Just Married
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Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Une petite chèvre. BHÊÊÊ. ♫
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Épreuve 6 ;;
Entorse au règlement
Afin qu'il trouve la rédemption suite à ses crimes, Eurysthée, roi de Tyranthe, a donné douze travaux à faire à son cousin Hercule. Celui-ci les a acceptés sans broncher. Néanmoins, c'était sans compter sa maladresse légendaire. En effet, le voilà qui s'est fait une méchante entorse au poignet et ne peut donc plus faire ce qu'on attend de lui. Heureusement, vous êtes là et votre bon coeur vous pousse à lui venir en aide. Quel bon samaritain vous faites !

Contrainte

Nous ne sommes pas sadiques et nous ne vous demanderons pas de faire les 12 travaux d'Hercule. Ce serait trop éreintant. Alors les Moires en ont choisi un pour vous. Respectez leur choix si vous ne souhaitez pas baigner dans les eaux du Styx.

Ramener des Enfers Cerbère, le chien à trois têtes

Rappel des règles

✗ L'épreuve se termine au bout de 24 heures, soit ce soir, le 29 mai, à 23h59.
✗ Les réponses sont limitées à 1500 mots maximum.


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L'Incontesté
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Cire
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Cire

Interforum XIV


Epreuve 6: Entorse au réglement
feat. Cerbère



Qui est Cire ?:

Il l’a toujours dit. Ton père. Que ta bonté et ta candeur te perdrait. Que ton insouciance causerait ta perte. Qu’un jour, par mégarde, tu t’éteindrais. Qui d’autre que toi proposerais ses frêles épaules à un inconnu croisé dans la rue ? Et l’aider à porter le poids lourd d’une rédemption ? Pour un poignet foulé, te voilà seule à être chargée. Pour une rencontre éphémère, te voilà prise au piège, à la recherche de Cerbère.
Elles te l’ont dit. Les Trois Sœurs. Que tu entamerais une véritable descente aux Enfers. Que tu te retrouverais loin de la lumière et des alizés qui te sont si chères. Qui d’autre que toi s’enfoncerais, dans les Limbes, portant comme seule arme son sourire à ses lèvres ? Et là où tout autre se serait équipé d’un GPS, tu ne penses même pas à une carte, une boussole ou même un fil d’Ariane … Pour faute de préparation, te voilà seule et démunie face à l’inconnu.

Te refusant à l’affliction pour ne pas ternir cette image de bougie porteuse d’espoir, tu redresses les épaules et prudente, tu avances, écartant de la main un voile flottant et un réveil aux immobiles engrenages. Les Limbes. Un espace hors du temps où les débris d’un monde ancien semblent avoir arrêté leur course avant de toucher le sol. Figés pour l’éternité. La poussière en suspension te fait tousser. Un petit homme t’accable, t’accuse de lui avoir postillonné dessus, depuis son tableau au cadre richement décoré. Fait qui t’étonne et te fait hausser les sourcils. Depuis quand les chasseurs de trésors laissent-ils un aussi joli tableau ? Curieuse, tu t’approches. Polie, tu t’excuses. Après des heures, des jours peut-être, passés à monter et descendre des marches jusqu’à ne plus savoir si tu as les pieds en haut ou en bas, la campagne peinte à soudain bien plus d’attrait pour toi que l’idée d’apporter chaleur et réconfort à un héros blessé. Tu entendrais presque le chant des oiseaux, le chuchotis d’un ruisseau. Tu sentirais presque les rayons matinaux te caresser la peau, l’odeur de ces roses qui s’éveillent et déjà s’émerveillent de leur propre beauté. Tu aimerais les complimenter, même si le risque est grand qu’elles puissent te piquer…

« Attention ! »

Sursautant d’abord au cri, tu vacilles en sentant une masse te heurter et des sangles enserrer ta taille. Trouvant un précaire équilibre, tu baisses les yeux sur l’enfant qui t’étreint. Il est sale, gris de poussière, mais tu t’attendris instantanément devant son minois innocent. Lentement, doucement, il desserre ses petits bras maigres et te relâche avant de passer le dos de sa main sous son nez en reniflant.

« Mon papa, il est parti comme ça… C’est dangereux ici. »

Ici-bas, qu’est-ce qui ne l’est pas ? Tu voudrais le rassurer, le remercier aussi. Mais tu as à peine le temps de t’accroupir à sa hauteur, qu’il disparaît. Si tes vêtements ne portaient pas les marques charbons de ses petites mains, tu penserais à un rêve, une illusion. T’éloignant des tableaux que tu associes à l’au-delà, pour une fois que tu écoutes quelqu’un, tu poursuis ta route à la recherche d’une entrée pour les Caves. Cet endroit que l’on dit plus noir que la nuit elle-même, mère et berceau des créatures les plus effrayantes du monde. Si ce n’est ici, où donc trouverait-on Cerbère que l’on dit si violent ?

Pour toi qui ne craint ni les monstres, ni les gens, pour toi, qui te persuades que ta lumière toucherait les cœurs les plus gelés, tu peines à te réchauffer et te fait proie de tes plus grandes angoisses. Transie de froid, agenouillée sur un sol glacé, privée de ta vue dans le noir, tu ne peux te fier qu’à ton ouïe. Elle, qui te rapporte les échos inquiétants des souterrains, le son de l’eau qui s'égoutte du plafond, le souffle d’une respiration saccadée, la tienne, les battements précipités d’un coeur apeuré, le tien, le bruit de deux pierres qu’on entrechoque timidement… Quelle idée d’avoir laissé échapper tes allumettes. Ton odorat, tu préférerais l’oublier. Quitte à choisir, tu aurais préféré garder la vue et te passer des relents de pourritures, de moisissures. Et quitte à choisir… Ne serait-il pas préférable de se figer et d'attendre, dans une douce quiétude qu’un bon samaritain te ramène à la surface ? À bien y réfléchir, Hercule n’a-t-il simplement pas fuit cette épreuve de courage ? Lâchant tes pierres, tu ramènes tes jambes contre toi, les serres entre tes bras pour préserver ta chaleur. Tu soupires, tu t’abandonnes à un court sommeil quand un brusque éclat te fait ouvrir les yeux. Face à toi, elles sont vives et chaudement colorées, elles agitent lascivement leurs volutes et semblent vouloir t’inviter. Les flammes tant espérées. Tes paupières papillonnent un bref instant, le temps de t’habituer à cette douce clarté. Observant le conduit, il te paraît bien moins sinistre que dans ton imaginaire. Plus loin, une ombre -un homme ?- T’observe avec méfiance, mais sans animosité.

« Un comble pour une bougie de ne pas pouvoir s’éclairer. » Marmonne-t-il à ton attention.

Comprenant d'où vient le feu, tu passes outre sa réflexion et inclines ta tête vers lui, sincèrement reconnaissante. Tu l’invites à prendre place à tes côtés, mais l’ombre préfère s'éloigner. Le poids de la solitude pèse alors plus lourd sur ton cœur que l’importance de ta quête.

Prenant garde à ne pas te brûler, tu emportes ton feu, décidée à abandonner tes recherches et retrouver la surface, terrifiante elle aussi à sa manière, mais plus vivable selon toi. Avant de quitter les Caves, tu laisses, là où tu étais assise, la couverture et quelques vivres que tu as emporté, jugeant que ton mystérieux faiseur de feu en aurait bien plus besoin que toi.

De retour dans les limbes, si tu t’agaces de ne pouvoir retrouver ton chemin, il t’est rassurant d’avoir de nouveau tous tes sens. Sens qui s’alarment quand tu te sens suivi. Sens qui te poussent à accélérer la cadence, à courir et t’essouffler, brûler tes petits poumons et les maigres muscles qui te constituent. Perdue et à bout de souffle, tu menaces de t’effondrer, laisser couler des larmes que tu retiens depuis trop longtemps, quant au loin une silhouette recroquevillée te fait signe de la suivre. Portant sur son dos la couverture dont tu t'es déchargée, ton cœur s’emballe à l’idée qu’il s’agisse de ton sauveur d’en-bas. Riant et pleurant tout à la fois, tu laisses le vieillard te guider jusqu’au-dehors où tu retrouves les rayons du soleil dans un bonheur évident.

« Pourquoi t’es entrée si tu préfères être là ? » Demande soudainement une petite voix fluette dans ton dos.

De la part d’une personne âgée, tu te serais attendu à un timbre plus chevrotant. Qu'elle n’est pas ta surprise en constatant que celui qui porte ton présent n’est autre que le petit garçon au visage maculé de suif.

« C’était toi ? » Souffles-tu, abasourdie. « Je cherchais… Quelqu’un… »

« Qui ? » Enchaîne l’enfant.

« Cerbère. »

« Pourquoi ? »


Surprise par l'interrogatoire, tu t’agenouilles face à lui, plonge ton regard azuré dans celui sans âge de… La créature. Tu décides alors de ne rien lui cacher de la quête du héros Hercule. Le garçon plisse le front, semble réfléchir un moment en caressant de ses mains sales le doux rectangle de tissu. Il se met alors à grandir, à grossir, à se couvrir d’un poil dur et noir. Sa mâchoire s’allonge et une rangée de dents pointues apparaît. À mesure qu’il se transforme, s’éloignent de toi la peur et la tourmente. Tu t’éveilles, douce lanterne, ton sourire semble plus lumineux que l’astre diurne. Et quand la bête sur ses quatre pattes te dépasse d’un bon mètre, entre ses épaules, deux nouvelles têtes lui apparaissent. Loin de le craindre, tu poses une main sur le museau qui s’abaisse à ta hauteur.

« Si c'est juste ça… Nous voulons bien t'accompagner. »

(c) Snow
Cire
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