tournant catastrophique qui me donne des envies de tout foutre en l'air : je compte bien tenir ma routine sportive. Et tant pis, si je m’écroule entre les agréments ! Au pire l’Incontestable aura ma mort sur la conscience.

Bref. Je rumine tout du long, mon mal de crâne se liguant à ma mauvaise humeur pour redonner un peu de force à la bête que je suis. Quelques instants plus tard, je descends l’escalier menant au salon et à la cuisine, le pas lourd et trainant, bien décidé à prendre un café quoi qu’il m’en coûte – même si mon organisme a déjà sa dose d’acidité. Bien sûr, je te remarque aussitôt, quand j’arrive, posé sur le canapé, en train de lire… Mais, le regard caché derrière mes lunettes, même si mon cœur s’accélère, j’fais comme si de rien n’était… Quand bien même je ressens bien un coup de pression, en fait, et que ça m’énerve… incapable que j’suis, de ne pas me remémorer la veille… et cette virulence.

Silencieux, ma tête sous ma capuche, donnant l’impression d’avoir mal dormi et d’être d’une humeur de chien (ce qui n'est pas qu'une impression), je vais me préparer mon café. En parallèle, je check des trucs sur mon téléphone ; regarde s’il y a quelque chose à commander dans le coin, qui pourrait livrer pour midi. Et si l’odeur du café me retourne un peu le bide, j’ignore royalement ce fait, finissant par porter le breuvage à mes lèvres une fois celui-ci prêt, me retournant enfin vers toi.

Nonchalant, un bras croisé sur mon torse, tenant mon téléphone, et l'autre main près de mon visage avec son café, je m’appuie contre le plan de travail. Et là, à travers les verres fumés de mes lunettes : j’te fixe. Visage implacable. Réfléchissant en vérité à quoi te dire (songeant aux ordres qu’il nous faut accomplir, comme une obsession, pour être tranquille…).

Dix secondes.

— . . .

Vingt.

Putain pourquoi c’est si compliqué de prendre la parole… !?

— . . .

L’impression que ça va m’arracher la gueule, avec ces fantômes de la veille, qui planent...

Trente secondes.

— Hé, envoyé-je finalement, d’une voix d’outre-tombe un brin incertaine, mon palpitant se mettant aussitôt à dérater sans raison.

J’me racle la gorge, m’éclaircissant la voix, ressentant le besoin de détourner les yeux même si tu peux pas voir les miens.

— … Tu fais rien aujourd’hui… ?

C’est bourru. Pas franchement avenant, mais qu’y puis-je. Ça me bute, tout ça. Le fait même que tu sois là, en train de me regarder, d’me sonder, sans que je sache interpréter ton expression ou c’que t’as dans la tête.



Allez, merde... Courage on a dit...
Sois un mec civilisé, pour une fois dans ta vie, Hanz.


— Quand t’aura deux secondes… synchronise ton planning sur le moniteur de l’Incontestable, OK… ? Ça va faire chier sinon. (une pause) Ajoute ton numéro aussi…

Au moins... que j’aie pas à te demander trente six fois par semaines, ce que tu peux bien foutre de tes journées, histoire qu’on cale un minimum nos quotidiens…
!!!
Et putain, te fais pas d’idées.
Ça veut pas dire que j’accepte tout ça…
J’ai pas le choix. C’est tout.


Heureusement, pour changer, cette fois j’ai le tact de taire le fond de mes pensées, préférant plongeant mon nez dans ma tasse, le temps d’avoir une réaction quelconque. J’me dis qu’en définitive, c’est sans doute un pli à prendre : c’est assez facile de faire le mec détaché.

Ou pas.

— Bon... et j’vais commander de quoi manger… pour… disons, midi trente. J’te prends un truc ?

Haussement de sourcil interrogateur. J’tapote ma commande, selon ce que tu me dis, consentirai à te donner des précisions, aussi, si tu le demandes, bon-gré mal-gré… Puis, lâcherai un soupir à fendre l’âme, une fois le tout enregistré, rangeant le téléphone dans ma poche.

Et maintenant, je peux pas dire que ça me démange pas, de foutre le camp d’ici. Au moins, disparaître de ton champ de vision – qui aliment mon malaise... et ce "truc" au plus haut point. Pourtant, tant que je suis lancé sur les ordres, gentiment… j’me dis qu’il vaut mieux tout faire dans la foulée, surfer sur cette vague, tant que je suis calme… Aussi, terminant mon café, abandonnant ma tasse dans l’évier, j’attire ton attention, quelques minutes plus tard.

— OK... Viens. Cinq minutes.

D’un mouvement des doigts, j’te fais signe de me suivre – sans vérifier si tu le fais, entreprenant déjà de filer au niveau inférieur, passant par les escaliers. Direction la salle de sport… Même si en vérité, j’ai pas besoin de toi… c’est l’occasion de cramer un ordre sans faire trop d’efforts… Alors…

Si tu me suis, je t’emmène dans la salle en question, passant devant la piscine et son eau turquoise, offrant vue sur Tokyo. Et, je rajoute pas grand-chose, à vrai dire, attrapant un tapis que je déploie, le visage fermé, trop préoccupé à m’demander si j’vais réussir à tenir mes exercices, vu mon état et mon estomac contrarié. Mais bon… on s’en fout, hein…

Au programme, si tu l’acceptes… Quelques Crunches et des Situps. En compagnie du fauve de ces lieux…

Hanz Asuka
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« Il sera probablement en retard. Non, il a dit qu'il serait sûrement en retard, très en retard. Il sera en retard peut-être d'une heure, ou même de trois. Peut-être qu'il ne viendra pas avant la nuit. J'attendrai. Tout le temps qu'il faudra. Je ne suis pas encore au bout de mes forces. »

Un bref rictus étire le coin de tes lèvres.
Comme une métaphore décrivant, en un sens ta, votre situation.  

Armé de Pars, le vent se lève, tes pupilles toutes tournées sur les mots alignés sur le papier blanc, tu as profité du temps que tu avais, seul, pour savourer cette petite lecture - dans ta langue natale de surcroit. Peut-être aussi car tu ne te vois pas faire autre chose pour le moment. C’est que tu te vois mal faire comme si tout était normal et que tu étais chez toi. Puis, tu aimes lire et tu n’en as pas eu trop l’occasion ces derniers temps. Alors, après être sorti prendre ton petit déjeuner et te balader un peu, tu t’es recroquevillé installé au coin du canapé.

Tu savais, qu’il ne se lèverait pas tout de suite.

La preuve qu’est cette bouteille ne portant plus aucune goutte d’alcool en son sein ; celle-là même que tu lui as enlevé quand il est venu se coucher et que tu as descendu dans la cuisine en te levant, ce matin. Celle que tu vois en jetant un coup d’oeil au-dessus de ton livre - trônant là, à côté de l’évier.

Patiemment, tu attends.
Tu attendras tout le temps qu’il faudra.

Que les aiguilles avancent et que monsieur se lève. D’ailleurs, plus les heures passent, plus il y a cette petite pointe de stress qui se loge dans ton être. Car, tu travailles cet après-midi. Or, tu n’oublies pas les obligations du mariage. Ça te grignote l’esprit pour tout dire. Tu n’arrêtes pas d’y penser, à cette activité, à ce repas, à ce baiser que vous allez devoir échanger aujourd’hui. Aux vues de ce qui s’est passé hier soir, ça t’angoisse quelque peu, oui. Car, si toi tu sais mettre de l’eau dans ton vin, quand est-il de lui ?

Tu crois, qu’on finira par s’entendre ?
J’veux dire, j’te demande pas de m’aimer.
Juste… qu’on se facilite la tâche plutôt que de se mettre des bâtons dans les roues, tu vois ?


Un soupir.
Et des bruits de pas, dans les escaliers.

Du coin de l’oeil, tu aperçois sa silhouette se mouvoir et atterrir dans la cuisine. Curieux et soucieux que tu es, tu ne peux guère empêcher tes pupilles de se tourner vers lui un court instant. Et si un sourcil rehaussé traduit ta légère surprise face à ces lunettes teintées qu’il porte, tu reportes de nouveau bien vite sur ton livre - quand bien même tu ne le lises plus vraiment, maintenant qu’il est là. En voilà un réflexe bien idiot, que de faire semblant. Toutefois tu ne peux pas faire autrement. Sa présence, soudaine, accélère les battements de ton coeur. Et maintenant… ? te demandes-tu, poisseux, reprenant en pleine gueule le poids des mots que tu lui as envoyé hier soir ; le poids des siens. Est-ce que t’es de meilleure humeur ce matin ? Pas sûr, vu cet air dur qui flotte sur le peu des traits de son visage qu’il t’est donné à voir. On va pouvoir discuter comme de véritables adultes ? Ou on joue à l’autruche peut-être ? Pire, on réemploie l’animosité ?

Inspirant discrètement, tu te contentes de ne rien dire pour l’instant - préférant le laisser faire son café. Pourtant, le visage neutre, aucune hostilité n’émane de ton côté. Tu ne t’amuses pas à garder le silence pour enclencher un second round de prise de tête ; loin de toi l’idée. Tu veux simplement lui laisser le temps ? Te laisser le temps à toi aussi ?

Ton palpitant trébuche quand tu captes qu’il s’est pleinement tourné vers toi, une fois sa boisson finie. Déglutissant, tes tourmalines remontent vers lui, troublé que tu es de ne pas pouvoir capter son regard. Tu as la sensation qu'il te fixe, mais rien n’en est moins sûr.

Et dans le silence, y a cette putain de tension étrange.

Les secondes cavalent tandis que ni lui ni toi vous n’esquissiez le moindre mouvement ; n’engagiez le moindre mot. Jusqu’à ce qu’il finisse par attirer ton attention. Là, tu te sens presque « autorisé » à le regarder. Aussi, ton livre grand ouvert tombe sur tes cuisses, ton menton se relevant.

Mhh ? lâches-tu seulement en réponse, l’invitant à continuer.

Deux secondes, tu retiens ton souffle. Ta respiration se bloque tandis que tu te prépares mentalement à deux options, l’une plus que l’autre : devoir encaisser les foudres. Muscles inconsciemment bandés, doigts recroquevillés sur ton jogging gris, la sentence tombe - et tu te détends. Il n’y a pas d’excuses, le ton n’est pas très avenant - pourtant, tu as l’impression que c’est comme un « bon début ». Aussi, tu hausses une épaule, esquissant un maigre rictus.

Je travaille, cet après-midi. Et ce soir aussi. Je rentrerais tard - comme hier.

Il continue. Il te dit de synchroniser ton emploi du temps sur le moniteur de l’Incontestable. D’y mettre ton numéro de téléphone, aussi. Tu hoches la tête, un petit sourire accompagnant le geste. Et tu te demandes, alors, ce qui l’a amené à retourner ainsi sa veste. À être moins hostile que la veille - n’osant toutefois pas le questionner.

D’accord. Je ferais ça tout à l’heure dans ce cas.

Tu comptes bien surfer sur cette vague de bonne volonté dont il fait preuve. Et même si tu lis entre les lignes, si tu comprends que c’est seulement là pour caler vos quotidiens et répondre aux ordres de la machine, c’est déjà bien. Ça te rassure, en fait, qu’il semble lui aussi vouloir éviter la case prison. Pour ce qui est du reste… c’est une autre histoire.

Détournant tes ébènes de sa personne un instant pour glisser ton marque-page dans ton bouquin, refermant au passage ce dernier, tes yeux s’écarquillent doucement aux mots qui suivent. Posant ton regard, dans lequel flotte ce « vraiment ??? », sur lui, tu te sens pris d’une soudaine… joie ? Le terme est peut-être un peu hyperbolique mais, ce qui est sûr cependant, c’est qu’un bon sentiment éclot et réveille ton sourire. Portant ta dextre à tes cheveux, glissant tes doigts entre ces derniers, tu réponds alors, avec entrain :

Oui, j’veux bien s’il te plait. Euh… Tu te grattes le crâne un instant ; signe trahissant ta réflexion. Puis, ta main se suspend dans l’air devant de ton visage, ton index s’élevant. Si c’est possible, je prendrais un gyūdon.

Un sourire - plus franc que les précédents.

Tu l’observes, tapoter la commande sur son téléphone. Et… c’est tout. Tu restes comme un con, assis sur ce canapé géant et beaucoup trop moelleux pour que ce soit vrai, ne sachant que faire, maintenant. Sur la réserve, trop peu sûr que tu es de savoir ce que lui veux actuellement. Mettre fin à la conversation et s’en aller avant de vous retrouver tout à l’heure pour manger, ou…

OK… Viens. Cinq minutes.

Tes sourcils s’élèvent ; interrogateurs.

Mais, il ne donne pas de réponse à tes questions muettes. À la place, ses phalanges t’invitent à le suivre tandis que déjà, il s’éloigne. Autant dire que si la surprise est là, ancrée dans tes yeux, tu n’hésites pas une seule seconde à poser ton livre sur le canapé et à te lever. Le suivant, tu empruntes les escaliers qui mènent à l’étage du dessous - ne te remettant toujours pas du fait que tu as dormi dans un penthouse à trois étages. D’ailleurs, tu ralentis le pas quand vous passez devant la piscine et cette vue imprenable sur la capitale nipponne. Un instant, tu redeviens un enfant, l’émerveillement scintillant au creux de tes prunelles. Bien vite pourtant, tu te ressaisis et tu pénètres dans la salle de sport à sa suite. Tes yeux s’écarquillent car, hier soir, tu n’as pas été aussi loin. Tu n’avais pas vu qu’il y avait ça aussi (et c’est dire tout ce que tu n’as pas vu en réalité ; n’ayant pas fait totalement le tour).

Bon sang ! C’est même plus grand que la salle de sport de la caserne je suis sûr !

Tu l’observes un instant attraper un tapis… et tu tiques, penchant légèrement la tête sur le côté. Attends… Tu veux qu’on fasse du sport ? J’veux dire, ça me dérange pas mais… toi, t’es en état ? Tu te sens d’attaque pour t’infliger ça ?

T’es sûr que… Commences-tu à dire sans même te rendre compte.

Tu te ravises et tu inspires. C’est que tu ne voudrais pas l’irriter avec tes interrogations. Qui plus est, en mettant à mal son plan initial. Alors, à la place, tu t’armes toi aussi d’un tapis que tu installes à côté du sien ; à distance raisonnable bien sûr. Tu ne sais pas ce qu’il sous-entendait par « cinq minutes », s’il s’attendait peut-être à ce que tu restes simplement là, sans trop rien faire ; mais ça ne sera pas le cas. Voilà l’occasion parfaite pour faire ta petite séance de sport. C’est que tu dois te maintenir en forme pour les pompiers. Puis, ça permet de se défouler aussi, pas vrai ? Sûrement que vous en avez tous les deux besoin, quand bien même tu aies déjà évacué une bonne partie de tout ce qui couvait ce matin.

Sans demander ton reste, tu commences à t’échauffer. Esquissant des allers-retours de gauche à droite pour ta nuque, tu en profites pour entremêler tes doigts et tourner tes poignets dans le même temps. Pupilles rivées devant toi, fixant un point dans le vide, tu lances alors, tout naturellement :

Force pas, hein, si ça va pas.

Quand bien même j’admire ta motivation, ne va pas te rendre plus mal que tu ne l’es sûrement.
Et ne t’imagines rien non plus. J’aurais dis ça à n’importe qui.


Tournant la tête vers Hanz, tes sourcils se rehaussent tandis que tu demandes :

C’est quoi le programme ?

Attendant patiemment la réponse, un petit sourire plaqué sur le visage, tu en profites pour continuer ce que tu as entrepris, passant aux coudes. Et quand il éclaire ta lanterne, tu approuves d’un « Ça me semble pas mal » motivé.  Puis, bassin, genoux, chevilles ; tout y passe. C’est important de bien préparer ses muscles à l’effort. Aussi, quand c’est chose faite, tu te laisses tomber - contrôlant toutefois ta chute - sur le tapis. Jetant un coup d’oeil dans sa direction, tu entames finalement lesdits exercices par une première session. Une chance que tu te sentes en forme et que tu aies pris un bon petit déjeuner. Pour lui, en revanche, ce doit être plus dur. Un café n’est guère suffisant pour des exercices physiques. Mais, qui es-tu pour lui dire, hein ? Il doit le savoir. En plus, tu n’avais pas envie de le contrarier. Alors, déformation professionnelle oblige, tu ne peux pas t’empêcher de jeter des coups d’oeil vers lui. Pour t’assurer que tout va bien.

Tu n’en oublies toutefois pas de te concentrer sur ce que tu fais.

Quand tu finis ta première série, tu t’accordes une brève pause. Tu t’assoies, et tu laisses tes pupilles se perdre sur les machines qui vous entoure - et la pièce en général. Reprenant ton souffle, réarrangeant quelques mèches rebelles qui obstruent ta vue, tu te tournes d’un quart vers lui, prenant appui sur ton bras droit :

Tu tiens le coup ?

Tu le fixes sans gêne, prêt que tu es à activer ton détecteur à mensonges. Un sourcil s’arque un tantinet avant que le dos de ta dextre s’en vienne récupérer quelques perles de sueur sur ton front. Pourtant, malgré la réponse qu’il pourrait te donner, tu décides de ne pas chercher la petite bête non plus pour l’instant. Alors, tu entames ta seconde session, lançant quelques oeillades dans sa direction. Et plus tu le regardes, plus il y a des trucs qui remuent, çà et là, dans ton être. Les fragments du passé, les éclats de la veille. Le fait que vous agissiez comme si de rien n’était… Cette culpabilité, aussi, qui t’a empêché de dormir correctement - entre autre. La conviction toutefois que tu n’as pas à t’excuser - ou peut-être que si ? L’incertitude. Le joyeux cocktail de tout ce bordel. Et le silence, juste les essoufflements dû aux efforts fournis.

Tu t’arrêtes.
T’assoies de nouveau.

Hanz.

Le corps penché en avant, sans que tu ne le regardes cette fois.
Une hésitation - tu te lances.

J’ai compris qu’tu veux pas en parler. D’hier soir et du reste. Et j’te demande pas de le faire. Juste, j’suis désolé.

Parce que j’ai peut-être pas été assez réceptif à ce que toi, tu ressens.
Parce que, même si tu n’as pas été tendre, j’avais pas à ne pas l’être en retour.
Parce que j’ai laissé trainer cinq jours avant de venir ici.
Parce que c’était sûrement pas le mariage que t’espérais.
J’suis désolé d’être rentré dans ta vie et d’y avoir foutu le bordel comme ça, sans le vouloir.


Une inspiration.

Enfin bref.

Tuer dans l’oeuf le reste.

Seulement, quand tu remontes tes yeux vers lui, tu lui trouves un teint pâlot. Fronçant les sourcils, tu te décales un peu vers lui, tendant une main d’instinct. Un réflexe que tu regrettes presque aussitôt engagé. Tes doigts se recroquevillent sur eux-mêmes, te flagellant mentalement pour ça. Parce que tu sens bien que tu ne peux pas. Qu’il y a entre vous cette barrière qui stoppe tes élans d’inquiétudes et d’empathie. Parce que c’est ton « mari » (et Dieu seul sait que ça te fait bizarre de penser ça), parce que tu sens que tu n’as pas le droit. Alors qu’il n’y a aucune arrière pensée ! C’est juste dans ta nature, ça. C’est toi. Or, tu ne peux guère l’être pleinement. Cependant, si ton coté tactile doit se cacher dans l’ombre, ça n’empêche pas ces mots de quitter ta bouche :

Eh, tu vas bien ?! Tu devrais peut-être boire un peu d’eau, non ? Tu veux que j'aille t’en chercher ?
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Je sais pas ce qui me perturbe le plus…
Cette façon que t’as de sourire ?
Ou…
Le fait que tu me suives sans discuter, comme si…
Comme si ça t’allait, que j’sois si froid.
Comme si ça n’avait pas d’prise sur toi.

Comme si j’étais le seul, en fin de compte,
qui livrait bataille à ses émotions.

Mais alors. C’était quoi, hier soir ?

Chae…
Chae, Chae.


Est-ce que tu surfes sur la vague que j’ai créé ? Est-ce que toi aussi, tu t’sens forcé ? d’entrer dans le vif du sujet – foutre les pieds dans le plat des mariés ?

Est-ce que tu fais semblant ?

Ces devoirs… Sont la seule et unique raison qui me pousse à proposer de partager ce temps avec toi. T’as capté, pas vrai… ? Alors, pourquoi tu souris ? C’est quoi, cet entrain ?

Quelqu’part, sous ces regards noirs que je te lance en secret, j’me rend compte que j’ai aucune idée de si c’est naturel ou non, chez toi, cet optimisme. C’est pas comme si, un coup d’un soir suffisait à saisir toutes les nuances d’un homme. Nan… C’est un fait… J’ai appris ton corps. Pas ton cœur.

Et… ouais. Ça me perturbe. Parce que j’en sais rien. J’en sais rien, et j’ai pas envie de creuser. Laissons ça à la brume. Oublions que derrière l’homme se cache aussi failles et sentiments.  

S’il te plaît.

Fais de même.

Mais ça ira, que j’me dis. Faire un peu d’exercice. Même s’il me faut pour ça essayer de tromper mon propre corps. D’oublier mon état. Ce corps et ces maux. Même si c’est dur. Tant pis. Ce sera une bonne chose d’accomplie. Un ordre à rayer.

Et tu suis le mouvement. Tu t’installes non loin de moi, manifestant cet entrain qui ne fait que m’irriter de plus belle. On peut commencer, hein! De toute façon j’ai pas ma protection pour le genou, ça va être vite vu. Haut du corps. Abdos. . . . Et mauvaise volonté. Et esprit de contradiction. Bla bla bla. Ça se sent – ça s’voit même, à mesure que les secondes passent, que je me renfrogne, mon humeur dégringolant à vue de nez. Mes lèvres sont pincées. C’était déjà pas glorieux avant que je commence à m’échauffer, mais là ?!

Je prends même pas la peine de te répondre quand tu me dis de pas forcer, gardant pour moi-même ces : Tu vas voir, si j’force pas ! Ça va très bien !

Et : C’est quoi, le programme ?

— De toute évidence. Faire du sport. Ensemble.

Franchement, je me foutrai des claques si je m’avais en face. Peut-être que c’est le but. … Ou, tu mettras ça sur ma condition actuelle, s’tu veux.

— Ça me semble pas mal, que tu me réponds, plus motivé que jaja.

Et j’me dis : J’hallucine ou quoi… Est-ce que c’était de l’ironie ?

Me contentant de marmonner dans ma barbe, ne pouvant que lorgner d’un air mauvais sur ce nouveau sourire qui vient d’éclore sur tes lèvres, j’me retrousse mentalement les manches. Pose mon cul sur le tapis, me préparant au pire. S’en suit une série d’abdominaux laborieuse… Enfin… dans l’idée. Parce que j’ai beau faire le fort, on va pas dire que ça suit bien, de mon côté… Puis ça me fatigue, merde, de te voir faire ! Sérieusement…

Sérieusement qui a eu une idée pareille, que j’le cogne… ?

Et pourtant, j’essaie. De faire bonne mesure. Prouver que je suis pas encore bon pour la casse.
Mais… petit à petit, ma concentration se fait la malle, accompagnée de mes efforts. Le tout devenant presque inexistant tandis que mon torse ne se soulève plus que de quelques centimètres de son tapis.

Dans ce silence ponctué de respirations sonores, malgré moi, mon regard dérive…

Parfois,

Bute malencontreusement contre ces bouts de chair qui se dévoilent, quand tu lèves les bras. Tombe hasardeusement sur la courbe d’un muscle…

Remonte, pour surprendre un regard.

Puis... un autre, et

Oh. Encore, un.


Suffisamment pour m’alerter.
Me faire tout cesser.

— Qu’est-ce que t’as à me regarder comme ça… !? Aboyé-je entre mes dents, au bout d’un moment, n’y tenant plus, fatigué de ressentir le moindre de tes petits coup d’œil – la moindre œillade. Je sais que j’suis d’un charme inouï ! Mais tu vas faire un trou sur ma gueule à force !

C’est pas que ça me dérange. Mais en fait : si.

Ravalant mes sarcasmes, je m’arrête pour te dévisager, te fixant, en chien de faïence, à travers mes lunettes, de toute l’intensité dont j’suis actuellement capable. Merde, putain. C’est juste une petite séance d’exercice à la con ! C’est quoi ton problème, j’ai pas besoin d’une nounou ! Mon foie se paie déjà suffisamment ma gueule, pour qu’en plus je doive aussi me préoccuper de… de ta fixation sur ma personne !!

Pour ne rien arranger, réalisant le rythme effréné de mon cœur, je serre les dents… Prend une grande inspiration, baissant le menton, pour fixer mes genoux…

Puis change de position, pour plus t'avoir en visu.

Je lâche un juron discret, préférant t’ignorer, toi et ta sollicitude. Trop fier, en vérité, pour admettre à quel point je commence à me sentir mal (en plus d’être troublé).


— Hanz.

À l’entente de mon prénom, je me hérisse inconsciemment.

Quoi. Encore.

Visage blême. En lutte discrète contre moi-même depuis quelques minutes déjà. Je déglutis. Me force à conserver mon air suffisant, me retournant vers toi, tendant malgré moi l’oreille à tes dires.

Et voilà que tu mets la veille sur le tapis. Nouveau soupir.

— Vraiment ? T’as compris ça ? Marmonné-je, la voix traînante et un peu rauque, incapable de tenir l’ironie. Et de quoi t’es désolé, au juste ?

Arrête.

Arrête ça.

Je secoue la main, comme pour chasser un moustique invisible.

— Non c’est bon. Moi toute façon je retire pas ce que j’ai dis hier soir, repris-je durement. Fallait qu-

quoi ?… quoi quoi quoi ?!! m’agresse ma propre pensée, soudainement virulente. Que j’sois un connard avec lui ?! Que j’arrache direct tous les petits rêves qu’il pouvait bien avoir, avant que la vie se charge de briser encore les miens ? Juste au cas-où ??

Mes paroles se bloquent dans ma gorge, qu’un violent haut-le-cœur me crispe l’estomac. Mon corps se raidi. Aspirant une goulée d’air, je me plie en deux, le teint cireux ; une main sur le bide.

– Putain de… que j’articule, grimaçant.

La salive envahissant ma bouche à cause de mon envie de rendre, mon cerveau se coupe de tout. J’arrache mes lunettes. Les jette au sol, à quelques pas de moi. C’est viscéral. Instinctif. La façon dont j’essaie de contrôler ce qui m’arrive ; de le compresser, depuis tout à l’heure, sans plus y parvenir. Là, ça me paraît juste impossible. Comme si j’avais trop retardé l’échéance de ce qui me pendait au nez, depuis le réveil – depuis cette nuit.

Commençant à me relever – non sans quelques difficultés – j’attrape par instinct ton bras si tu cherches à m’aider, puis te relâche avec humeur, quand je m’en rend compte, pour bien t’indiquer que j’ai pas besoin de toi. Déjà, j’essaie de visualiser le chemin le plus rapide pour gagner les chiottes de l’étage.

La suite, et ben… n’est pas vraiment reluisante. Dix minutes plus tard, toujours enfermé dans les toilettes, échoué devant la cuvette étincelante des WC ; à agoniser ma vie. Trois fois, ça me prend. Quand bien même mon estomac est vide de chez vide.

Putain ça m’apprendra…

Voilà un rappel douloureux du temps qui passe, les dix-huit ans étant bien loin derrière… Ça devient plus dur de se remettre. Surtout quand on a déjà autant d’excès à son compteur. Mon toubib s’arracherait ses derniers cheveux vaillant, s’il me voyait, à l’heure qu’il est…

Et c’est ainsi, que je me rend compte, que ça va pas le faire…
Cette journée…
Ce week-end.
Moi.

J’croyais quoi, au juste ? D’où m’est sorti cet optimisme ?



Ça n’en était juste pas.

C’était juste manière d’en terminer rapidement.

D’en finir. Puis oublier… que t’es là… Et que… De toute évidence, y a désormais quelqu’un pour tendre le bras, quand ça va pas.



Heureusement que j’me suis enfermé… Quelque chose me dit que tu m’aurais suivi jusqu’ici, si t’avais pu. Et ça m’irrite de l’imaginer. Non. Ça m’irrite tout court, que tu te sentes la volonté de m’aider. C’est quoi ? Une genre de déformation professionnelle ?!

Dans deux minutes, je vais sortir de là… J’ai l’impression que mon corps est en train de vivre sa dernière heure… J’sais pas pourquoi, si c’est parce que j’ai forcé alors que j’aurai pas dû, mais je me sens brûlant. Tout ensuqué, nauséeux, vaseux. Mal.

Et ce marteau dans ma tête, qui n’en fini pas, qui s’est toujours pas calmé, malgré ton cacheton, malgré mon café – ces derniers devant croupir dans le fond des égouts de Tokyo, à l’heure qu’il est…

D’habitude, au moins… Y a personne pour voir la déchéance. Ça me rappelle… ça me rappelle quelqu’un. Quelqu’un à qui j’ai vraiment pas besoin de songer, là, maintenant…

Quand je me relève enfin, les membres tout tremblant, pour me rincer la bouche au lavabo et m’essuyer ; j’soupire. Je prends un moment, pour essayer de me remettre. Mais mes pensées se tournent vers toi… Je te visualise, en train de t’inquiéter. Je visualise ta petite mine. Tes efforts. Dix secondes. Avant de repousser le tout. Aussi rapidement que c’est venu.

Une minute plus tard, je sors de là et t’ignore royalement si t’es toujours dans les parages, à attendre, ou surveiller qu’il me soit rien arrivé…

Trop perturbé, si c’est le cas. Je remonte les marches, traînant péniblement ma carcasse jusqu’au salon… puis avise cet autre escalier qu’il me faudrait gravir pour monter à la chambre… Bras ballant, totalement éclaté. Finalement, c’est sur le canapé que je vais m’échouer, tombant dramatiquement sur le ventre du côté où tu n’étais pas ; avant de le regretter aussitôt, quand mon estomac se remet à protester.

Grimaçant, j’enfouis mon visage dans un coussin.

— rhahhh……, râlé-je. Laissez-moi mourir………….

J’crois que je vais plus bouger…
Oui. C’est bien.
J’ai juste besoin de…

Dix petites secondes.
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Évidemment que faire du sport n’était pas une bonne idée.
Évidemment que parler d’hier soir ne l’était pas non plus.

Mais eh, tu essaies de faire de ton mieux, pas vrai ? T’as accepté la première idée pour ne pas le contrarier, t’as évoqué la deuxième parce que t’as besoin, toi, d’en parler. Juste de t’excuser. De tout un tas de trucs que tu ne t’avanceras pas à énoncer, quand bien même il te l’ait demandé. Ceci dit, il ne t’a pas non plus laissé le temps de répondre quoi que ce soit ; tranchant durement, répliquant que lui ne reviendrait pas sur ce qu’il a bien pu te dire. Soit. Ce n’était pas ce que tu lui demandais non plus.

Ceci dit, plus que de t’inquiéter de ce qu’il a pu comprendre de tes propos, toi, c’est tout autre chose qui attire ton attention.

Ce teint blafard, livide qui colle à sa peau.

Ce haut-le-coeur qui le fait se plier en deux était inévitable. Après avoir bu tout ça hier soir, il ne pouvait pas y réchapper. Ses lunettes valsent et il se meut, tentant tant bien que mal de se relever. Ni une ni deux, tu l’aides ; avant de te faire rejeter les secondes qui suivent. Pantois, tu restes comme un con là, debout, tandis qu’il s’est précipité aux toilettes. Bras droit tendu dans le vent avant qu’il ne retombe lourdement contre ton corps. Ton menton se baisse et tu secoues la tête.

Un soupir.

C’est pas gagné.

Mais t’as jamais pensé que ça serait facile non plus.
Trouver le décodeur de quelqu’un n’est pas évident ; même si chez certains, c’est plus aisé que chez d’autres.

Et si l’envie d’aller t’assurer que tout va bien pour lui ne manque pas, tu n’y cèdes pas ; pas tout de suite du moins. À la place, tu enroules ton tapis puis le sien, de sorte à les ranger là où ils étaient précédemment. Quand soudain, ton téléphone sonne - un message. Tu extraits l’appareil de la poche de ton jogging, avisant le nom de ton frère sur l’écran.

Il-sung
+81 2 34 56 78 90
Salut frangin. Alors, ça s'est bien passé ?
Salut, et bien... Je sais pas trop quoi te dire. Je pense... que ça va être compliqué.
... J'suis désolé pour toi. C'est à croire qu'on a pas de chance, toi et moi...
C'est pas une histoire de chance. Il va juste falloir qu'on apprenne à.. cohabiter.
Mhh. Et votre lieu de vie, c'est comment ?
... M'en parle pas. J'me sens tellement pas à l'aise depuis hier soir.. J'ai même été déjeuner dehors tout seul. C'est un penthouse mais sur 3 étages ?! Tu savais que ça existait ?!
Wow. C'est fou. Mais en même temps, ça ne m'étonne pas. Par contre, vous n'avez pas mangé ensemble ? Tu sais que vous allez devoir partager un repas aujourd'hui, hein ?
Il n'était pas réveillé.. Et je pense que ça va être laborieux de partager un repas. Je dois te laisser, je te raconterai mieux quand on se verra. À plus tard :)
©PAN


Adossé contre le mur tandis que tu t’es rapproché des toilettes où il s’est enfermé, tout en gardant une distance raisonnable, conversant avec ton frère de bonnes minutes durant, tu relèves le nez quand la porte s’ouvre sur sa silhouette. Il te passe devant sans te calculer, comme si tu n’existais pas. Tes lèvres se pincent. J’ai compris. J’te fais chier. Tout ça, ça te fait chier. Mais t’inquiète pas, j’vais te laisser tranquille cet après-midi, déjà. Tu verras pas ma gueule. Plongeant ton cellulaire dans ta poche, ton regard se porte un instant sur la paire de lunettes que tu as ramassé. Inspirant, tu te reprends, passant par la buanderie pour y prendre un seau (que tu savais pertinemment trouver là-bas ; car sinon où ?), avant de remonter à ton tour.

C’est quand tu arrives dans la cuisine que tu avises sa carcasse étalée sur le canapé.

Quelle idée de boire autant aussi.

rhahhh…… Laissez-moi mourir………….

Tu roules des yeux.
C’qui faut pas entendre.

Tss, c’est ça. Meurs en silence alors, s’il te plait, Marmonnes-tu plus ou moins fort tout en allant vers le lavabo.

À nouveau, tu réitères l’opération. Tu ouvres le meuble (que tu vas connaitre par coeur, à force) pour t’emparer d’un verre que tu remplis d’eau. Sûrement que j’devrais pas faire ça. Seulement, j’peux pas faire autrement. J’peux pas te laisser comme ça sans rien faire. Alors, tu t’avances vers lui. Le visage neutre, pupilles rivées vers lui, tu déposes ledit verre sur la table. À côté, sa paire de lunettes oubliées. Non loin de sa tête au pied du canapé, le seau.

Dors plutôt, ça vaudra mieux hein.

Tu te détournes.

Ou plutôt, tu t’avances vers cette partie du canapé sur laquelle tu te trouvais précédemment. Tu attrapes ton livre qui était resté là jusqu’alors, dans l’idée de t’éloigner. Aller ailleurs, pour le laisser seul. Se reposer. Ne plus lui imposer ta présence. Mais… il y a quelque chose qui t’en empêche. Deux pour être exacte. D’abord, le constat : j’vais pas faire comme hier soir, encore. J’vais pas m’en aller. On y arrivera jamais sinon ? Puis, toujours, cet élan d’empathie. Le désir secret de le surveiller ; t’assurer que tout va bien. Enfin, tout ne va pas bien sur pleins de points, mais concernant son état de santé, ça rentre plus dans tes cordes.

Tes doigts agrippant fermement le dos de ton livre, tu te décides et tu échanges de place avec ce dernier. Tu t’assoies, à nouveau, sur ce canapé si moelleux et agréable. De toute façon, qu’est-ce que je pourrais faire d’autre, hein ? Tes jambes se croisent en tailleur et ton bras droit se cale sur un coussin. Tu ouvres ton bouquin, n’enlevant toutefois pas encore ton marque-page quand tu jettes un regard vers l’épave non loin de toi.

J’te réveillerai, quand la bouffe sera arrivée. Histoire qu’on fasse genre de partager un repas. Parce que j’suis pas sûr que tu sois debout ce soir quand je rentrerai.

Tes sourcils s’élèvent pour appuyer tes propos avant que ton nez ne plonge dans ton livre.

On fait comme ça, votre altesse ?

Comme si de rien n’était, tu monopolises toute ton attention sur ta lecture. S’il râle, s’il grogne, s’il aboie, tu n’y prêteras pas attention. Tu l’ignoreras, comme lui l’a fait tout à l’heure. Puis, voilà là ta petite vengeance personnelle. Quand bien même il était alcoolisé au possible cette nuit, il t’a appelé « princesse ». Alors, s’il veut jouer à ça, pas de problème.

Mais, t’as beau ne rien faire, ne rien montrer - garder cet air assuré ; presque détaché, placardé sur ton visage, ça n’empêche pas ton coeur de cogner à mille à l’heure dans le secret de ton buste…
Chae-Rok Asuka
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Je sais que tu le penses pas vraiment. Je sais que c’est moi, qui te pousse à bout. Qui cherche et fini fatalement par trouver. Et en vérité, si j’avais pas tant été à fleur de peau, la réflexion me serait probablement passé au-dessus de la tête… Mais, là… ? Je l’entends ce : meurs en silence, que tu marmonnes en t’éloignant, tandis que j’suis comme un idiot, échoué sur le canapé.

Et à ce moment, où tout me semble déjà allez si mal… Où je me sens si mal, physiquement comme mentalement… Je les entends, et ceux-ci résonnent en moi avec une telle intensité, qu’il me semble sentir mille écharde éclater en mon sein. Si fort que ma gorge se noue. Si fort que mon cœur frappe, une fois, avant de s’emballer de honte, faisant taire tout le reste.

Je crois que j’en cesse même de respirer, pendant quelques secondes, mes doigts allant s’agripper au coussin comme s’il était ma bouée.

Pourtant ce ne sont que des mots… C’est juste mes nerfs qui sont en train de lâcher, après cette semaine entière, passée à baliser. Le passé m'ayant balayé comme un ras-de-marée. C’est mon cerveau qui se ligue contre moi. C’est cette conscience qui veut remuer le passé et l’entremêler au présent ; murmurer tout ce que j’ai pu fuir ces dernières années, pour m'éviter de me confronter à certaines vérité. Tout ce qui se cache sous la hargne… Tout ce que j’ai jamais su exprimer.

À t’entendre me parler comme ça, j’me dit qu’au fond j’aurai aimé que les choses se passent différemment ; mais que pour ça, il aurait fallu que je sois un autre que moi. Alors je suis désolé… Désolé, d’être moi. De t’infliger ça. De nous infliger ça. Ça ne fait qu’une journée – ce sera quoi, demain ?

J’en viens à me dire que t’as raison, en fait.

Dormir.

Dormir, plutôt. Ça vaudra mieux.

Pour déjouer cette danse macabre qui se joue seulement dans ma tête. L’esprit s’attachant à ne voir que le noir.

Quand je tourne le visage pour te regarder, en toute discrétion, il y a dans mes yeux toutes les failles que je ne sais cacher. Mais je t’ai pas répondu. J’ai rien dit. Tu vois ? Tu vois, au final je t’écoute. J’peux mourir en silence, aussi. Si c’est mieux.

Tout ça, c’est amer. Cette nouvelle tempête qui vient de passer, me laissant l’esprit comme déraciné.

Alors je referme les yeux. J’inspire. Me détourne. Préférant ne pas chercher à comprendre pourquoi tu restes planté là quand t’aurai pu être ailleurs – n’importe où, en fait, c’est pas l’espace qui manque. À la place je me focalise sur ces putains de nausées. Je me focalise sur le fossé qui se creuse entre nous, qui pour je-ne-sais-quelle putain de raison fait si mal. Sentiment de solitude écrasant de familiarité.

Et puis, le livreur aura fini par sonner. Au bout d’un temps.
 
J’aurai fini par me redresser, non sans précautions. Restant assis sur le canapé pour m’éviter un autre drame.

Ma soupe déposée sur la table basse avec ses quelques accompagnements. Le tout est à peine entamé, le temps de vérifier que l’ordre se soit bien validé, puis abandonné. C’est étouffant, cette ambiance. Cette situation. Cette fatigue qui me compresse corps et âme. Pourquoi j’ai encore cette sensation d’avoir dépassé une limite, tout à l’heure ? Véritablement, peut-être que c’est le cas. J’dois être con, en fait. Parce que tout ce qui sort de ma bouche est corrosif, et que je m'étonne que tout ce qui me revienne le soit tout autant.

Puis passé ces instants à deux, l’ordre accompli avec l’impression qu’aucun de nous n’était vraiment là ; les regards s’évitant consciencieusement, je fini par m’essuyer les commissures sur un morceau de serviette. J’bois l’eau que t’auras déposée là, plus tôt, dans ce silence à couper au couteau. Et ce n’est qu’alors, que je me relèverai. Sans rien dire. Dans un battement de cœur, allant m’asseoir près de toi, effleurant ta main, une brève seconde, pour que tu cesses ce que t’es en train de faire. Le temps qu’ensuite mes doigts remontent jusqu’à ta joue pour la faire pivoter. Là… tout tremblant, ce moment. En dichotomie totale avec le reste, si tendu. Là, regarde-moi, si tu veux… détourne les yeux, si tu préfères. J’te promet, ça durera rien. Rien. Qu’une minuscule seconde. Parce qu’on s’est déjà bien dit, tout les deux, que ce n’était que ça. Alors, alors… juste quelques secondes, le temps de poser cette question muette, je te fixe. Mais tu sais déjà, pas vrai ? Tu dois déjà savoir… tu dois déjà craindre. Cette seconde, quand mon visage se penche vers le tien ; qu’il suit le fil invisible qui me mène à tes lèvres. Et que, tout à coup, c’est chaud et doux et…

Froid…

Froid comme si ça n’avait jamais été là.

Baiser fantôme.

L’ordre accompli je me relève déjà, le pas trainant et mon regard fuyant, tout simplement pour éviter que t’y lises quoi que ce soit. J’attrape ma bouffe, mon verre. Vais les mettre dans un coin, pour plus tard, remplissant ce dernier, pour l'emporter avec moi, luttant vaillamment pour ignorer tout le reste.

Et puis, je suis remonté à l’étage. Sans un regard en arrière. Sans une hésitation.

Ma présence à tes côtés…
N’ayant plus aucune utilité.



[ . . . ]

J’ai passé l’après-midi dans le lit, morose, à pioncer et décuver, la grande majorité du temps. Répondre à des SMS, envoyer les gens chier, le reste de celui-ci. Ressassant : avant, pendant, après. Le passé, le présent, le futur. Tout en ayant toujours l’impression d’être au bout de ma vie.

Jusqu’à ce qu’une idée fixe ne se loge finalement dans ma tête, plus tard, ce soir-là. Alors que j’arrêtais pas de repenser à Chihiro. À la personne qu’il était. À tout ce que j’aurai voulu faire pour lui – et tout ce que j’ai jamais vraiment voulu admettre ou voir, parce que ça me blessait trop. Comme le fait qu’on s’abîmait plus qu’on ne s’aimait. Comme le fait que ce cœur, que je lui avais foutu sur un plateau, il n’en avait jamais vraiment voulu. Et moi, bousillé, pendant plus d’un an, ensuite, par la réalité. Le rêve éclaté en même temps que l'éveil, dans cette chambre d’hôpital. Comme si ça suffisait pas. Que pendant ces longs mois, en vérité, il en aimait une autre.

Comment fait-on pour se protéger de ça, hein ?

Idée fixe, à force de repenser à tout ça – repenser à l’accident.

Il m’est venu cette idée à la con. Mordicus, c’était foutu, elle me lâcherait pas.

On dit bien jamais deux sans trois, non ?

Peut-être qu’en vérité, mon problème, c’est que je sais que je mérite pas quelqu’un comme toi. Et qu’à un moment donné, oui, il aurait mieux valu que tout s’arrête. Que le silence l’emporte sur mes éclats de voix. Il aurait mieux valu que le jour ne vienne plus, pour troubler mes paupières. Dormir. J’aurai pu juste continuer à dormir.

Ça fait mal de repenser à tout ça. Mais à croire que j'aime remuer les couteaux dans mes plaies, je prends bien mon temps. Je remue et remue et remue.

Et puis... la nuit fini par tomber, et j'suis là, les yeux grands ouverts, le coeur battant trop fort, ne cessant de me rappeler à quel point je suis vivant. Grand paradoxe que je suis, avant toute chose, j’suis allé finir ma soupe, dans la cuisine. J’ai pris le temps de regarder ton emploi du temps, sur le moniteur, pour voir si je ne risquais pas de te croiser.

Puis, je suis remonté dans cette chambre et sa vue vertigineuse, avisant ce Tokyo nocturne et sa mer de néons.

J’me suis posé sur cette petite table d’appoint, après avoir déniché dans la table de chevet un bloc-note et un stylo.

J’ai commencé à écrire. Et écrire. Et écrire. Des mots, à la va-vite gribouillés. Que des essais ratés. Malgré mon besoin d'exprimer quelque chose.

« Désolé… C’est pas ta faute si »

« Je suis désolé…
Je suis désolé pour tout. »

« Pardon d’être un connard. »

« Déteste-moi »


Les mots raturés, les uns après les autres, froissés puis jeté rageusement à la corbeille. Pourquoi c’est si dur de placer trois mots cohérent sur un putain de papier ?! Je m’enfouis le visage entre les mains, irrité par ce sentiment d’incapacité – l’impuissance de ne savoir jamais exprimer ces choses-là correctement (les choses qui comptent). C’est quand même pas sorcier, merde… ! Pourquoi j’y arrive pas ?!

Inspirant profondément, rattrapant le stylo. Fixant d’un regard noir le petit bout de papier, pour tenter une dernière fois.  


« Désolé »



Mais juste ça…
Juste ça !!!
Ça me…


Un juron plus tard, je balaie du bras stylo et bloc-note, les envoyant valser dans un coin de la pièce. Le post-it est chiffonné, lui aussi, balancé violemment sur la poubelle, sans un regard pour remarquer qu’il a rebondi contre, sans jamais tomber dedans.

À grandes enjambées.
Quittant les lieux.

Une idée fixe, toujours plantée dans ma tête…
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Pour être honnête… tu t’attendais à la tempête.

Que tes mots soient comme une allumette. Peut-être était-ce ce que tu voulais ? Pour le faire réagir ? Tu ne sais pas vraiment. Mais… dans tous les cas, il n’en est rien. Y a rien, tout simplement rien. Juste le silence. Le vrai. Le lourd. Le pesant. Il s’invite, s’assoit entre vous et prend possession des lieux, comme s’il était chez lui. Et quand bien même il ait suivi ton conseil, quand bien même il ait laissé Morphée l’accueillir entre ses bras… Ça n’a rien d’un silence « normal ». Parce qu’en fait, la tempête, elle est déjà passé. Elle a déjà balayé bien des terres. Et maintenant, il fait froid. Terriblement froid. Tant qu’inconsciemment, tu te recroquevilles un peu tout en poursuivant la lecture de ton bouquin.

Tu sais, Hanz, j’aime vraiment pas ce genre d’ambiance…

Pourtant, c’est bien là que vous en êtes.

La mine guère réjouit, la tête rentrée entre les épaules, tu tentes de focaliser toute ton attention sur ton livre. Tu essaies, pour quelques minutes au moins, de ne pas penser à tout ça. Seulement, tu ne peux pas t’empêcher d’écouter le son lent de sa respiration. Comme tes pupilles dérivent quand, du coin de l’oeil, tu captes un mouvement - aussi petit soit-il. Pinçant les lèvres, tu soupires silencieusement.

J’comprends pas pourquoi y a cette pointe logée dans mon coeur. Pourquoi ça fait mal. J’veux dire, j’ai encaissé pire. J’ai connu pire. Alors, tout ça, ça devrait pas m’atteindre comme ça…

Au bout d’un moment, la sonnerie.

Hanz se réveille doucement et toi, tu te lèves pour aller chercher le tout. Sans oser lui adresser un regard cette fois-ci, tu quittes le canapé et tu traverses la pièce à grandes enjambées, revenant finalement et partageant le tout. Tête baissée, tu souffles malgré tout un « [color:86ce=DAB457]Bon appétit… » après avoir retrouvé ta place initiale. Puis, encore, le silence. Pas un mot. Juste le bruit de tes baguettes qui parvient à tes oreilles. Tu manges. Mais l’atmosphère te tord le ventre. Ton cerveau carbure à mille à l’heure, essaie désespérément de trouver quelques chose à dire… avant de se rappeler que ce n’est pas une bonne idée. Qu’il ne doit pas avoir envie de te parler, lui. Vous ne faites qu’exécuter les ordres de la machine. Le reste… on s’en fous. Parce que y a pas de « reste ». Y a rien.

Tu n’as que très rarement était aussi peu à l’aise en compagnie de quelqu’un.
C’est dire si tu te reconnais, présentement.
C’est sûrement pour ça, que tu t’empresses d’engloutir ton gyūdon.  

Le coeur qui bat vite sans aucune raison, tu poses tes baguettes et tu t’essuies la bouche prestement, dans l’idée de débarrasser - de t’enfuir. Tu t’apprêtais même à te relever mais du coin de l’oeil, tu le vois bouger. Se rapprocher. Paralysé que tu es quand il s’assoit à côté de toi, que sa main effleure le dos de la tienne. Ton rythme cardiaque accélère et, les lèvres légèrement entrouvertes quand ses empruntes trouvent ta joue, tu cesses alors inconsciemment de respirer. Dans l’expectative de ce qui se trame ; car tu sais. Les yeux écarquillés, plongés dans les siens, tu déglutis. Et ça t’énerve, de ne pas réussir à contrôle ce rouge qui te monte aux joues. Tu n’y peux rien ! Puis, pourquoi tu me gueules dessus et tu m’envoies chier pour être aussi doux après ?! Vraiment, vraiment, vraiment … !

Collision de vos lèvres.

Fugace.

Aussi rapide que lui s’en va l’instant d’après.

Les rôles ayant été échangé.
Car cette fois, c’est lui qui te plante, là.

Comme un con, les mains dans l’air, tes pupilles l’avisant monter et ce putain de rouge aux joues dont t’arrives pas à te défaire. Tant, que la seconde où tu remets pieds sur terre, tes paumes s’en vont sauvagement frotter ton visage. Y a rien, rien qui fait. Et dans cet espace si grand, t’as soudainement la sensation d’étouffer.

Ni une ni deux, tu te lèves. Tu ranges tes affaires, tu notes en vitesse ton planning sur le moniteur, sans même prendre le temps de vérifier l’exactitude de ce que tu indiques. Puis, tu t’empares de ton sac que tu as préparé tout à l’heure, enfiles tes chaussures avant de partir.

Quitter cet appartement qui ne te ressemble pas.
Quitter cet immeuble qui est tout sauf accueillant pour toi.
Cet endroit, qui ne veut pas de moi.

{…}


Mains dans les poches, le nez dans le bitume, tu traines des pieds. Ta démarche est forcée, trahissant ce sentiment qui transpire de tes pores : tu n’as pas envie de rentrer. Tu n’as pas envie de retourner là-bas. Ouais, tu crèves d’envie de faire volte-face et juste… retrouver ton petit chez toi. Ton cocon.

Allons-bon, Chae ! T’es jamais défaitiste d’ordinaire ! Ressaisis-toi !

Tu inspires. Pour combler les silences et la solitude, tu es passé chez toi, avant d’aller au travail, récupérer ta guitare principalement. Ça fait quoi, une éternité que t’as pas composé, pas vrai ? Seulement là… t’auras tout le loisir de le faire. Et tu as l’envie aussi. Le besoin, d’extérioriser. Si c’est déjà le cas en temps normal, tu sens que ça te seras encore plus nécéssaire, à l’avenir. Alors… Tu te la mets, cette claque mentale, et tu rentres dans le building. Tu presses le bouton de l’ascenseur, tu l’attends sagement et tu rentres dedans quand les portes s’ouvrent. Doigts entremêlés devant toi, tes pupilles se tournent vers le plafond. Et, à mesure que tu grimpes les étages, une petite boule d’angoisse se loge dans ton ventre. Dans quel état je vais te retrouver, cette fois-ci, hein ? Ou peut-être que tu ne le trouveras tout simplement pas. Pour la simple et bonne raison qu’il s’est peut-être enfermé dans un coin, pour ne pas te voir. Peut-être même… qu’il n’est tout simplement pas là, aussi ? Difficile de deviner car, après tout, tu ne le connais pas.

Ding.

Tu rentres.
Personne.

La pièce vide de toute âme, un petit soupir de soulagement que tu ne contrôles pas vraiment s’échappe de tes narines. Tu ôtes tes chaussures et tu t’avances, posant contre le plat de travail ton sac et ton instrument. Ton ventre n’ayant de cesse de crier famine, tu décides alors de te commander quelque chose. À cette heure-ci, tu as clairement la flemme de te faire à manger. Aussi, une fois chose faite, tu montes à l’étage - avec, toujours, cette petite appréhension -, histoire de prendre une bonne douche.

Mais, encore, personne.

Allant chercher un short et un tee-shirt dans ta valise - que tu n’as pas encore vidée -, ton regard est attiré par un papier froissé à tes pieds. Soupirant, tu te baisses, tu le ramasses et tu le jettes, simplement.

La douche, ensuite, te fait un bien fou.

Tu finis juste à temps, la sonnette retentissant alors que ton pied atterrit sur la première marche. Tu récupères tes ramens, t’installes sur le plan de travail, engloutissant ton repas tout en trainant sur YouTube. Après quoi, tu as débarrassé le tout. Tu as pris ta guitare et tu es descendu d’un étage. T’assurant qu’il ne trainait pas ici lui aussi, tu t’es calé dans un coin de la salle de sport.

Et tu as joué.

Longtemps - combien de temps exactement, difficile à dire. Mais tu es resté là deux voire trois heures au moins. D’abord des morceaux que tu connaissais, pour te dérouiller. Puis, tu as laissé tes doigts gratter les cordes comme bon leur semblait, chantonnant par-dessus les mélodies. Sifflotant un air qui t’es venu - enrobé de ces sentiments étranges que tu ressens, ici - avec lui. Et si au début tu angoissais à l’idée qu’il puisse arriver à n’importe quel moment, cette idée s’en est bien vite allée. Il ne viendra pas. Il ne viendra pas, même s’il était là, parce que je ne l’intéresse pas et il en a strictement rien à faire de moi. Parce que j’suis un poids pour lui.

La fatigue t’a trouvé, finalement.

Engourdi de partout, tu t’es relevé, grimaçant. Tu as grimpé tous les escaliers qui mènent à votre chambre. Rangeant ta précieuse dans sa housse, tu la cales contre la petite table d’appoint. Là, tes yeux bifurquent, sur cette tâche noire qui jonche le sol un peu plus loin - cette ombre que tu n’avais guère devinée précédemment. Ourlant un sourcil, curieux que tu es, tu t’en approches pour en découvrir un carnet malmené accompagné de son fidèle ami le stylo. Balayé comme si une tempête était passée. Pinçant les lèvres, tu t’empares du tout, le coeur battant à tout rompre sans vraiment en comprendre la raison. Peut-être car c’est typiquement le genre d’objets que tu aimes avoir avec toi, pour laisser des petits mots partout ? Avec un bloc de post-it c’est encore pire - car te voilà devenu comme un enfant à gribouiller sans cesse.

Qui sait, ça serait peut-être un moyen plus facile de t’approcher… ?
Je veux dire, d’engager une conversation… « amicale » avec toi ?


Tu secoues la tête.

J’ai pas vraiment envie de penser à tout ça maintenant…
Je veux juste… dormir. Oui, dormir c’est mieux.


Alors, tu te glisses sous les draps. Bien au bord du lit - pour te faire le plus petit possible.
Fermant les yeux.  
Et, étonnement, tu t’es vite endormi.

{…}

Réveillé, tu as doucement ouvert les paupières. Si peu étonné que tu es de ne pas trouver le jour mais de côtoyer encore la nuit, ton palpitant loupe un battement quand tu te rends compte que tu as bougé. Que tes pupilles grandes ouvertes peuvent aviser la silhouette de Hanz qui a enfin daigner pointer le bout de son nez. Tu comprends d’ailleurs que c’est parce qu’il vient de se coucher que tu es maintenant éveillé. Sommeil léger, le simple froissement des draps, le poids de son corps contre le matelas t’ont fait quitter le monde des songes.

Et dans la pénombre, le coeur qui s’amuse à sprinter, il y a des questions qui te brûlent les lèvres. Des mots qui ne demandent qu’à être entendus.

Des

T’étais où ? Tu faisais quoi ? Est-ce que tu vas mieux ?
J’veux dire, quelle idée de sortir alors que tu n’étais pas bien ?
Parce que, t’étais dehors ? Ou alors, dans une autre pièce parmi les centaines qu’il y a ici ?

Est-ce qu’on va continuer longtemps comme ça ? Est-ce que tu penses pas qu’on pourrait mettre de l’eau dans notre vin et faire des efforts tous les deux, pour se faciliter la vie ?

… Est-ce que tu aimes quelqu’un d’autre ? Est-ce que ce mariage vient de bousiller l’une de tes relations ?

Est-ce que tu me détestes… ?
Est-ce que tu regrettes, c’qui s’est passé entre nous ?
Est-ce que c’était vraiment rien… ? Tu le pensais quand tu as dis ça… ?
Est-ce que… je suis vraiment rien à tes yeux… ?


Tes dents se plantent allègrement dans la chair de ta lèvre inférieure.

Mais à quoi je pense moi…

Prestement, tu te retournes, pour être dos à lui. Pour ne plus percevoir son ombre et son parfum.

Triturant tes lèvres de ton pouce et ton index. Quelques secondes.
Avant que tu ne murmures finalement :

Bonne nuit.

Et alors quoi, c’est ça ? On va juste se dire « bonjour », « au revoir » et « bonne nuit » ?! Ça va être ça, vraiment ?! … J’peux pas moi.

Repose-toi bien.

Et… c’est tout. C’est déjà bien. Pourtant, dans ce chuchotement, il y a l’envie, d’échanger avec lui, mais le vide surtout. Un vide dû à la fatigue. À ce sentiment d’impuissance ; de ne guère savoir sur quel pied danser.

C’est pas grave. C’est pas grave, ça ne fait que deux jours après tout.
C’est pas grave, c’est pas grave.


Tes paupières se ferment ; te recroquevillant un peu plus encore.

Demain. Demain ça sera un autre jour.  
Chae-Rok Asuka
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Blouson de cuir passé au-dessus des épaules, j’emprunte l’ascenseur, enfonçant sans douceur le bouton menant au parking. Les gestes sont nerveux. Dans ma tête, tout se bouscule. La seule chose qui transparaît, c’est ce besoin presque maladif que j’ai de faire que tout cela cesse. Que ce nœud qui coulisse autour de ma gorge le fasse une bonne fois pour toute. Pour cela, faire quelque chose. Voir. Tenter le sort. Quitte à remuer le passé pour donner à mon cerveau ces foutues balles qui viendront me flinguer.

Quand je pénètre le parking souterrain, les lumières trop vives m’éclatent à la gueule, m’aveuglant une seconde. Je jure...

Qu’est-ce que j'suis en train de foutre ?!

Comme un possédé, la frustration d’un désespéré sur le point de rupture. Mon cœur bat bruyamment quand je l’aperçois, plus loin. La fameuse Honda. Belle et fatale sous ses allures féline.

Qu’est-ce que tu fous, Hanz ?

Rien. Rien du tout.

Comme si la conscience savait ce qui se trame sans pouvoir l’empêcher. Besoin d’adrénaline, pour chasser ce qui hante.

Mes doigts effleurent doucement le sticker collé sur le réservoir, cadeau de Naa, qui l’aura foutu là, après avoir découvert les raisons de mon silence prolongé. « Dont fuckin’ die », que ça dit. Et mes lèvres se tordent aussi bien que mon bide, face à ces lettres qui me feraient presque culpabiliser, pour l’inquiétude que j’ai pu lui inspirer.

Mais voilà, j'en ai rien à foutre. À nouveau, ça cogne. Alors, je serre les dents. Refoule, puis balaie toutes mes dernières hésitations, enfourchant la bête ; la faisant vrombir sous mes cuisses solides.

Ahh. L’Incontestable et son putain de sens de l’humour…
Qui parmi toutes mes résidences, aura choisi celle où je gare déjà la plupart de mes véhicules.

On va voir, si le schéma se répète.

Ce sera peut-être pas ce soir.

Mais qui sait ?

Mes démons pourront peut-être pas tenir le rythme de la chevauchée.


[ . . . ]



Il est pratiquement trois heure du mat’ quand je rentre au bercail. Complètement vanné. L’esprit comme anesthésié. Ma silhouette sombre se détachant à peine des ombres et du mobilier. Tout est calme, ici. Tout semble figé. Dans ma tête, pourtant, je ressens comme une forme de résignation. Je sais pas quoi penser du fait d'être là, en un seul morceau. Si c’est bien. Si c’est mal. Si ce n’est que partie remise. Finalement trop fatigué par tout ça – par mes conneries. Ce corps que je tend déjà à pousser à bout.

Au moins... C’était cathartique.

Je retire mes pompes comme un fantôme. Vais me servir un verre d’eau que je vide d’une traite avant d’en prendre un second, lui réservant le même sort. Un soupir, quand j’constate que, même si t’es la dernière personne à qui j’ai envie de penser. T’es pourtant déjà en train de tout envahir, là-haut. Ça me bute, putain. Comme si t’étais le phare de ma nuit, la lumière vers laquelle je devais fatalement me diriger, que je le veuille ou non, pour pas m’écraser sur… quoi ? les récifs de la vie ? Pfff. Admire-moi, l'faire quand même.

En remontant l’escalier pour rejoindre la chambre, j’ai comme une sensation de déjà-vu. Je me revois, la veille, brièvement scruter tes formes sous les draps, avant d’oublier tout le reste. Mais là… à cet instant précis … ? Je sais pas quoi ressentir. C'est un néant effrayant, quand mes yeux se posent sur toi. C’est un mélange de trop de choses. C’est un fouillis monstre, altéré par l’épuisement et mes sentiments de défaite.

Alors déglutissant, je pince les lèvres, esquissant une moue blasée, forçant mes yeux à se détacher de ton visage trop pâle. J’pousse un nouveau soupir, me détournant pour rejoindre le dressing afin d’y piocher un jogging propre et un débardeur noir – le genre un peu lousse, en coton doux, qui colle pas trop à la peau, tombant sous les clavicules.

Ensuite... direction la douche… À pas de loups, pour pas perturber le sommeil de la belle au bois dormant, je me glisse au cœur de la cage de verre.

J’aurai pu squatter une autre salle de bain, mais… où est l’intérêt… ?

On peut voir ça comme une énième provocation de ma part. Ou comme le mec qui en a rien à cirer, d'être surpris nu. Cette idée de me doucher là, tout en ayant la conscience de ta présence à mes côtés… Avec ces LED, qui lèchent la peau, altérant ses teintes naturelles pour les parer d’un rouge décadent.

En fait, t’aurai juste à relever la tête pour surprendre ce qui se trame. Ces fringues dont je me déleste, après m’être brossé les dents. J’essaie pourtant de faire le moindre bruit possible. Même le doux clapotis de l’eau semble se faire discret quand il se met à tomber en cascade sur ma peau.

Et l’eau tiède calmera ce qu’il reste à calmer…
Le savon lavera cette journée de mon corps, tout en adoucissant mes nerfs.

Que reste-t-il à faire d’autre, après ça, que de rejoindre le lit ?

Glissé sous les draps, t’ignorant volontairement, te tournant le dos.

Je m’attendais pas vraiment à ce que t’ouvre la bouche, pour me parler. Et pourtant, c’est ce qu'il se passe. Là, dans ce silence religieux, un "bonne nuit", lancé comme un hameçon contre lequel je ne veux pas mordre.

Et pourtant…

Les yeux grands ouvert, tourné vers la nuit. À dessein, je laisse planer un silence, comptant le nombre de mes respirations.

J’ai pas envie de discuter.

Alors pourquoi mes lèvres forment-elles d’elles-même une question ?

Les mots tombent entre nous, doucement, porté par ma voix grave, un peu morne:

— C’est qui la dernière personne à avoir partagé ton lit... ?

À qui t’as ouvert les bras, après moi ?

Est-ce qu’il y a quelqu’un ?
Est-ce qu’il y a quoi que ce soit ?
Est-ce que…


Merde. Je crois que je regrette, déjà, d’avoir ouvert la bouche. Mes mâchoires claquent, et je ferme ma gueule, sentant bouillir ce truc implacable dans le creux de mon bide, face à cette idée qu'il y a forcément quelqu'un. Comme si mon moi possessif avait seulement le droit de protester ! Putain.

Un moment, à garder le silence. Un moment troublé. À tendre l’oreille plus que je ne veux bien l’admettre, puis méditant sur ta réponse, si celle-ci vient m’apporter de quoi. Et sinon, tant pis… Ouais, tant pis - pour l’heure. Peut-être que ça n'aurait servi qu’à me frustrer davantage. Mais pour ma part, je ne te retournerai pas d’aveu si la question vient à son tour border tes lèvres.

Je voulais juste savoir… Savoir, pour me persuader que tout finira bien par se rompre, tôt ou tard, tel que je l’imagine. Savoir pour me dire que j’ai raison d’agir comme je le fais. Qu’au final, t’es juste un autre Chihiro, de passage dans ma vie cabossée.

Un blanc emplit la pièce. Silence seulement contrarié par le bruit discret de nos respirations. Ça me dégoûte, parce que j'peux pas m'empêcher de me demander à quoi tu penses. J’essaie de tourner mon esprit vers autre chose. Vers ce que j’ai fais, ce soir… Ou la façon dont j’ai réagis plus tôt ou même hier… comme si j’étais à vif et incapable de me maîtriser…

Qui est-ce que je blesse, en étant comme ça ?

Toi ou moi ?


Ça va pas. Ce truc qui flotte, entre nous. Ce parfum d’autrefois qui me ramène encore à cette fameuse nuit d’Été. Pourquoi maintenant ?? Ça s’infiltre insidieusement, passant à travers les brèches des murs que je m’efforce d’ériger. Ces murs, que j’aimerais voir s’élever, entre nous, juste ici, au milieu de ces draps. Pour m’éviter d’avoir à sentir ton corps ou même ta proximité. Ces deux choses auxquelles il me semble être toujours sensible, même deux ans plus tard.

Arrête d’y penser, imbécile.
C’est juste un putain de corps.


Conscience comme une claque. Finalement, un soupir. Des mots lâchés d’une voix trop plate :

— Dors, il est tard.

Il est tard et,
Je n’ai rien d'autre à te dire.


Hanz Asuka
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Tu n’attends pas de réponse.
Et tu n’as pas parlé pour en recevoir une.

Tu n’attends rien, non.

Maintenant au moins, tu es en accord avec toi-même, c’est tout.

Alors, tu fermes les yeux. Silencieusement, tu reprends le contrôle de ta respiration, intimant à ton coeur de se calmer. Qu’il n’a pas de raison de s’emballer ainsi pour quatre mots prononcés. Qu’il doit cesser de se poser toutes ces questions aussi. Qu’il est temps de dormir. De te concentrer sur son sommeil. Pas sur lui. À quoi bon, de toute façon ? Pour l’instant, tu n’as pas envie de lutter. La journée a été éprouvante. Entre votre matinée qui a mal commencé et les milliers d’interrogations de tes collègues face à ta mine pâle, tu as assez donné. Puis, la fatigue mentale aussi, liée à ton travail. Cocktail débordant de toutes ces gouttes de trop. Alors, tu te fais ta petite séance de méditation dans ta tête. Pour fuir encore ; ça te ressemble si peu…

Respire… Un, deux, trois… Détends-toi. Voilà, comme ça.

C’est qui la dernière personne à avoir partagé ton lit... ?

Que… ?

Tes pupilles retrouvent la pénombre.

Hein… ? Murmures-tu doucement ; presque inaudiblement.

Cette question tout droit sortie de nul part te prend de court. Et, dans un élan de panique, tu réponds instantanément, sur la défensive :

Ça te regarde pas.

Ça te regarde pas, non, parce que…

Parce qu’après lui, il n’y a plus eu personne. Après cette nuit, tu t’es refermé comme une huître. Tu n’as plus laissé à quiconque l’occasion de connaitre ton corps. D’embrasser tes lèvres. Car, longtemps il t’a suivi, ce sentiment de honte. Collé à ta peau, revenant toujours plus fort quand tes pensées osaient revenir vers lui. Cette gêne incommensurable qui s’est logée en toi après qu’il ait quitté ton appartement. La terrible constatation d’avoir été un idiot. Perturbé en revoyant ses réactions, troublé en revivant les tiennes. Et ça voulait dire quoi, tout ça, hein ? Tu t’es demandé, longtemps. T’as essayé d’oublier, pourtant. Ça te revient comme une claque, maintenant.

La respiration qui accélère doucement, tu te recroquevilles un peu plus sur toi-même. Plutôt que de parler de nos journées respectives, par exemple, toi, c’est la seule question que tu trouves à me poser ?! C’est quoi ton problème sérieux… T’aimerais fermer les paupières et t’endormir de nouveau, sur le champ. Mais tu sais parfaitement que tu ne peux plus, là. Impossible de retrouver un semblant de sommeil. Tu as l’esprit trop retourné pour ça. Chose que tu ne fais que rarement, tu commences à te ronger les ongles. Écrasé par cette horrible atmosphère qui plane au-dessus de vous.

Puis, pourquoi tu veux savoir ça ? Hein ? C’est pas tes affaires ! C’est pas tes affaires et…

Et toi, tu n’as clairement pas envie de lui retourner la question. Tu aurais bien trop peur de la réponse. Ou plutôt, c’est déjà le cas. Parce que c’était rien pour toi. Juste une partie de jambes en l’air. T’as pris ce que tu voulais. T’es parti et je le sais, que t’as sûrement été voir ailleurs entre temps. Tu le sens, pas besoin de te prendre la confirmation en pleine poire.

Je regrette, encore. De ne pas avoir su dire non ; d’avoir laissé les pulsions maitres de mes actes. D’avoir laissé ce désir puissant que t’as fait naitre chez moi s’emparer du semblant de contrôle que j’avais. Parce que jamais j’aurais dû faire ça avec toi. Jamais j’aurais dû faire ça avec quelqu’un qui n’apporte pas autant d’importance que moi, j’y apporte…

Vous seriez où, aujourd’hui, si cette soirée n’avait jamais existé ? Si vous ne vous étiez pas revu, si vous ne vous étiez pas rencontrés ?

J’veux même pas savoir…

Pourquoi fallait que ça soit toi…




Dors, il est tard, qu’il dit.



Parle pour toi. Lances-tu, fatigué de lutter avec tes pensées.

Et, sans vraiment réfléchir, tu te lèves. Le coeur qui cogne, tu as besoin de t’éloigner, de lui. D’aller boire un verre d’eau tiens, par exemple. Juste cinq minutes, c’est assez. Quitter la pièce dans laquelle il te semble étouffer présentement. Alors, sans lui jeter un regard, tu te faufiles jusqu’aux escaliers ; habitué que tu es à te déplacer dans la pénombre. Une fois arrivé à l’étage du dessous, tu inspires un grand coup avant de jeter un coup d’oeil à tes mains légèrement tremblantes. T’empressant de te remplir un verre d’eau pour calmer l’agitation de tes mimines, tu te tournes ceci fait, te laissant glisser contre le meuble. Tu bois, quelques gorgées, avant de fixer la substance aqueuse. Longtemps. L’esprit à la fois vide et plein à craquer de toutes ces interrogations.

{…}

— 11h40

Écouteurs dans les oreilles, serviette posée sur l’épaule droite, le souffle court, tu remontes du dernier étage du penthouse. La sueur qui perle sur le front, te voilà bien satisfait de ta petite séance de sport. Satisfait aussi que tu es de ne pas y avoir été avec lui. Petit plan machiavélique monté ce matin, alors que tu déjeunais. Le temps passant et lui ne se réveillant pas, tu as décidé que tu ne l’attendrais pas. Parce que tu ne vas pas passer ta vie à ne faire que ça. Aussi, après avoir englouti ce qui te restait sous le nez, tu es remonté t’armer d’un short vert d’eau ainsi que d’un débardeur blanc. Au passage, tu as pris ta gourde, une serviette, ton téléphone et tes écouteurs et tu es descendu discrètement à la salle de sport. Au début, tu t’es demandé si tu avais vraiment le droit d’être seul ici… arrivant finalement à la conclusion que tu ne faisais rien de mal et que donc oui, tu avais le droit d’être là.

De toute façon, tu préfères me voir ailleurs que dans la même pièce que toi visiblement donc…

Puis, plus tu t’exerçais, plus ton esprit désormais à même de fonctionner s’est dit que c’était peut-être pas si mal, que tu sois venu ici sans lui. Que tu fasses cette activité sans lui. Ça vous obligera à faire autre chose. Parce que clairement, le rythme « bonjour », « on s’engeule », « on mange dans le silence », « on s’embrasse froidement », « au revoir », « bonne nuit », ça va pas l’faire longtemps. J’aime pas du tout.

Arrivant dans la pièce de vie principale, tes pupilles quittent l’écran de ton téléphone pour tomber sur Hanz. Tu ourles un sourcil d’abord, avant d’ôter tes écouteurs pour les faire passer sur ta nuque. T’approchant, t’asseyant nonchalamment sur la première chaise qui te fait face, tu lâches alors un :

Salut.

Neutre. Ni énervé, ni enjoué.

Les pupilles indéchiffrables, tu le fixes quelques secondes avant de poser ton téléphone sur le plan de travail. Déverrouillant l’écran, tu fais mine de t’intéresser à ton cellulaire plutôt qu’à lui.

Désolé, on pourra pas user de la carte du sport pour l’activité. J’ai déjà fais ma séance, vu que tu ne te levais pas.

Petite pique envoyée pour la forme.

Vu que tu n’veux certainement pas te montrer en public avec moi, j’imagine qu’il faut qu’on reste ici pour ça.

Simple constatation, toujours avec neutralité.

Alors, qu’est-ce que tu fais en général, quand t’es chez toi ? Le questionnes-tu tout en relevant le nez, le désignant d’un coup de menton.  

Chae-Rok Asuka
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