Just Married
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Pearl & Black Hanz • Chae-Rok

— 16 Juin 2114


Quoi ?! T’es sérieux Chae ? Tu m’invites même pas ?!

Tu soupires. Tu comprends la déception de ton frère. Mais d’un autre côté, il faut qu’il entende que ce n’est pas évident pour toi non plus ! Tes doigts s’entremêlant, tu essaies de lui expliquer :

Écoute Il-sung, l’ordre indique « des amis ». Et toi, tu es mon frère. Je suis déjà pas à l’aise avec l’idée que les autres viennent alors n’en rajoute pas une couche s’il te plait ! Leur mentir a été assez compliqué comme ça.
Leur mentir ? Pourquoi ?
Le mariage ne doit pas être ébruité. J’ai trouvé une excuse pour les faire venir mais -…
Tu me fais pas confiance en fait, c’est ça ?

Son ton est froid. Pinçant les lèvres, tu fais preuve de ton self-control habituel pour ne pas envenimer la situation. Tes paumes de mains viennent masser ton visage quelques secondes. Ceci fait, elles retrouvent leur place initiale au-dessus de la table basse, tournées vers le ciel, comme pour mettre en lumière l’évidence.

Bien sûr que si je te fais confiance, il n’est pas question de ça ! Je sais que tu ne diras rien ! C’est juste que… je ne suis pas vraiment prêt pour tout ça. Je…  
C’est bon, j’ai compris. Si jamais ça ne se passe pas bien ou que tu as besoin de quelque chose, appelle-moi.

Fuyant ton regard, il se lève du canapé pour aller dans la cuisine — te tournant ainsi le dos. Une expression maussade déforme ton visage tandis que tu l’imites, soufflant par la même occasion un piètre « Merci… Je t’appellerai demain de toute façon. ». Sur ces mots, tu t’es emparé de ton costume — celui que tu sors à toutes les occasions — puis tu as quitté ton ancien appartement.

Je suis désolé, Il-sung. Mais vraiment, je ne me vois pas te faire venir là-bas…

[…]

Contre ton gré, tu es rentré plus vite qu’à l’accoutumée. En proie à l’appréhension, tu te devais de revenir au penthouse le plus tôt possible. Pour voir, déjà, s’il n’y avait pas des choses à préparer (outre le fait de devoir cacher le moniteur des yeux des conviés). Mais aussi — et surtout — pour te préparer toi. Si tu as bien précisé à tes amis de sortir leurs plus beaux habits, toi, tu ressens une certaine pression sur tes épaules. Quand bien même personne ne te connaitra, il y a une part de toi qui n’a pas envie de lui faire honte. Au-delà de ça, même : tu as envie d’être beau. De pouvoir fièrement bomber le torse face à lui et de lui faire regretter de t’avoir laissé comme un moins que rien il y a deux jours de ça. D’ailleurs, j’imagine qu’on ne devra surtout pas s’adresser la parole, toi et moi…

En tout cas, une fois arrivé au dernier étage de la tour, ça te fait tout drôle de voir toutes ces petites mains s’activer. Toi qui a toujours été du genre à tout préparer par toi-même, c’est étrange de ne devoir rien faire. Par correction, tu demandes quand même si tu peux éventuellement être utile et faire quelque chose, mais tous armés d’un sourire poli ont la même réponse : non. Tu n’es pas trop à l’aise avec l’idée de ne pas participer ; soit. Dans ce cas, tu t’en vas chercher un drap simple, noir, que tu vas installer soigneusement sur le moniteur. Tu fais bien attention et tu le fixes correctement ; histoire que le tissu ne prenne pas la poudre d’escampette en plein milieu de la soirée. Tu as envie d’éviter la catastrophe que cela entrainerait — et tu ne donnerais d’ailleurs pas cher de ta peau.

Ceci fait, tu grimpes à l’étage pour aller prendre ta douche. C’est presque si tu montes les marches deux par deux, précipitamment. Autant dire que la boite sur votre lit a tout de suite alpagué ton attention. Fronçant les sourcils, tu poses délicatement ton costume sur les draps, ta main droite allant s’emparer du mot qui trône telle la cerise sur le gâteau.

« Je pense que c’est ta taille. »

Me dit pas que… Inspirant, tu ouvres le tout pour découvrir non pas un mais deux costumes. Tes lèvres s’entrouvrant légèrement, tu restes pantois quelques secondes, tes doigts touchant délicatement le tissu — plus agréable que celui que tu as été chercher dans ton ancien chez toi — avant de relâcher le tout. Non mais je peux pas porter ça ! Ça doit coûter une fortune et… Et tu te dis que tu n’as pas vraiment le choix. Que ton ensemble ne rivalise certainement pas avec les deux-là. Tu dirais quoi, si je ne portais aucun des deux ? Tes phalanges se faufilent entre tes mèches. Je sais pas vraiment comment je dois le prendre… Si c’est « gentil » de ta part, ou si t’aurais juste honte que je sois sapé avec mes fringues d’homme aux revenus moyens. Ta mâchoire se contracte. Ce n'est pas vraiment le moment de penser à ça. La guerre, vous la ferez plus tard. Puis… il est vraiment sympa cet ensemble noir…

Je crois que j’ai envie de voir ta tête quand tu me verras habillé différemment de ce que tu as pu voir jusqu’alors.


[…]

Les pupilles rivées vers ton reflet dans le miroir, tu arranges une dernière fois tes cheveux. Tu sais que ce n’est pas l’heure, encore, mais il est évident qu’elle approche désormais à grand pas. Au moins, tu es désormais fin prêt. Enfin, tu crois ? T’inspectant une dernière fois, tu te dis qu’aussi beau soit cette veste et ces chaussures vernies, ça ne me ressemble pas vraiment… Dans le sens où tu es plutôt du genre à être habillé de sorte à être à l’aise. Les grandes réceptions, ça ne te connait pas. Hormis quand il y a des cérémonies chez les pompiers et encore ! Il est clair que le niveau ne sera pas le même que ce soir. Allez, c’est juste le temps d’une soirée. C’est pas si insurmontable que ça. Tu souris, comme tu le fais si souvent et puis dans le pire des cas, tu n’iras pas parler à tout ceux que tu ne connais pas. De toute façon, à quoi cela pourrait bien servir ? Tu n’es pas certain que vos sujets de conversations soient les mêmes. Non, je resterai avec mes amis, vu qu’ils seront certainement tout aussi paumés que moi…

Après un long moment, tu as fini par descendre. Tu t’es calé dans un coin du salon, debout, bras croisés, n’ayant de cesse d’aviser ta montre. La pointe du pied droit martelant silencieusement le sol, tu te demandais quand est-ce que tu vas arriver, peu sûr que tu étais de « comment gérer la situation ». Est-ce que je dois sortir d’ici et revenir un peu plus tard ? Est-ce que je dois tout simplement rester ? Est-ce que… L’esprit en proie à mille et une questions, tu relèves le nez quand tu détectes une silhouette qui s’approche de toi. Jeune femme, jolie, sûre d’elle quand elle arrive à ta hauteur. Un peu troublé qu’on vienne te trouver comme ça, d’un coup, tu hausses les sourcils quand elle t’interpelle.

C’est toi Chae-rok ?

Un sourire plus ou moins franc arque tes commissures tandis que tu hoches rapidement la tête ; sourire qui s’évapore quand elle continue.

Ou devrais-je dire Monsieur Asuka bis ?
Chae-rok sera suffisant, lances-tu tout en arrangeant inconsciemment ton costume tandis qu’elle s’installe à tes côtés. Naa, c’est ça ? Enchanté. Hanz m’a prévenu que vous passeriez plus tôt, termines-tu tout en te penchant poliment.

Elle ne te répond pas tout de suite, s’affairant plutôt à t’analyser de la tête aux pieds, créant chez toi une maigre sensation de malaise. Tu ne te laisses cependant pas abattre, gardant le menton levé, dos droit.

J’vais le tuer… Effectivement, moi c’est Naa. Et laisse-moi deviner. Il a déjà fais des siennes, c’est ça ?

Tes lèvres s’entrouvrent alors que l’information peine à arriver à ton cerveau. C’est.. abrupte comme question. Déglutissant, une main passe dans tes cheveux. Tu hésites, te demandant s’il est préférable que tu arrondisses les angles ou si tu dois répondre plus franchement. Mais, par peur du blanc qui s’est installé, tu avoues :

Ce serait mentir de dire que tout va comme sur des roulettes… Mais j’imagine que tous les début de mariage sont un peu houleux. Tu rattrapes le tir comme tu peux, déviant toutefois la conversation de peur d’en dire, peut-être, de trop : Ça fait longtemps que vous vous connaissez ?
Un peu houleux, hein… Oui, on peut dire ça... Depuis l'enfance, enfin... On s'est perdu de vue une dizaine d'années entre-temps. Tu sais ce que c'est. La vie. Tout ça.

Tu hausses les épaules, d’un air de dire je comprends, avant qu’elle ne se tourne totalement vers toi.

Écoute, je vais pas y aller par quatre chemins. Je m'inquiète pour Hanz. Je te connais pas, mais je le connais bien. Alors dis moi, s'il te plaît. Il a rien voulu m'avouer. Comment ça se passe entre vous ? Vous êtes mariés depuis quand ? Et ne me mens pas.

Cette manière qu’elle a de plisser les yeux et de t’interroger pour te soutirer la vérité, ça te fait perdre ton latin. Ton regard se fait fuyant, tandis que tu te tortures mentalement. Il va me tuer si je parle de nous à son amie. Seulement, ce n’est pas ton genre, de mentir. Alors tu soupires, inspectant le sol deux secondes avant de retrouver ses yeux violets.

Écoute, je n’ai pas envie de mentir. Puis de toute façon, j’imagine que tu l’apprendras un jour ou l’autre. Ça fait deux semaines qu’on est mariés. Sans vraiment le vouloir, ta tête se baisse, encore. La plupart du temps on s'évite. Avec le boulot, difficile de faire autrement de toute façon. Mais quand on se croise, c'est pas... comment dire… C'est compliqué. J'ai du mal à le comprendre.

Je ne peux en parler à personne alors si je peux au moins vider mon sac avec elle… Puis au pire, j’en ai rien à faire de ce que tu peux penser toi !

Si tu veux savoir, je pense qu'il a du mal à se comprendre lui-même parfois. Tu constates cette moue qu’elle a soudainement quand tes tourmalines reviennent vers elle — qu’elle se retourne pleinement vers toi cette fois-ci. Est-ce que t'es du genre à y croire, toi ? Au mariage, à l'Incontestable, tous ces trucs... Au fait que ce soit "lui", maintenant, avec toi, et pas un autre ?

Ton coeur s’emballe sous le coup de la panique et tes joues se parent de quelques teintes rosées.

Je... sais pas ? C'est la première fois que je suis marié... J'aurais tendance à dire que j'ai envie d'y croire mais… Tes dents se plantent dans ta lèvre inférieure. Mon frère l'a été et ça s'est mal passé... Je le suis et ça ne commence pas vraiment bien... Puis entre nous, je viens pas de ce monde-là. J'ai pas vraiment l'impression d'avoir ma place entre ces murs.
Je vois.
Après, je ne m'attendais pas non plus à ce que tout aille bien dès le début. Je suis prêt à faire tous les efforts qu'il faudra pour que ça se passe bien. Même si parfois ça ne va pas dans les deux sens…
Des efforts... Mais tu sais... Ah... peut-être que je devrais pas te dire tout ça. Si Hanz l'apprend, tu peux me dire adieu. Tu secoues la tête, d’un air de dire qu’il n’en saura rien. Je sais pas comment il est avec toi Hanz, mais... c'est pas une mauvaise personne. On dirait pas comme ça, on pourrait croire qu'il a tout eu dans sa vie. Que c'est juste un privilégié de plus, pourri gâté. Mais c'est faux. Je crois bien que la vie lui a pris autant qu'elle lui a donné - si ce n'est plus. Il en a bavé. Alors je sais que c'est pas à moi de t'en parler, mais si je le fait pas, je suis pas sûre qu'il le fasse. Et puis, personne d'autre te parlera de lui comme je le fais, parce que personne le connait vraiment, tout au fond. Il est pas du genre à se confier, tu vois. Monsieur est plus du genre à tout encaisser puis exploser, comme un nigaud, avec sa fierté, toujours mal placée, et son bon gros caractère de merde. Elle marque une pause tandis qu’un sourire désolé arque tes commissures. Tu as l’air de tenir à lui. ... Mais il a bon fond et… j'aimerais vraiment que pour une fois... Que pour une fois, il arrête de se torturer.
Tu sais, j'ai jamais douté du fait qu'il est quelqu'un de bien au fond. Ce que tu me dis, ça me permettra de mieux le comprendre, à l'avenir. Mais tu sais… Il est vraiment dur parfois, c'est pas évident.. Moi aussi je voudrais que ça se passe bien seulement.. Peu importe ce que je fais, j'ai l'impression que ça ne convient jamais..

Un silence s’installe entre vous. Tu l’observes, l’arrière de son crâne s’appuyant sur la paroi derrière vous. Quand, la surprise :

Il a été marié, y a quatre ans.
Ah ?
Ce monde-là. T'en fera peut-être partie si un jour t'arrives à devenir le sien. T'es mignon, après tout, il n'y a pas de raisons.

Si son ton est plus léger, toi, tu sens tes pommettes s’enflammer. Tu bafouilles :

Je... Je sais pas vraiment. J'ai parfois l'impression qu'il me déteste plus qu'autre chose. Après je lui demande pas de m'aimer. Juste.. qu'on arrive à cohabiter, au moins…Mais j'imagine que ça ne doit pas être facile à vivre pour lui tout ça, d'autant plus s'il a déjà été marié.. D’autant plus si j'ai pris la place de quelqu'un d’autre…
Je pense pas qu'il te déteste... Enfin, je sais pas. Tu lui as fait une pire crasse dont il peut pas s'remettre ? Tu secoues négativement la tête. Enfin, je crois pas ? Nan... si ça va pas entre vous je pense que simplement, c'est parce que lui ne va pas bien… Bon après... le fait que tu sois un homme n'aide pas j’te cache pas, malheureusement !
Je vois… Murmures-tu simplement, malgré les questions qui se bousculent au bout de ta langue.

Le fait que je sois un homme… Si j’avais été une femme, ça aurait vraiment été différent ? Difficile à dire — et vous ne le saurez définitivement jamais ! Alors que tu réfléchis à tout ça, tout ce qu’elle vient de te dire, tu observes les premiers invités qui font leur apparition dans le penthouse. Il se passe un moment, comme ça, où tu es perdu dans tes pensées — et ce, jusqu’à ce qu’elle reprenne la parole. Tu tournes la tête, vers Naa, un rictus étirant le coin de ta lèvre.

Je t'aime bien.. J'irai peut-être lui tirer les oreilles pour toi s'il persiste à créer des problèmes.
Ma foi, un peu d’aide ne sera certainement pas de refus ! Plaisantes-tu avec elle.
Bon, et maintenant… Voyons-voir s’il va arriver en retard à sa propre fête… On verra un autre jour pour les révélations sordides et autres dossiers croustillants à son sujet.

Cette fois, c’est un rire franc que tu échappes, hochant la tête pour approuver ses propos.

T’as vraiment l’être d’être quelqu’un de bien, Naa…

[…]

Voilà un moment que la majeure partie des invités est arrivée. Enfin, tu penses. Tu ne sais pas vraiment qui Hanz a convié mais, de ton côté, tout le monde est arrivé. Quelques collègues de travail, quelques pompiers et autres amis que tu as pu te faire depuis ton arrivée au Japon. Dès que les premiers ont pointé le bout de leurs nez, tu t’es empressé de t’excuser auprès de Naa avec qui tu discutais bien jusque-là, pour aller les accueillir. Bien entendu, beaucoup ont eu l’idée de te questionner quant au pourquoi du comment mais, aux regards que tu leurs as envoyé, ils se sont tous contentés de se taire. Ne cherchez pas à comprendre, c’est comme ça.

Toutefois, le principal concerné n’est toujours pas là.

Armé d’une coupe de champagne, tu erres un peu comme une âme en peine au milieu de tous ces visages que tu ne connais pas. Bien sûr, tu ne montres pas à quel point tu es déstabilisé par tout ça ! Tous ces évènements qui se produisent tour à tour dans ta petite vie. J’ai presque l’impression de rêver, parfois… ou cauchemarder. Ça dépend. Offrant quelques sourires à la volée, tu essaies de trouver Naa pour lui demander si elle a des nouvelles de Hanz… Tu sais bien que ça n’a pas dû être facile pour lui de tout gérer, entre le boulot, cette soirée et l’avion. Seulement… Qu’il soit en retard, ça t’inquiète. C’est plus fort que toi.

Au détour de la cuisine, une main tombe sur ton épaule. Tu sursautes sur le coup, te retournant vivement pour tomber sur Nobuo, ce dernier ayant un très large sourire sur les lèvres. Si ça te fait plaisir de le voir, tu le connais toutefois bien assez pour deviner ce qui va suivre.

Alors là, mon p’tit Chae, il va falloir que tu m’expliques comment on a pu se retrouver ici, toi et moi !

Il s’esclaffe, passe son bras autour de tes épaules avant que tu ne le repousses gentiment. Tu te penches vers lui pour glisser à son oreille :

Tiens toi mieux un peu ! C’est pas la caserne ici !
Roh, respire un peu ! Te lance-t-il, sa main balayant l’air. On s’en fou, on connait personne.
C’est pas une raison !

Tu es tendu et ça s’entend dans ta voix. Ton ami l’entend et arque un sourcil.

Eh oh, je t’ai connu plus à l’aise que ça. Pourquoi t’es venu si ça te met dans cet état ?

Si tu savais comme je voudrais être ailleurs présentement…

Ce n’est pas une question de ça.
Tranquille, ils respirent tous le même air que nous hein. C’est pas parce qu’ils ont du fric que ça change quelque chose.

Tu lui fais les gros yeux, d’un air de dire : parle encore plus fort surtout ! Nobuo secoue la tête, avant de te faire un signe de cette dernière, de sorte à vous décaler un peu plus loin. Tu le suis docilement, le dos tendu de peur que certaines personnes ici présentes aient entendu les propos tenus par ton ami. Vous vous arrêtez à l’entrée du grand couloir qui dessert toutes les innombrables pièces de ce palier.

Tu sais Chae, j’y crois moyen à ton « je suis convié à une soirée mondaine, j’ai le droit d’inviter du monde, ça vous dit de venir ? ». Je veux dire, à quel moment tu aurais pu être invité ici ? Je te connais depuis un moment, c’est pas vraiment un milieu que tu fréquentes.

Il croise les bras, te jaugeant.

C’est une occasion qui s’est présentée. Comme je pouvais en faire profiter, vous voici ici, c’est tout.
Arrête voir un peu ton char.
Et toi arrête avec tes questions ! Va donc profiter des petits fours, ça n’arrivera pas tous les jours.

Tu joues la carte du sourire mais tu sais bien qu’il ne lâchera pas la grappe. Enfin, si. Disons qu’il va aller siroter son verre d’alcool tout en réfléchissant sans relâche. Il ne te laissera pas tranquille tant que tu ne lui auras pas apporté une réponse qui lui conviendra. Désignant ses yeux de son index et de son majeur, il pointe les tiens avant de conclure :

Tu paies rien pour attendre, Chae-rok Jeong.

Puis, il s’en va.

Un long soupir s’échappe de tes lèvres tandis que tes paupières se ferment.

C’est sûr, il va me faire passer au détecteur de mensonges.

Vidant ta coupe d’une traite, tu décides de ne pas rester éloigné bien longtemps, de sorte à ce que ça ne paraisse louche aux yeux de personne. Le coeur qui palpite quand tu te remets en marche, il s’arrête net quand, lorsque tu passes devant l’entrée de ce palier-ci, la porte s’ouvre. Tu te figes, tournant aussitôt la tête en direction de la concernée pour tomber nez à nez avec… Hanz. Qui arrive finalement. Pantois, tu le fixes quelques secondes de tes petits yeux surpris, avant que tu ne plisses finalement les paupières, reprenant du poil de la bête, te redressant même inconsciemment. Tu déglutis, tes lèvres s’entrouvrent, prêtent à laisser sortir moultes mots sans qu’il n’y ait aucun son qui s’en échappe.

Enfin, il serait temps.
Merci pour le costume.
Pourquoi t’as mis autant de temps ? T’as eu un retard d’avion ?
J’ai pas envie de te voir en fait, je crois.


Tu te ravises.
Ferme ton clapet.
Et file — comme si tu le fuyais — retournant te faufiler entre les invités, à la recherche de Nobuo.

T’en fais pas, va.
Je sais me faire tout petit.
Personne ne saura rien.



Les petits plus :
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Jeudi 14 Juin 2114, 23 heure – New York.

J’ai fais de mon mieux pour pas penser à tout ça. De mon mieux pour pas penser à toi. Pour gérer. Depuis ce départ précipité ; l’appel du business indésiré à l’autre bout du monde. Alors putain pourquoi fallait que ça tombe maintenant ? Qu’est-ce que j’vais trouver comme excuse pour me tirer d’ici ?? Au beau milieu de rencontres et de négociations ?



J’en sais rien.

J’en sais rien et ça me fout les boules.

Devoir jongler entre tout ça. Encore.

Une excuse ?

C’pas comme si c’était délibéré.

Ayana va me tuer.


:airplane: Samedi 16 Juin, 19h06, heure de Tokyo.


Quatorze heures de vol dans les dents et le jet privé atterri enfin à destination. J’ai le bide en vrac, la gueule d’un déterré et l’humeur d’un chien. Une part de moi voudrait s’enfermer quelque part. Se boire une bouteille de scotch et allez pioncer une semaine ou deux. Dire que je manque sommeil est un euphémisme. Mais y a pas le choix. Chemin tout tracé pour me mener jusqu’à toi.

Dehors, il fait déjà nuit. Une voiture m’attend, vers laquelle je me dirige sans hésiter, la stature droite malgré mon léger boitillement coutumier. Je peux déjà sentir mon téléphone se faire secouer de notif' tandis que je m’assoie dans un soupir lassé, claquant bien fort la portière.

Apparemment, on me cherche des deux côtés du monde.
Et pas forcément pour faire la fête.

[...]

Qui aurait cru qu’en prime, j’me taperais des putains d’embouteillages ?

Je vois les minutes défiler avec harassement ; minutes qui se transforment en heures bien rondes, le coude contre la portière et les paupières lourdes, à rager intérieurement.

Quand j’arrive en bas de l’immeuble, il est vingt-et-une heure passé.

Je pensais pas que tu serais la première personne sur qui mes yeux se poseraient.

Te revoir, dès les premières secondes, me fait replonger dans la tourmente que j’avais tenté d’oublier. Une myriade d’émotions contraires me traversent aussitôt que je m’immobilise. Je me dis : Revoilà donc tes traits. Revoilà ta silhouette, ce soir nimbée de noir. Le souffle coupé, un instant. Animal prit dans les phares du véhicule lancé droit sur lui. Voilà ce que nous sommes, l’un pour l’autre. À cette seconde. Dans ce silence qui précède le choc – celui-ci étant pourtant invisible et impalpable.  

Est-ce que j’ai envie de te dire quelque chose ?
Est-ce que j’ai seulement envie de te revoir ?


La boule au ventre, je vois la façon dont tu me fixes. Les dents serrées, d’y déceler un truc qui me déplaît. C'est quoi ton problème ? Mes nerfs sur le point de rupture ; l’ensemble de l’homme que je suis sur le fil depuis quatre jours. Si mon regard traîne encore un instant sur la vision que tu m’offres, te perçant d’un regard sombre et indescriptible, je me désintéresse de toi dès que tu me tournes le dos.

— Celui qu’on attendait tous ! Scande une voix, ce qui, par pur automatisme, me fait sourire avec suffisance.

Je mime l’intérêt pour cet autre. Celui qui m’alpague ; celle qui vient se suspendre à mon bras pour mieux m’entraîner dans son sillage, vers le salon et sa décoration sublime, tout de noire et de nacre. Présentant à chacun des sourires à la sincérité de fossés, j’me dis que contrairement à moi, ils sont peut-être heureux d’être ici. Heureux de l’occasion de s’amuser, de briller, de faire semblant. C’est pas vraiment moi qui les intéresse. Seulement ce que je représente : un moyen, une occasion, le réseau et le fric ; la démesure.

Moi, j'ai plus qu'à boire jusqu’à l’ivresse.

— Désolé désolé.

Y a les visages que je reconnais et ceux qui ont été traîné ici en compagnie de ceux-ci. Cela donne quoi ? Une centaine de convives ? Peut-être plus, certains dispersés sur le rooftop ; d’autres à la piscine…

— Toujours à se faire désirer… fait la fille dont j’ai oublié le prénom, qui me regarde avec ses yeux de biche.
— Toujours, je lui confirme, la lorgnant un peu avec une pointe d'intérêt, pour la forme.

Je sens ses petites mains qui traînent près de ma veste ouverte, sur la peau que j’ai volontairement laissé dénudée, seulement parée de colliers.

— T’était pas censé être à New York ?
— Je suis partout, ça te pose un problème Ryōji ?

Il m’étudie, sous l’œil amusé de nos « amis » ; lève finalement son verre à mon intention, me regardant droit dans les yeux, ce qui fini par nous arracher un rictus à tous les deux.

— Moi aussi je suis content de te voir sinon..., raille-je.

Mais y a comme une sensation d'étouffement, après avoir été attrapé de la sorte ; happé par le tourbillon des mondanités.

— Pourquoi n’y a t’il pas de musique ?? Râlé-je brusquement, cherchant dans la foule, quelqu’un, (toi ?), du personnel, à fusiller du regard. C’est une fête ou pas ??

Prétexte envoyé. J’attrape un cocktail, prend congé en m’excusant rapidement, trop heureux en réalité de me débarrasser d’eux – et bien décidé à m’occuper de l’ambiance pour me focaliser sur un truc qui m’obligera pas à faire le mec sympa.

Ouais. Je sais. C’est moche.

Dix minutes plus tard, la musique et les lumières arrangés selon mes souhaits, je peux enfin souffler et m’isoler un peu. Les gens sont occupés. À boire. Rire. Exister trop. Un détail me chiffonne toutefois... Ce détail, qui me dit que je t’ai pas recroisé, depuis tout à l’heure. Et qu’une part de moi va bientôt tourner ça à l’obsession, si je fais rien. C'est vrai. T'es parti où ? Qu’est-ce que t’es en train de foutre ? Où sont tes potes ? Tu m’évites consciemment ??? Putain. Ce genre de trucs à la con, dont je me passerais bien.

J’en étais là de mes réflexions, recommençant à ruminer, quand une voix familière porte à mes oreilles.

— Dis-donc, toi…, me fait mon amie d’enfance. Tu m’en dois une.

Elle me sourit, croise les bras tout en se rapprochant de moi avec son verre, puis désigne du menton ma tenue et le collier de perle qui pend effrontément à mon cou, comme une laisse, retombant sur ma peau.

— C’est pour tu-sais-qui que tu t’es fais si sexy ? Me provoque-t-elle.

Je tique.

— J’vois pas de quoi tu parles. Je suis sexy en toute circonstance.
— Mais bien sûr, fait-elle en souriant de plus belle. Pardon j’avais oublié ce petit détail.
— Alors c’est qu’on se voit pas assez souvent.

J’aurai dû me douter qu’elle comptait pas lâcher le morceau. Je le vois à sa mine. Ses grands yeux d’améthyste qui cillent, en se déportant ailleurs... avant de revenir à la charge.

— Il a l’air gentil.

Sa remarque me hérisse le poil. Je dois me faire violence pour faire mine de l’ignorer. L’air de rien, faisant comme si je l’avais pas entendu, trempant mes lèvres dans l’alcool qui commence lui aussi à me monter à la tête.

— Hanz…, reprend-t-elle d’une voix plus basse.
— Quoi ? je lui réponds, sur la défensive.
— Pourquoi tu m’as rien dit ?
— Vraiment ? Claqué-je. T’as envie de parler de « ça » ? ici ?
— Je m’inquiète pour toi.
— Ah ouais ? Ben je vois pas pourquoi, rétorque-je avec autant de mauvaise-foi que de mauvaise humeur.
— Ne joue pas au con avec moi.
— Je joue pas au con !

Elle me pince. J’affiche mon air le plus scandalisé.

— T’as fini ??
— Presque. Je voulais juste te dire de pas tout faire foirer.
— Je rêve !
— Ben justement faudrait peut-être que tu te réveilles !
— De quoi on parle au juste ?
— T’as pas vu comme il a l’air perdu. Tu pourrais te mettre à sa place.

Offusqué – et en parti halluciné qu’elle soit réellement en train de prendre ton parti et de me faire la morale – je lui lance un regard noir qu’elle n’hésite pas à soutenir.

— Putain… t’as parlé avec lui…, je fini par comprendre, soudainement méfiant et sur le qui-vive. Qu’est-ce que tu lui as raconté ?

L’heure est aux reproches.

— Rien.
— À d'autres !
— Seulement que t’as été marié.
— … put- QUOI ?!

Le cri m’échappe, rapidement étouffé par la musique. Je jette à la ronde des coups d’œils stressés. Sans doute que je dois devenir un peu blême.

— Mais pourquoi t’as fait ça !?
— Parce qu'il méritait de le savoir, non ? Comment tu veux qu’il te comprenne si tu t’ouvres pas à lui ?

Putain. Putain putain putain. Mais peut-être que j’ai pas envie qu’il me comprenne ?! Peut-être qu’on s’en fout de tout, de ce putain de mariage et peut-être SURTOUT que ça te regarde pas !? J’ai même pas les mots pour décrire le sentiment de trahison que je ressens. Une pression monstre me serre la gorge tandis que je la vois me fixer, dans l’attente de… d’un truc. La tempête, sûrement.

Mais ne sachant plus quoi lui dire, et ne voulant rien entendre de plus, je vide mon verre d’une traite et me tire de là, me contentant de secouer la tête d’un air dégoûté, la laissant en plan.

Tout tourne sous mon crâne. Les pensées. Les bruits. Les émotions. La musique. Ma colère, vainement muselée.

— Hanz !

Je me retourne pas.

Et toi ?
Toi t’es où ??


La dernière chose dont j’ai envie, c’est bien partir à ta recherche. Alors, pourquoi j’le fais ?! Pourquoi, comme le dernier des abrutis, je me mets à arpenter les lieux, à te traquer, faisant pourtant mine de rien, rasant les visages des yeux, chopant par-ci ou par-là un verre d’alcool à m’enfiler ?

J’ai rien à te dire.
Rien à faire de toi.


Alors, pourquoi j’te cherche ?!

Cela fait plus d’une heure, à présent. Il est presque 22h45.

Je me suis foutu des bâtons dans les roues.
Je me suis retenu.
J’ai essayé de jouer l’hôte parfait, pour oublier ce qui faisait pulser mes veines. Pour oublier la spirale dans laquelle je suis pris. L’alcool aidant, j’y suis parvenu.

Pas trop. Juste un peu.

Juste le temps d’oublier. Puis de me dire. À nouveau. Où est-ce que tu te caches, mon cœur ? Tu crois que tu vas m’éviter longtemps, petit con ?

Sans raisons j’perds la raison.

Ou p't'être que c'est mon amie d'enfance que je tentais d'esquiver ?

Oh. Et puis, là-haut.
J’ai oublié, là-haut.

Est-ce que t’as vu l’heure ??
Et puis c’était quoi ce regard, tantôt ?!


Tous les signaux réunis pour me siffler à l’oreille qu’il faudrait que j’arrête de boire. Ou alors, que je m’asseye dans un coin, reste sage, sourire béat aux lippes, pour cueillir une fille sur les cuisses qui n’en sera que trop heureuse, elle.

Je sais pas pourquoi je fini par me pointer sur le Rooftop.

Évidemment, la première chose que je vois, c’est toi.
Toi, au milieu de ces mecs qui te collent de trop.
Agglutinés tel un affront pour mes yeux, sur l’un des bancs installé un peu à l’écart.

Qu’est-ce que tu fous là…

J’entends mes dents grincer. C’était pas la musique. C’était pas le vent qui bruisse jusqu’ici.

P’t’être que ma perception me joue des tours, finalement.
Mais j’crois pas.

J’crois que je suis vraiment vénère, en fait !

Et je sais pas ce qu’il se passe. Sans doute est-ce la continuité de tout ce que j’ai ruminé au cours de cette soirée de merde. Ou l’alcool. Naa. La fatigue mêlée.

Mais je m’avance vers vous, sans une once d’hésitation. Et une fois à vôtre hauteur, j’me taille une place entre toi et le mec de droite, quitte à déloger l’intrus du bout du pied, s’il le faut.

— Pardon, je dis, sans le penser.

M’installant dans un soupir d’aise, mes bras s’étalant impudemment contre le dossier, derrière toi et ton petit copain. Rien à foutre de détruire l'ambiance. Je vous dévisage tour à tour, toi, lui, puis les autres, petit sourire au coin des lèvres, vous perçant chacun de mon regard charbon, le charisme et l’assurance incroyable que l’alcool aura déployé m’aidant à me faire sentir au-dessus du lot.

— Comment ça s’passe, par ici ? Que j’interroge, la mine détendue, prenant un malin plaisir à me coller à toi en affichant mon air « aimable ». Me semble pas avoir le plaisir de vous connaître... (et ce disant, j’fais glisser mon bras contre ton épaule, avec possessivité) enfin… à part lui.

Lui. C’est-à-dire,
Toi.
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Je te fuis, oui.
Toi, cette tenue qui te sied et tout ce qui m’anime quand je te vois ainsi, le torse orné de ces perles.

Je te fuis, sans pourtant pouvoir le faire vraiment.

Car, autour de moi, tout me ramène inévitablement à toi. Chaque recoin de ce penthouse est empreint de ton souvenir. Comment t’éviter alors que tout, ici, t’appartient ? Je ne sais pas. Mais, je ne peux pas rester là. Déjà, pour ne pas que les autres sachent. Qu’ils ne trouvent pas étrange qu’un illustre inconnu comme moi t’adresse la parole. Je ne voudrais pas éveiller les soupçons, tu vois. Et, peut-être aussi à cause de cette pointe de jalousie qui s’est insidieusement plantée dans mon coeur quand, après avoir jeté un regard au-dessus de mon épaule, j’ai capté cette belle femme accrochée à ton bras.

Je crois que j’ai eu mal, un peu.

Alors, je me faufile. Entre tous ces gens, à la recherche de mes proches. J’ai besoin de penser à autre chose. J’ai besoin d’être plus fort que tout ce que tu créés en mon sein.

J’aperçois Nobuo. Me joins à lui ainsi qu’à deux autres camarades de la caserne tout en sirotant une coupe de champagne que j’ai attrapé au passage. Enfin, je ne peux pas vraiment dire que je la déguste. Un peu au début. Seulement, j’ai rapidement besoin d’une bonne dose de courage. Si ce n’est pas dans mes habitudes d’user de l'alcool pour cela, cette fois-ci, je descend d’une traite le contenant de mon verre, sous les regards interloqués de mes amis. Par chance, aucun d’entre eux ne m’interroge.

On discute. Un peu de tout, de rien — des interventions et d’autres. On fait quelques allers-retours à la table pour piquer de quoi grignoter.

Et, sans même que je ne le veuille, mon regard finit toujours par dériver — te chercher, au milieu de ces corps enchevêtrés.

Jusqu’à ce que Nam-sun débarque.

Les gars ! Y a un rooftop. Venez voir, c’est in-croy-able !
Sérieux ? Waaah, à cette hauteur ça doit être fou !
Suivez-moi ! Il faut absolument que je vous prenne en photos sur le toit de Tokyo !

Un sourire orne mes lèvres. Sans plus attendre, mes comparses — Nobuo, Tada et Oshiro — s’empressent de suivre mon ami d’enfance coréen. Pour être parfaitement honnête, je suis heureux qu’il soit là. Il est un peu mon phare. Sa bonne humeur me guide sur le meilleur des chemins. J’ai pas envie de passer une mauvaise soirée à cause de toi. Au contraire. J’ai envie de m’amuser je crois. Alors, je m’arme d’un cocktail et j’emprunte ce chemin que je connaissais avant les autres. Ça me fait un peu bizarre, de devoir faire comme si je découvrais tout ici. Bien sûr, il est trop tôt pour que j’ai connaissance des lieux comme de ma poche, mais je n’aime pas ce masque que je dois revêtir. Je ne suis pas un menteur par nature. C’est tellement difficile pour moi. Et toi alors, tu vis ça comment ? C’est facile, de faire comme si tu je n’étais qu’un étranger ? Je pense, oui. Pas besoin d’une flopée de personne pour que ce soit le cas.

À la traine, j’arrive après. Un petit souffle amusé s’échappe de mon nez quand je les vois, tous ébahis face à la vue vertigineuse. Un coup d’oeil à cette banquette sur laquelle je me suis isolée, ce soir où tu m’as plaqué la honte à la peau, je me rapproche d’eux. Nam-sun se retourne et, d’un grand geste du bras, nous indique de nous regrouper. Il hèle dans le même temps :

Su-hwa ! Viens !

La jolie jeune femme, tout sourire, vient en trottinant dans notre direction. Je l’accueille à ma gauche, passant mon bras gauche autour de son épaule. C’est drôle, qu’elle soit là, elle aussi. Du groupe qui m’a accueilli quand je suis arrivé à Busan, j’en ai actuellement deux avec moi. C’était le couple un peu inattendu de la bande. Il leur aura fallu des années, mais ils ont fini par se rendre compte qu’ils étaient plus proches qu’ils ne le pensaient. Nam-sun a fait sa carrière dans la photographie et en tant que vidéaste, aussi. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est actuellement au Japon. Amoureux du pays depuis tout jeune, il réalise aujourd’hui son rêve de réaliser un documentaire sur le pays du soleil levant. Cela fait déjà plusieurs semaines qu’il est ici, alors je me suis chargé de l’intégrer à mon groupe de pompiers. Évidemment, ça ne pouvait que bien se passer. Su-hwa, elle, est arrivée il y a quelques jours. Elle est en vacances pour deux semaines ici. C’est tombé pile poil au mauvais moment… J’aurais préféré avoir mon petit appartement. Ça a été un peu compliqué de devoir leur mentir en leur disant que je ne pouvais pas les accueillir sous mon toit.

Dites « kimchiiii » !
Kimchiiii !

Peut-être qu’on a l’air un peu cons. Tant pis pour les quelques regards désobligeants qui se posent sur nous. Personne ne sait qui nous sommes. Personne ne sait qui je suis. Voilà. C’est mieux, je préfère cet état d’esprit là. Je veux partager le bonheur de mes amis d’être ici. Avec cette vue splendide et leurs sourires de gosses.

On s’installe sur une banquette tandis que Su-hwa et Nam-sur tirent deux poufs face à nous. À ma droite, Nobuo et Tada. À ma gauche, Oshiro.

On se remet à discuter, rigoler. Nam-sun, armé de son fidèle appareil photo, nous filme pour immortaliser chaque petite seconde, comme il a toujours aimé le faire. À force, j’en oublie même ce qu’on fiche là, sur ce toit. Ce que je fais ici. Que c’est « chez moi ». « Chez toi ». Je profite juste de l’instant présent et de ce moment passé avec trois des personnes que je porte le plus dans mon coeur ainsi que deux très bons amis. J’en oublie le temps, les gens — tout.

Quand tu apparais finalement dans mon champ de vision.

Incontrôlable, mon coeur s’emballe. Je lutte comme un lion pour décrocher mes yeux de toi — en vain.

D’abord, je pense que tu vas m’ignorer. Aller t’installer un peu plus loin, avec des gens que tu connais.

Mais non.

Tu viens, tu t’approches de nous. Pire ! Tu t’installes à côté de moi. Tu piques la place de Nobuo, qui, haussant les sourcils sous la surprise, se décale aussitôt, à la suite de Tada.

Moi, je me sens blêmir.

Ta voix résonne pour la première fois dans mes oreilles après ces jours passés sans toi. Mes cils papillonnent, tandis que je tourne légèrement la tête dans ta direction. Autour, tout le monde s’est tu — dans l’expectative. Pourquoi Hanz Asuka vient-il s’assoir avec nous ? J’entends d’ici leurs pensées, quand les miennes se résument à

je vais te tuer…

Tu t’installes tranquillement, passant tes bras derrière nous tout en soupirant, ce petit rictus aux lèvres qui me hérisse intérieurement. C’est quoi, cet air que t’arbores ?! Pourquoi t’es là ?! Qu’est-ce que tu viens foutre ?! Tu peux pas me laisser profiter tranquillement ?!



Tu demandes comment ça se passe, mais je ne suis pas idiot. Je le sens, ton corps, se rapprocher du mien.

Leur parle pas que j’ai envie de t’intimer.
Pourtant, je reste muet.

Mais tu me laisses sans voix, quand tu termines ton petit manège.

Ton bras s’enroulant autour de mes épaules, tu affirmes me connaitre. Devant mes amis. Je me sens devenir livide pour le coup. Te fixant, lèvres entrouvertes, sans plus aucunes couleurs sur le faciès. Un frisson parcourant l’entièreté de mon être.

… Non mais je rêve ?! Tu fais quoi là ?! T’es complètement con ou tu le fais exprès ?! C’est à cause de tout l’alcool que t’as bu ? J’le sens jusqu’ici, que t’en as pas avalé qu’un verre ! Tu cherches la merde, c’est quoi ton but en fait ?!

Je m’énerve tout seul quand, autour de nous, mes proches, surpris, lancent en choeur des : « Quoi ?! », « Sérieux ? », « Vous vous connaissez vraiment ?! ».

C’est une putain de blague.

Cet état de léthargie n’aura duré qu’une poignée de secondes. Suite à ça, je lâche un rire, lançant un regard tour à tour à toutes les personnes qui nous entourent :

Connaitre est un bien grand mot !

Je ne comprends pas, le jeu auquel tu es en train de jouer. Ce que tu cherches en faisant ça. M’humilier, encore une fois ?

Assez pour qu’il t’ait invité en tout cas, lance Nobuo tout en adressant un large sourire à Hanz. Merci de nous accueillir en tout cas ! C’est somptueux chez vous !

… En plus de vouloir te tuer toi, j’ai aussi envie de le tuer, lui. Il va chercher la petite bête. Fouiner pour mieux comprendre tout ça. Tirer le vrai du faux. Je le connais, à force. Aussi gentil soit-il, je n’aime vraiment pas cette part de lui qui veut tout savoir, quitte à user de stratagèmes machiavéliques pour parvenir à ses fins. Fort heureusement, ma douce Su-hwa l’arrête net dans son enquête. Elle frappe ses deux paumes de mains face à elle en un petit claquement sonore, de sorte à attirer l’attention de tout le monde, avant de commencer :

Ravie de vous rencontrer, Asuka-san ! C’est un honneur. Si vous connaissez déjà notre petit Chae-rok, alors à nous de nous présenter ! Déclare-t-elle avec ce sourire solaire qui lui sied à ravir. Je m’appelle Su-hwa, et voici mon copain, Nam-sun. (Elle le désigne de ses deux mains, à sa gauche ; tandis que lui fait un signe de sa dextre) Nous sommes des amis d’enfance ! Personnellement, je vis à Séoul, mais je suis en vacances ici pour trois semaines.

Mes lippes s’étirent en un sourire attendri. Plus adorable que cette fille, ça n’existe pas. Seulement, cette petite bulle de douceur est bien vite éclatée par l’homme désormais à ta droite.

Moi c’est Nobuo, enchanté. Et voici Hoshiro et Tada. Nous sommes tous pompiers volontaires avec Chae.

Je me tends. J’ai vraiment peur de ce qui pourrait sortir de sa bouche.

Vous avez vraiment une vue magnifique depuis ici, Asuka-san ! Je suis heureux d’avoir plus l’immortaliser.
Oh, vous devriez voir les photos sublimes qu’il fait ! Il a ça dans le sang.
Ne me jette pas plus de fleurs que je n’en mérite.
T’es vraiment trop humble parfois ! Lance-t-elle tout en envoyant un coup de poing amical dans le bras de Nam-sun. Puis elle porte de nouveau son attention sur nous — toi. Merci de nous offrir la possibilité de passer un bon moment ici. C’est que nous ne sommes pas vraiment habitué à ce genre d’endroit et de réception !

Un petit rire.
Crois-moi, c’est difficile de s’y faire.

Je suis bien d’accord. Honnêtement, je n’aurais jamais pensé mettre un pied dans un penthouse de cette envergure un jour !

Le revoilà, lui. Je me penche légèrement pour l’aviser, plissant les paupières d’un air de dire « ferme-là, s’il te plait ». Que nenni, il ne m’écoute pas.

Notre cher Chae nous avait caché que vous vous connaissiez. Pas vrai ?
Je n’ai jamais eu l’occasion de t’en parler, je suppose, tentai-je de me défendre vainement.
Oui, bien sûr ! Sa jambe droite glisse au-dessus de la gauche tandis qu’il nous avise, ses doigts s’entremêlant. Alors, comment vous vous êtes rencontrés ?

Je cesse de respirer, un instant. T’étais vraiment obligé…

Ça n’a rien de bien exceptionnel.
Mais aussi ?
T’es d’une lourdeur.
Allons ! Ne me dites pas que vous vous êtes rencontrés au café du coin, c’est impossible !

J’inspire. Mon cerveau carbure à plein régime.

Nobu. Tu vas le mettre dans l’embarras à être envahissant comme ça. Tu veux finir à la porte ?

Il grimace, soupire et se ravise — sa main balayant l’air, signe de son abandon. En revanche, ce que je n’avais pas prévu, c’est, qu’après avoir bu une gorgée de champagne, Su-hwa pose ses coudes sur ses cuisses, tête posée dans ses paumes de main en coupe, le regard pétillant de malice.

Asuka-san. Si vous ne voulez pas nous dire comment vous vous êtes rencontrés, dites-nous plutôt ! Ça fait longtemps que vous vous côtoyez ?

Je veux… m’enterrer. Disparaitre.


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J’ai l’impression d’entendre les tic-tac que font les rouages de ton crâne, pendant que je m’installe à tes côtés. Le cœur galopant et l’esprit embué. Est-ce que ça t’emmerde que j’ose ? Est-ce que ça t’perturbe ?

Bien. Tant mieux.

Parce que j’ai pas l’intention de repartir tout de suite.

Et je sens ton regard. Je sens ta panique affluer, comme les frissons, qui viennent griffer ta peau – à moins que ce ne soit les miens ? Ma réponse n’est qu’une cuisse que je viens un peu plus coller à la tienne, elle n’est qu'un bras qui se fait plus lourd, tombant négligemment contre ta clavicule pour t’entourer davantage, tandis que je m’affale sur la banquette.

Tranquille, que ça veut dire – tiens-toi tranquille.

Je perds pas mon sourire de façade quand tes amis s’exclament, jouant l’innocent jusqu’au bout, détaillant chacun, d’un regard curieux. Bien confortable, posé ainsi. Comme un coq en pâte. Qui aurait cru que mon apparition produirait un tel effet ? Ça m’amuse. Ça me plaît – de te chercher. Peut-être parce que j’suis à côté des réalités. Peut-être pour d’autres raisons. Ça va un peu au ralenti, dans ma tête. Tout en sensations. Un coup trop fort. Un coup trop vif. Le corps plus attentif que la tête, si bien que les joutes qui s’engagent me font doucement sourire, comme si je n’étais que spectateur.

— Connaître est un bien grand mot !

Tu contestes.
Je te contredis pas.

Égal à moi-même, je me contente d’écouter, un sourcil haussé, condescendant, la répartie de ton pote derrière duquel je fini toutefois par retirer mon bras.

– Assez pour qu’il t’ait invité en tout cas ! s'entête-t-il.

Et de me remercier, dans la foulée, me prenant à partie…

Remercie plutôt l’Incontestable ! que j'manque de lui lâcher par réflexe, me foutant une claque mentale en me retenant de justesse.

La fille se charge bien assez tôt de détourner l’attention. Elle se présente, avec son copain. Et si je tique un peu à l’évocation de « notre petit Chae », je ne manque pas la façon dont tes lèvres s’étirent, en contrepartie. Du coin de l’œil. Une douceur sur tes traits qui me secoue un peu, tout en m'agaçant... Sans doute parce que je l’avais jamais vue là, auparavant. Que moi, je suis pas foutu de provoquer des réactions pareilles.

Est-ce pour cela, que je lui offre un sourire capable de rivaliser avec le sien, la seconde suivante ? leur faisant chacun un salut de la tête, pour ponctuer les présentations.

— J’ai visité Séoul quelques fois, commenté-je. C’est une belle ville que vous avez.

Et puis, un peu après :

— Vous êtes photographe de profession ? M’adressant au dénommé Nam-sun.

Fier de parvenir à tenir encore une pseudo-conversation au vu ce qui coule dans mes veines et des pulsions qui rôdent. La suite, je l’écoute à moitié – prit d’impatience, pour je-ne-sais-quelle-raison – notant quelques détails, la tête un peu penchée sur le côté, mon index et mon pouce tripotant distraitement le col de ta veste (que j'ai reconnue, faut pas croire...).

— […] Honnêtement, je n’aurais jamais pensé mettre un pied dans un penthouse de cette envergure un jour !
— Ouais ... ? Comme quoi tout arrive dans la vie..., lancé-je, mon attention déjà détournée à cet instant par l’un des serveur engagé pour la soirée, venant de faire son apparition sur le rooftop.

Le hélant d’un claquement de doigt autoritaire, levé à son intention :

— Apportez une bouteille et des amuses-bouches par ici.

Je me réinstalle. Te sens alors te tendre à mes côtés, une phrase happant mon attention, comme un pavé lancé dans la mare allant troubler ta quiétude et réveillant mon intérêt.

— Notre cher Chae nous avait caché que vous vous connaissiez. Pas vrai ?

Oh putain. Ils en sont encore là.
Ce mec tient une rubrique gossip sur internet ou quoi.


Pendant une seconde, je grimace légèrement en allant le toiser avec un rictus, oubliant l’aménité que j’avais prévu de conserver.

— Je n’ai jamais eu l’occasion de t’en parler, je suppose.
— Oui, bien sûr ! Alors, comment vous vous êtes rencontrés ?
— Ça n’a rien de bien exceptionnel.
— Mais aussi ?
— T’es d’une lourdeur.
— Allons ! Ne me dites pas que vous vous êtes rencontrés au café du coin, c’est impossible !
— Nobu. Tu vas le mettre dans l’embarras à être envahissant comme ça. Tu veux finir à la porte ?

Mais t'as fini de parler à ma place de ce que je vais faire ou non??

C’est à peu près le moment où je décide d'intervenir.

— Eh. Détend-toi…, que je te fais, tout doucement. Pourquoi t’es tout tendu comme ça ? (je t'attrape l'épaule, me rapprochant, petit sourire et regard plissé) Personne va finir à la porte.

Avec la voix suave du mec qui gère... Putain, que quelqu’un me décerne la palme. Parce que là c’est clairement l’hôpital qui se fout de la charité.

En vérité, j'aurai bien aimé continuer un peu plus longtemps à jouer à ce p'tit jeu du coach zen.
Mais, dommage.

J’entends ce que ta pote me demande. Prends une grande inspiration et me recule un peu en l'avisant, sans te lâcher pour autant, mon bras retournant simplement se caler sur ton épaule, plus négligemment, comme s'il s'agissait de sa place légitime.

— Longtemps ? Naaan… pas vraiment... Quant à notre rencontre, fais-je en adressant un regard à Nobuo. Disons que... c'était à la fois ordinaire et extraordinaire. Quelqu’chose comme ça…

Je m'humecte les lèvres en les observant, tour à tour, marquant ensuite une pause avant de revenir t’aviser toi et seulement toi. L’œil brillant sous mes cils noirs. Tension sous la surface, instable, dans la façon qu'a mon regard de se braquer et se coller sur ton profil – sur tes traits. Finalement, j'me décolle à nouveau de la banquette, pour me rapprocher de ta personne, tout sourire.

— Pourquoi tu leur dit pas, Cher Chae ? Te demande-je alors, d’un ton bas qui aura peut-être un je-ne-sais-quoi d’incisif pour toi.

Naa a raison.

Elle a raison, quand elle dit que je fais toujours tout foirer.

Mais c’est pas pour moi qu’elle devrait s’inquiéter. Non, c’est pas pour moi.


— T’as honte de ce que t’as fait ?

C’est pour toi.
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À tes mots, le sourire de Su-hwa se renforce tandis qu’elle hoche positivement la tête pour valider tes propos. Quant à Nam-sun, sa main frottant sa nuque, il te répond :

Vidéaste. Je suis ici pour réaliser un documentaire sur le Japon. La photographie reste, pour l’instant, un loisir.

La conversation continue. Bien que j’aurais préféré que ce ne soit pas le cas. Ou peut-être plutôt, qu’une personne ne soit pas là. Je m’en veux d’en arriver à penser ça, mais le fait que Nobuo ne lâche pas a grappe me crispe. Je ne comprends pas pourquoi il prend — tout autant que toi — un malin plaisir à me mettre dans la sauce. Ça vous amuse, de me tourmenter ? Je le pense, sincèrement. Et je vous en veux, un peu. J’ai le cul entre deux chaises et autant dire que je déteste cette position si inconfortable. En fait, je me demande pourquoi je m’acharne à te protéger. À protéger ce « nous » en gardant ainsi le silence. Tu ne mérites pas que je fasse cet effort quand toi, tu viens foutre la merde. Et pourtant, je le fais quand même. Je me dis que je suis vraiment trop con. Ceci dit, après ce que m’a confié Naa… Je ne peux m’empêcher d’avoir un brin de compassion pour toi. Tu ne voulais certainement pas de tout ça — et encore moins de moi.

Je veux calmer le jeu. Essaie de trouver les arguments pour faire taire Nobuo. Mais toi, tu ne m’aides pas. Oh que non. À la place, tu me dis de me détendre, de cette voix que je ne te connaissais pas. Mes tourmalines se déportent vers toi, teintées de cette étincelle réprobatrice. Arrête, n’en rajoute pas… Si. Toujours plus, quand tu me demandes pourquoi je suis tendu — que tes doigts s’emparent de mon épaule, que ton corps se fait plus proche du mien encore. Tu connais la réponse, que je rêverais de te retourner. Seulement, je n’en suis pas capable. Pas quand mon coeur bat si vite, pas quand un écart de comportement mettrait la puce à l’oreille de mes proches. Et ce ton, que tu emplois quand tu parles…

Tu paies vraiment rien pour attendre.

Mon amie me sauve la vie. Piégé dans ce mutisme que je n’arrive pas à combattre, elle détourne la question pour en poser une autre qui, au final, revient au même. Je voudrais, qu’ils te posent des questions. Sur ce que tu fais, qui tu es, ce que tu aimes. Que tu répondes et que je puisse enregistrer chacune d’entre elles pour mieux te cerner. Visiblement, ce n’est pas ce qui les intéresse pour le moment — et c’est bien dommage. Ça m’aurait arrangé.

Tu te recules, me relâchant un peu sans me rendre ma liberté pour autant. Elle m’énerve, la chaleur de ton contact. Parce qu’elle n’est pas vraie. Juste une illusion — pour ne pas montrer ce qu’il en est réellement.

C’était à la fois ordinaire et extraordinaire.



Qu’est-ce que tu sous-entends ? Pourquoi tu dis ça comme ça ? Tu n’aurais pas pu me suivre et juste dire que… c’était juste ordinaire ?! Pourquoi tu leur donnes matière à questions ?


Ma mâchoire se contracte.

Waouh ! C’est que ça ne devait pas être si ordinaire que ça alors !

Je ne vois pas les yeux pétillants de Su-hwa qui ne demandent qu’à en savoir plus. Je ne vois pas non plus l’air intrigué de Nam-sun, qui pourtant reste discret. Tout comme je ne vois pas Nobuo appuyer son regard vipère sur nous, dans l’expectative, ou Tada et Hoshiro qui prennent congés pour aller je ne sais où.

Je ne le peux pas, quand nos yeux s’aimantent de la sorte. Qu’il flotte soudainement entre nous cette tension. Je n’ai pas peur, d’affronter les tiens. D’y rester accroché. De te défier de continuer à m’enfoncer encore un peu plus. Vas-y. Vas-y, si tu l’oses.

Cher Chae.
Ça sonne… si faux. Et… Je sais pas. Je sais pas, ce que je dois penser.

Si j’ai honte ?


Façade.
Masque et tout ce que l’on veut.

J’arbore mon plus beau sourire en un rien de temps, le tout suivi d’un petit rire. Ma senestre balaie l’air tandis que je te donne un petit coup d’épaule.

Si j’ai honte ? Évidemment !

Moi aussi, je sais jouer.

Qu’est-ce que t’as fais, Chae-rok Jeong ?! Tu perds rien pour attendre, viens que je te tire les oreilles ! Lance Su-hwa avec humour.

Je me tourne vers mes deux meilleurs amis face à moi.

Je marchais dans la rue, le nez en l’air, et je l’ai percuté.
Ohh, mais combien de fois je t’ai dis de sortir de ta bulle quand tu marches !
Noona, tu sais à quel point ce n’est pas toujours évident. Au travail, tu comprends ?
Argument acceptable. Et ensuite ?
Le truc, c’est que monsieur a échappé son téléphone et ses clefs de voiture. Je te regarde de nouveau, arborant un sourire énigmatique. Manque de bol, une camionnette a roulé sur le téléphone. Et les clefs sont tombées dans un avaloir. Pour couronner le tout, il pleuvait et l’orage grondait.

Nam-sun soupire d’incrédulité.

C’est vraiment la faute à pas de chance quand même…
Tu ne crois pas si bien dire, acquiesçai-je en tournant la tête vers lui.
On dirait une scène de film, c’est fou ! Le genre où on se dit « ça n’arrive jamais en vrai » et pourtant !

Elle n’a pas tort. J’y ai longuement réfléchis, après, quand tu m’as abandonné. Tout en observant les gouttes ruisseler le long de la vitre du bus que j’ai pris pour rentrer. Ce devait être un coup du destin. Tu sais Hanz, je suis persuadé que, toutes les personnes que l’on rencontre au cours d’une vie, elles sont là pour une raison. Mais j’avoue que te concernant… Je ne suis pas certain de la signification. Du « pourquoi » tu devais croiser ma route. Toi, et pas un autre. Ce que ça m’a apporté, si ce n’est une tonne de sentiments contraires et contrariés.

Te connaissant, j’imagine que tu as laissé ton numéro pour le dédommager et c’est comme ça que vous vous êtes revus ensuite ?
Tout faux.
Hein ?

Je réponds du tac au tac. J’ai pensé, un quart de seconde, à mentir. Pour nous couvrir. Dire que c’était comme ça que l’on s’était revu. Mais je n’ai pas envie. À la place, mes orbes retrouvent les tiennes tandis que ma main vient tapoter le dos de la tienne — celle qui se trouve encore sur mon épaule.

J’aurais bien voulu. Mais monsieur est parti avant que je n'en ai le temps.
Oh ? Mais alors… comment ?…
Un coup du destin encore. Je te laisse l'honneur de leur raconter comment ça s'est passé quand on s'est recroisés, Hanz ?

Ma main a cessé son petit manège tandis que, cette fois-ci, c’est ma jambe qui se presse contre la tienne.

Vous m’en direz t- !
Non voyons, ne vous sentez pas obligés ! Nous sommes déjà bien assez curieux comme ça, coupe-t-elle Nobuo.

Elle a beau t’offrir une porte de sortie, je ne te lâche pas d’une semelle.
Pire.
La provocation, indécente, qui brille.  

Alors, Hanz ?
Cap ou pas cap ?

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Pourquoi ai-je l’impression que le monde s’arrête, quand tu me regardes, à cet instant ? Comme pris sur le fait, perdant de ma superbe. Incapable de décrire ce que je vois, dans tes yeux. J’ai le cœur qui tape un coup plus fort, qui se sent coupable, de t’avoir posé cette question – ces mots lourds de sous-entendus que nous seuls pouvions comprendre.

J’sais pas. Ce que je cherchais à accomplir. Je sais pas, nan… Je sais plus… C’était juste mesquin, je...

Je suis désarçonné… Par ta réaction… ce petit coup d’épaule accompagné d’un sourire désarmant que je n’arrive pas plus à analyser – trop éclatant, pour être vrai. Je cille. Dégluti furtivement – ravalant mes mauvaises pensées en te quittant des yeux, plaçant un rictus sur mes lèvres, pour faire illusion, en émettant moi-même un reniflement semblable à un rire.

Je me renfonce dans la banquette. Reste silencieux, t’écoutant énoncer les faits non sans me les remémorer. Amer, subitement. Alerté par ce cœur déconnant, le bras qui s’éloigne quand tu viens me tapoter la main, et te lâche pour aller cueillir un verre de martini – apporté pendant ce temps-là par le serveur.

Je dis toujours rien.

Qu’est-ce que je fous là, en fait ?
Pourquoi j’ai tapé l’incruste ?
Pourquoi venir discuter ?


L’alcool qui coule dans ma gorge, son petit goût salé, me rappelle qu’il y a une fête qui se joue autour de nous. Qu’il y a des regards, des langues acérées. J’avais oublié. À cause de toi. Et cette cuisse que tu t’amuses à coller à la mienne, sans doute pour me rendre la monnaie de ma pièce.

Ah.
Tu veux que je leur raconte la suite ?


Mâchoire serrée.

Quel passage, exactement... hein ? Le baiser irrésistible sous la douche ? Ou… p’t-être la chaleur insupportable qui régnait à l’intérieur du taxi qui nous menait chez toi ? Ou.. La manière dont j’ai fini par te dévorer de baisers, et par te…

...
Merde.

Fait un peu chaud par ici, nan ?


Et le silence qui s'étire ; qui me voit hésiter.

— La suite…, que je fini par marmonner, sourire plein de morgue au coin des lèvres, les pupilles plus tranchantes que l'acier. Il n’y a pas de suite. Décrété d'un ton sans appel. La suite ; c’est un secret.

Autrement dit : les petites confidences s’arrêtent là… n’en déplaise à certains.

Je jette un coup d’œil à ma montre, mon expression se refermant, par la même occasion. Une seconde, avant que je ne vide mon verre d’une lampée. Que mes doigts ne viennent à serrer ta cuisse, dans une impulsion, le temps que je me relève du canapé – un geste pouvant paraître anodin mais d’une pression qui le sera bien moins, pour toi...

— C'était cool de discuter mais je vais devoir vous laisser… (à Nam-sun :) Bon courage pour votre documentaire. (Puis à tous, me saisissant d’un nouveau verre, pour la route, la nonchalance au corps :) Profitez bien du reste de votre soirée.

Je m’incline poliment puis renifle, allant pour m’éclipser, alors qu’un détail me fait me retourner vers toi à la dernière seconde.

— Oh…, je te fais, haussant un sourcil. Chouette costume by the way.

Et mon rictus de se creuser, puis de retomber, à mesure que mon regard s’attarde sur toi, te détaillant, indéchiffrable. Je me détourne finalement. De toi. De vous. La nuque tendue et des nœuds plein les épaules, un profond soupir coincé dans la poitrine qui ne semble pas vouloir sortir. Sensation désagréable.

Profite bien de tes potes, que grince une voix dans ma tête.

Quand je quitte le rooftop, la musique de l’étage inférieur me percute. Je crois que je suis rattrapé, tout compte fait, par tout ce que j’ai voulu fuir. Mais à quoi ça sert de faire le malin ? Si au bout du compte c’est pour se prendre le mur placé là par soi-même ? Je suis trop con. Pourquoi je te cherchai ? Toujours pas la réponse, à cette foutue question. Elle m’obsède, encore, un peu. Je regarde ces gens sans y trouver de visage réconfortant. Même Naa semble avoir disparue. Est-ce que je suis vraiment chez moi, ici ?

C’est là que je me dit, pour la toute première fois, que pour toi ça doit être pire encore. Devoir supporter ça. Devoir supporter moi. Et je réalise que pourtant, t’as accepté de faire ce que je te demandais. Pas concernant l’ordre en lui-même, nan. Mais t’as rien dit. T’as rien dévoilé.

Et moi je…

Perturbé. J’émets un rire noir quitte à passer pour le dernier des fou auprès de ceux qui m’observent. Dans un coin, j'abandonne mon verre. Je vais pour regarder discrètement mon téléphone, voir si l’ordre de ce soir est bien accompli… Puis je me dirige ensuite vers l’ascenseur, le cœur battant, consultant mes messages pour y trouver ton contact ; t’écrire. Énervé. Frustré. À bout de nerf ? Je sais pas. Je sais pas...

Tout ce que je sais, c’est que :

Je me taille d’ici.


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Je ne ressens… rien.

Ou du moins, pas ce que j’escomptais. Aucun plaisir à te retourner la monnaie de ta pièce. Et si tout n’est que sous-entendus qu’aucun ici présent ne pourra comprendre, si tout peut sembler anodin… ce n’est pas le cas. Je ne sais pas pourquoi j’agis ainsi. J’aurais pu me taire, tout simplement. Une fois de plus pourtant, je rentre dans ton jeu. Désireux de te faire réagir, sûrement. Que tu aies conscience de l’impact que tout cela peut avoir ?

Il y a les secondes qui courent sans que je ne m’en rende vraiment compte. Puis, il y a ton expression, qui change de cap. Passée de cet air avenant dont tu faisais preuve à un autre plus… méprisant ?

Il n’y a pas de suite.
La suite ; c’est un secret.


C’est vrai. Le reste ne doit pas atteindre les oreilles alentours — trop curieuses. Le reste, ça ne concerne que nous. Je savais, que tu ne dirais rien. C’était juste petit de ma part, je crois. Ma mâchoire se contracte et mes pupilles dérivent ailleurs, entre les chaussures de Nam-sun et le sol. Troublé que je suis de réagir de cette façon avec toi. De me rendre compte qu’à chaque fois, je cherche la confrontation pour défendre ma croûte — et essayer, vainement, de ne pas me laisser marcher sur les pieds. Te montrer que tu ne peux pas me contrôler, peut-être ?

Ta paume trouve ma cuisse. Tes doigts la presse tandis que tu te relèves.

Je crois que mon cœur s’arrête.

Les yeux légèrement écarquillés, je relève le nez vers ta silhouette tandis que tu sors les banalités d’usages. Si Nam-sun te remercie, sourire collé aux lèvres, poli, moi je me sens… tout chose. Je n’arrive pas à savoir comment interpréter ce geste qui vient de bousculer mon palpitant. Était-ce une façon pour toi de t’excuser ? De me dire que nous sommes quittes ? De me faire comprendre que je ne paie rien pour attendre ?

J’oublie de respirer, quelques secondes, quand tu t’en vas — les interrogations au bout de la langue.

Enfin, jusqu’à ce que tu te retournes, vers moi.

Oh… Chouette costume by the way.

Mes paupières papillonnent. Je te dévisage, une seconde, incrédule avant de me rattraper de justesse, un maigre sourire étirant le coin de mes lippes tandis que j’esquisse un mouvement de tête en guise de remerciement. C’était sarcastique ? Je cherche la petite bête. Le mal, partout — dans tes faits et gestes. Mécanisme d’auto-défense, pour ne pas me faire d’illusions, je suppose.

Ou peut-être que tu es en train de faire des efforts ?

Je me creuse définitivement trop la tête. Et pour palier ce problème, je termine mon verre d’une traite quand tu t’en es finalement allé. Que nos regards se sont lâchés. J’en avais besoin — pour relâcher les tensions.

Spoiler alert : ça n’a pas vraiment marché.

Eh, Chae, doucement ! Qu’est-ce qui te prend ?

J’essuie une commissure à l’aide du dos de ma main, avant que mes tourmalines n’aillent aviser Su-hwa. Je pense que ma mine est un peu plus décomposée que ce que je voudrais, à en juger la façon qu’elle a de me dévisager. Je souffle un rire, déglutis rapidement.

J’avais soif.

Je ne suis pas un bon menteur, ce n’est pas nouveau.

Chae…

En silence, je lui fais comprendre de ne pas aller plus loin. De ne pas me questionner davantage.

Il a l’air bien sympathique. Si on m’avait dit que je partagerais la même banquette que lui un jour, je n’y aurais jamais cru !
On peut arrêter de parler de lui et passer à autre chose, s’il vous plait ?

Mon ton est froid. Je voudrais qu’on passe à autre chose, s’il vous plait… Les yeux perdus au fond de mon verre vide, je sens leurs regards accrochés à ma personne. Et je crois que je ne pourrais plus supporter ça pour aujourd’hui.

Je vais vous laisser en fait. Il se fait tard, je bosse demain.

Je vais vous laisser, mais pour aller me cacher où…

Tu devrais aller te reposer.
On s’appellera pour aller manger ensemble lundi du coup ?  
Oui, je vous tiens au jus demain. Nobu, à plus.

Un signe de tête, un léger sourire et je m’empresse de me relever pour quitter le rooftop. Avec une aisance certainement étonnante pour leurs pupilles, je rejoins rapidement la sortie. Descendant les escaliers, je m’arrête toutefois à la fin de ces derniers quand je sens mon téléphone vibrer dans ma poche. Je ne sais pas pourquoi, ma main s’empresse de s’y glisser pour aller attraper mon cellulaire. Ni une ni deux, j’allume l’écran et je tombe sur ton prénom. Sur ces quatre petits mots, je me taille d’ici, qui me font soudainement écarquiller les yeux tandis que j’ouvre la conversation à vitesse grand V, pianotant :

De Chae-Rok : « Hanz, attend ! »

Qu’est-ce que tu es en train de me faire là…
Les réponses fusent plus vites que je ne l’aurais imaginé.

De Hanz : « Non. Quand t'aura fini avec tes potes rejoins-moi au Mandarin Oriental. »
De Chae-rok : « T'es sérieux... Pourquoi tu t'en vas ? Ça va pas contre l'ordre ce que t'es en train de faire ? … »
De Hanz : « C'est pas possible de dormir ici ce soir. Et au cas où t'aurais pas calculé l'ordre a été validé. »
De Chae-rok : « ... D'accord. J'arrive bientôt. »
De Hanz : « Y a une carte dans le tiroir de ma table basse dans la chambre, t'as qu'à la prendre. Et monter direct à la Suite du 43eme étage. »
De Chae-rok : « Ok. T'as besoin que je te ramène quelque chose ? »
De Hanz : « Juste toi. »
De Chae-rok : « Mmh. A tout de suite. »

La carte. Et des affaires. Je dois prendre deux trois trucs.

Malgré mes esprits tout retournés, je m’assure que personne ne me voit quand je me dirige dans « la chambre ». J’ai un peu cette désagréable sensation d’être un voleur car, en vitesse, je farfouille dans ta table de chevet pour attraper la carte. Puis, sans attendre mon reste, je prends mon sac à dos, dans lequel je mets les premiers vêtements qui se présentent sous mes doigts : un jogging, un tee-shirt, un boxer. Je n’oublie pas non plus quelques affaires de toilette.

Je traverse la foule. C’est étrange, de devoir partir de « chez soi » car d’autres personnes s’y amusent. Ça se passe souvent comme ça, dans ce genre de milieu ? Je n’en sais rien. Cependant, quand bien même je n’ai en tête que l’idée de venir te retrouver — et l’appréhension qui va avec — je n’omets pas de jeter un coup d’oeil au drap voilant le moniteur, m’assurant qu’il n’ait pas bougé d’un iota. Quand je constate que c’est le cas, je n’attends pas mon reste pour trouver l’ascenseur.

Tandis que la boite de métal descend, moi, je regarde où se trouve l’hôtel. Je lance l’itinéraire et, comme je constate que ce n’est pas si loin, je juge préférable d’y aller à pied. Je n’aurais pas la patience d’attendre un taxi.

Alors, une fois dehors, j’entame ma marche. Le pas pressé, j’arpente les rues éclairées, la tension ne me quittant pas. Après tout, on s’est quittés sur du mauvais, on s’est retrouvé sur… bonne question. J’ai beau y réfléchir, je ne comprends toujours pas pourquoi tu as agi ainsi. Plus j’y pense, plus je me repasse les mots de Naa et plus je regrette, de t’avoir évité quand tu es arrivé, d’avoir osé renchérir alors que je savais très bien que ce n’était que de la provocation…

Je suis désolé.


Entré dans l’hôtel, on m’interpelle aussitôt. Le simple réflexe que j’ai, c’est de montrer cette fameuse carte, qui n’a pas quitté ma main depuis que je suis parti. Je n’arrive même pas à ouvrir la bouche, fatigué que je suis actuellement de lutter contre tout. On m’indique alors le chemin à suivre — ce que je fais, tel un automate. Je ne prête même pas attention au caractère luxurieux des lieux. Je me contente juste de monter — encore plus haut cette fois-ci. Le quarante-troisième étage. Heureusement que je n’ai pas peur de la hauteur, car la simple évocation du nombre pourrait certainement donner le vertige. Mon dos se calant contre une paroi de l’ascenseur, je soupire longuement. La journée a été longue et je ne saurais dire si elle va s’achever sous peu ou non. Ni dans quel état je vais te trouver. Énervé ? Blasé ?  

Le « ting » résonne trop vite à mon goût.

M’éclipsant de la boite de métal, je m’avance vers la porte. J’hésite, de longues secondes. Avise un instant l’heure sur mon téléphone. On a plus vraiment le temps. Car, s’il est un fait, c’est que j’ai omis ce baiser que nous devons échanger avant que minuit ne passe. Ça m’a fait tilt, en vérité, quand tu m’as dit que tu t’en allais. En même temps, on aurait pas vraiment pu le faire, là-bas… Alors j’imagine que c’est une bonne chose, que l’on soit ici ?

J’entre.

J’enlève mes chaussures et, sans tergiverser, je m’avance jusqu’à te voir, là, allongé sur le lit. Un noeud se forme dans ma gorge quand mes yeux tombent sur ton visage. Tu sembles… mal. Du moins, c’est l’impression que j’ai. Et… je n’aime pas ça. Sans parler de ton cas, je déteste voir les autres dans ce genre d’état. Seulement, là… peut-être que ça m’affecte un peu plus encore que d’ordinaire. Parce qu’une part de moi ne peux s’empêcher, soudainement, de se dire que c’est en parti de ma faute. Involontairement. La situation est difficile.

Pour toi.
Pour moi.

Je suis désolé… que je murmure inaudiblement, sans vraiment m’en rendre compte.

Posant mon sac au pied du lit, je viens doucement m’asseoir à tes côtés. Mon attention toute tournée vers toi, je pince les lèvres, avant de te souffler :

Hanz… Accorde-moi juste une petite minute. Après, je te laisse tranquille…

J’attends. Que nos regards se croisent et s’aimantent. J’esquisse un petit sourire désolé pour ce que je m’apprête à faire. Puis, je me penche vers toi, mon visage grignotant la distance qui le sépare du tien. De sorte à ce que nos lèvres se rencontrent. Je suis un peu perdu. Je ne sais pas vraiment comment doser ce baiser. Mais, je crois que j’y déverse un peu plus d’émotions que dans tout ceux que nous avons échangés jusque-là. Que c’est un peu plus chaud que d’ordinaire — et peut-être aussi plus appuyé. Ma main, que j’ai posé à côté de ta tête pour prendre appui, le bout de mon pouce vient se faufile secrètement entre les pointes de tes mèches. Je ne m’attends pas à ce que tu y répondes. Tout comme je ne le fais pas durer bien longtemps, quand je me rends compte que mon coeur, emballé, a parlé à ma place.

Je me recule. Retrouve ma place initiale tout en détournant le regard, la tête. Je me demande, si nous devons parler. De ce qui s’est produit avant que tu partes. De ton voyage ? De ce soir… Je me ravise, il est tard.

Tu dois être épuisé. Tu devrais te reposer.

C’est tout.

Mais qu’est-ce que je suis en train de foutre. Pourquoi je suis si froid ?! Je suis pas comme ça et, même si je t’en veux, je comprends aussi un peu pourquoi tu te comportes comme ça alors…

Et… je suis désolé, pour tout à l’heure. Je n’aurais pas dû réagir comme ça. C'était pas cool de ma part de chercher à te mettre dans la merde comme je l'ai fais, lançai-je un ton plus bas, sur le point de quitter le lit.

Pour aller trouver la salle de bain et me changer, c’est une bonne idée oui.
Chae-Rok Asuka
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Il y a quelque chose de pathétique à trouver une chambre d’hôtel si familière. Ici…  c’est comme s’il y avait davantage de moi qu’autre part ailleurs, au Japon. Y a qu’à voir ces petites touches perso. Le vase que Jun m’a offert ; son mug Batman rangé à côté de la machine à café ; tous ces petits trucs que j’ai jamais récupéré après le mariage, qui sont restés là. Et puis, quelques photos, même... Pas beaucoup. Seulement un cadre ou deux, au milieu du reste placide. Vestiges d’une époque où apparemment ça m’importait encore de garder près de moi le visage de ceux que j’aimais. Pas de Simon. Pas de Chihiro. Mais Suiko…, Naa ; des camarades du lycée… Pas beaucoup, comme j’disais. Presque rien, en vérité. De ce même « rien » que je cultive partout ailleurs, comme pour ne laisser aucune trace de celui que je suis – que j’étais – qu’on s’amuse pourtant à dépeindre partout sur les réseaux.

Puis merde, on dira ce qu’on veut. C’est cool tous ces services à portée ; la bouffe ; les bars ; le spa. La sensation d’évoluer malgré tout dans un milieu qui grouille même si l’on est seul en compagnie de soi-même.

En entrant, je marque une pause. L’esprit embrumé par l’alcool et le cœur aussi lourd que peuvent l’être mes pas. Je ne réfléchi pas. Je n’allume aucune lumière tant je connais l’espace de ce lieu. Et sans un bruit, dans ce silence tamisé, je me dirige vers la chambre.

Ce n’est qu’au bord du lit que je me déleste de mes pompes, les envoyant péter sans trop m’en préoccuper. Du reste ; flemme. Je m’assoie, d’abord. Le téléphone chutant au milieu des draps, lâché là par mes soins. Et puis, avant de me laisser tomber sur le moelleux des couvertures, exténué, je tend le bras pour allumer la lampe de chevet.

Ça tourne, un peu, dans ma tête.

Je me demande à quel moment tu quitteras la soirée.
Je me demande si t’as envie de le faire.
Je me demande de quoi t’as envie, tout simplement.

En fait… j’me demande certainement beaucoup trop de choses, étant donné l’état dans lequel je suis.

Et… Je me demande pourquoi t’es là, dans mes pensées. Pourquoi ça me préoccupe. Pourquoi pourquoi pourquoi… Pourquoi ça m’emmerde si fort. Pourquoi je peux pas l’empêcher.

Est-ce que je pensais déjà à toi, comme ça, il y a deux jours ?

Qu’est-ce qui a changé ? Je–

Je sais pas ce qui a changé.

Encore une connerie d’émotion qui n’aura demain déjà plus la même saveur.

Je somnole, l’œil à moitié fermé, fixé sur le panorama époustouflant qui s’étale au loin ; une pierre dans la poitrine, qui paraît m’étouffer.

Qu’est-ce qu’elle t’a dit, Naa ?

Je crois que je n’oserai pas te poser la question de peur de te devoir des précisions. Est-ce que c’est mieux de faire l’autruche ? Peut-être que tu sais rien. Juste un simple fait, sans les ratures, tout autour.

Je ferme les yeux, soupirant, une ride de préoccupation allant pour me barrer le front.

Je ne les rouvre que lorsque j’entends ta voix..., qu'il y a mon prénom, dans ta bouche, et que je sens cet affaissement dans le lit à mes côtés. Alors, troublé déjà, par ce timbre que tu emploies – et le fait que tu sois là si vite – je me demande si je rêve. J’hallucine, c’est ça ?

Lentement, mes cils se relèvent pour croiser ton regard. Sensation de vertige, quand tu te penches, et que je comprends. Sursaut du cœur.

J’avais oublié cet ordre-là…

Je ne fais pas un geste, la respiration retenue. Je suis seulement la trajectoire que t’emprunte, celle qui te mène à moi et… Tout à coup, c’est doux. Il y a dans les airs ton parfum et sur mes lèvres une pression agréable ; quelque chose de chaud.

Putain mais… ça aussi, c’est pas comme d’habitude.
Est-ce que c’est dans ma tête ?
Qu’est-ce qui a changé ?

Un frisson me parcours l’épiderme. La respiration encore coupée, lorsque tu t’éloignes. Sans m’en apercevoir, mes paupières se sont refermées et, j’ai quelques difficultés à me détacher de tes lèvres. Mon cou se tend, imperceptiblement – à la recherche de plus – sans que je puisse l’empêcher.

Mais,
Il n’y a pas de plus.
Rien. Rien rien rien. Rien de plus.
Inutile de chercher.

Mutique, quand t’estimes ma fatigue. Incapable de mettre les mots sur toutes ces tensions, floues. Mes pupilles fixées sur toi, qui t’étudient dans cette semi-pénombre même si tu me regardes plus. Je me dis que c’est drôle de te trouver ici. Dans cet espace privé. Je crois que… je crois que ça m’énerve autant que ça me perturbe – autant que ça me secoue. J’aimerais protester. Trouver un truc pour qu’on se fasse encore du mal. Mais je crois que ce soir je n’en ai plus tellement la force.

Et puis… j’entends tes excuses. Je perçois ton mouvement visant à t’en aller. Et, elle est soudaine, cette pulsion qui me vaut de tendre la main pour t’en empêcher. Tout comme j'ai ressentis ce besoin de venir te trouver, à la soirée. Je bouge à peine, pourtant. Allongé, toujours, le genou à peine relevé, nonchalant, mes colliers glissant sur ma peau ; sur ce torse nu qui se soulève plus vite.

Attends… !

Le temps d’un battement de cil, que je réalise la portée de mon geste et que je me crispe aussitôt, mes doigts desserrant déjà leur étreinte, glissant sur ta peau comme si elle m’avait brûlée.

Troublé. Tellement troublé.

— C’est…, D’une voix un peu rauque, l’hésitation en demi-teinte que la fatigue étouffe. C’est plutôt moi qui devrai dire ça…

Je m'humecte nerveusement les lèvres. Achève de te relâcher, ma main retombant mollement sur le drap avant que je ne détourne finalement le visage, fronçant les sourcils.

— Je suis désolé.

Et c’est tout ce que t’obtiendra de moi à ce moment-là… Ce mot si dur à dire. Je sais qu’il est loin d’être à la hauteur de tout ce que je t’ai fait subir, mais…

— C’est pas grave… que je m'entends poursuivre, du bout des lèvres. Va. File te préparer pour la nuit ou je-n’sais-quoi…

Petit geste de la main. Mon palpitant me labourant soudain les cottes. Évidemment, fallait que je me referme comme une huître. Je rajoute rien, après ces paroles. Et tandis que tu files, hors de mon champ de vision, mes nerfs contrariés, mon souffle retrouve son chemin à travers mes poumons. Je pousse un soupir, m’écrasant la paume contre le visage, jurant entre mes dents.

La seule chose que je fais ensuite, c’est me redresser pour balancer ma veste au sol, me sentant échauffé.

Quand je m’étale à nouveau dans le lit, ma respiration est erratique. J’sais pas d’où me sort cette contrariété. Si c’est moi, si c’est toi. Si c'est parce que j'ai déjà dégrisé ? Je me recouche, indifférent aux habits ou bijoux qui m’habillent encore ; voguant entre fatigue et tensions.

Les minutes qui suivent ont toutefois l’avantage de me calmer un peu…

Profondes inspirations, après profondes inspirations...

J’attends. Que tu réapparaisses. Que tu te couches. Sans rien te dire. Pour pouvoir éteindre la lumière et ne garder avec nous que celle du monde extérieur.

Mais ce silence pourtant, je fini bien par le briser. Après avoir hésité mille fois, sensible à ta présence.

— … Tu trouves pas ça cocasse ? Que je glisse à mi-voix, d’un timbre difficile à cerner. Tes potes avaient tous l’air de me connaître… T’es le seul de la clique à jamais avoir entendu parler de moi. Depuis le début en fait… T’as jamais calculé qui j’étais.

Un moment, de silence, avant que je ne reprenne.

— Quel effet ça fait… D’être le seul à rien savoir ?

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Je ne m’attendais pas à ce que tes doigts viennent s’accrocher à mon bras quand j’ai commencé à me relever. Mais je crois pourtant qu’au fond, j’espérais que tu le fasses. Que tout ne soit pas aussi froid que les fois d’avant, sûrement. Ou peut-être que ça le sera quand même ? Que je viens de faire une erreur en ayant été aussi cavalier ? Mon coeur loupe un battement tandis que mes pupilles reviennent vers toi ; tombent sur ta silhouette nonchalante et ces colliers de perles qui ornent ta peau. Déglutissant, je m’assois de nouveau, inconsciemment, mon attention entièrement tournée vers toi alors que ton emprise sur mon avant-bras se fait moindre — que tes empruntes glissent sur mon épiderme, comme fuyant ce dernier.

J’avoue que je m’attends d’abord à subir tes foudres, pour je ne sais quelle raison. À la place, c’est plutôt le trouble que j’entends dans ta voix quand tu finis par dire que c’est à toi, de dire ça. Ta main quitte définitivement mon bras pour retomber sur le drap. Et contre toutes attentes, tu t’excuses. Pantois que je suis lorsque ces petits mots s’échappent de tes lèvres, je ne peux guère retenir ce sourire qui arque mes commissures — et ce, même si ta nature de bougon revient au galop quand tu conclus. Parce que, présentement,

c’est un peu comme si on avait fait un pas, l’un vers l’autre. Moi, dans tes excuses, j’y vois une progression ; aussi minime soit-elle.

Et si je ne te réponds rien — car je juge que des mots seraient de trop — il n’empêche que j’ai le coeur plus léger quand, reprenant mon sac, je m’en vais en quête de la salle de bain. Aussi éprouvante fut cette journée, je me dis qu’elle ne finit pas si mal que ça ? C’est la sensation que j’ai du moins. Je ne sais pas vraiment si on peut dire que c’est le cas, mais je préfère voir le côté positif.

Alors, une fois que je pose pied dans la pièce souhaitée, je ne tarde pas à me changer. Troquant cet élégant costume contre ce « pyjama » de fortune, composé de ce tee-shirt ainsi que du jogging dont je me suis emparé en vitesse tout à l’heure. Un brin de toilette, un peu d’eau aspergée sur mon visage pour dissiper les dernières tensions, je me brosse les dents. Ceci fait, je reprends mes affaires, ne désirant pas m’éparpiller, puis je reviens vers toi. Les posant au pied du lit comme précédemment, je viens m’installer à tes côtés. Avec distance, silence, toujours — évidemment.

Tu éteins la lumière.

J’avise, quelques secondes, celles extérieures qui embellissent la vue.

Mes paupières se ferment et je m’installe.

… Tu trouves pas ça cocasse ?
… Mmh ? que je m’entends marmonner par réflexe.

Et tu continues. Avançant que mes amis avaient l’air de te connaitre alors que moi, je n’ai jamais calculé qui tu étais. Je retrouve la pénombre environnante, fixant un point dans le vide entre le sol et l’extérieur. Oui, c’est vrai. Je ne sais pas tout ce qu’ils savent, eux. J’aurais pu aller chercher, qui tu étais. J’aurais pu, quand Il-sung a ouvert avec moi la lettre rose et qu’il m’a bassiné à coups de « tu sais avec qui tu es marié là quand même ? ». Il m’a harcelé, longtemps — et je n’ai jamais cédé.

Alors, ce que ça fait, de ne rien savoir ?

Rien. Ça ne me fait rien, que je te réponds d’abord simplement.

Et si je te laisse mariner quelques instants, n’ajoutant rien pour le moment, c’est tout simplement car je cherche mes mots.

Ma tête se tourne vers toi, mes tourmalines avisant ton visage.

Parce que ce qu’ils savent, c’est ce qu’ils ont vu sur les réseaux et sur internet. Instinctivement, j’hausse les sourcils, soupirant doucement. Mais, est-ce que je pourrais les jalouser d’en connaitre plus sur toi quand on sait qu’il y a tout et n’importe quoi qui se raconte sur le net ?

Je sais que je ne suis pas vraiment le mieux placé pour parler. Bien sûr, j’utilise les réseaux sociaux — mais contrairement à beaucoup, je sais faire la part des choses. Il ne faut pas croire tout ce que l’on voit et tout ce qu’on peut lire car tout le monde peut y écrire ce qu’il veut.

Conclusion, ils ne savent rien.

Peut-être qu’il y a une part de vraie dans les informations qu’ils ont. Peut-être pas. Je m’en moque parce que moi, je préfèrerais apprendre à te connaitre réellement. Pas par le biais d’intermédiaires peu fiables.

Alors oui, je n’en sais pas forcément plus. Je n’ai jamais rien recherché à ton sujet. Je n'en avais pas envie, en fait.

Je soupire, m’installant sur le dos, mes mains se croisant sur mon ventre.

Je préférais te découvrir toi plutôt que les tableaux qu’on peint à ton sujet, lançai-je, un ton en-dessous.

Le regard rivé vers le plafond, l’arrière du crâne bien enfoncé dans l’oreiller, une pensée me traverse. J’hésite, quelques secondes, mes dents se plantant secrètement dans la chair de ma lippe, avant que je n’ose, en un murmure :

Ça doit être difficile, parfois, d’être une figure publique… non ?

Tu vois, je ne sais pas ce qui nous pousse à parler, comme ça. Alors qu’à chaque fois, on s’évite, tout comme on évite de discuter.

Pourtant, je crois que je suis contente, que l’on échange un peu plus que tous ces jours précédents.
Chae-Rok Asuka
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Rien. Ça te fait « rien ».

Et ce blanc qui s’en suit, qui me voit m’affaler lentement sur le dos en gardant une main sur l’abdomen, expirant discrètement…

J’sais pas quoi penser. Sur quelle émotion me poser. Ça tourne encore un peu, dans ma tête – devant mes yeux. Mais peut-être que ça sert à rien de chercher à comprendre. Car j’ai toujours été ainsi, à souffler le chaud puis le froid, pour ensuite me demander : pourquoi je me sens si déréglé ?

Je sens tes yeux posés sur moi.
Je sens la tension qui existe entre nous, qui s’est immiscée à un moment donné sans jamais vraiment repartir. Et je sens ce vide à l’intérieur, celui que ta présence rend plus douloureux encore.

Revoilà des mots.
Des explications, cette fois.

Tu veux faire celui qui n’est pas comme les autres, c’est ça ? Pas dupe quant à ce qui traîne sur la toile ? Le mauvais, comme le faux ?

Mais pourquoi ?
Pourquoi ça te fait rien ?!

Oui. Oui, tu pourrais les jalouser ! que j'ai envie de te rétorquer.

Mais non…
Non. Toi. T’as rien cherché. Toi. T’en avais pas envie.

Paradoxe incarné. Homme offensé. Comment puis-je détester à la fois ceux qui se basent sur ces merdes, et me sentir blessé que tu n’aies pas cherché à en savoir plus sur moi ?

Si j’avais l’impression de gérer, jusqu’à présent, restant calme d’apparence à t’écouter, doucement mais sûrement la tension ressurgit, aiguisant mes nerfs. La faute à tes paroles dont je ne saisi que le mauvais. Cette malheureuse petite phrase qui, à peine entendue, me fait déborder.

— Tu préférais ?! que je te crache, te coupant carrément, la question m’échappant bien plus amère que prévue.

Le corps bandé, je me redresse et me retourne vers toi. Je t’avise avec intensité d'un regard luisant, mon pouls s’emballant.

— Parce que t’as vraiment eu envie de me découvrir à un moment donné ? rajouté-je de ce même ton d'accusation.

Fierté blessée ou sentiment d'être celui qui est incompris, je grimace... J’ai envie de rire. J’aurai pu, si ces putains de mots ne se pressaient pas si fort hors de ma bouche, tordant celle-ci dans un rictus mauvais…

— Si t’as rien cherché, peut-être qu’au fond tu t’en fous.

Et il y a dans ma voix toute les émotions mêlées ;

— Tu peux le dire !

Mes doutes, mes contradictions, mes blessures...
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C’est fou, comme il suffit d’une maigre étincelle pour déclencher un incendie.

Je dois avouer que je suis pris de court par la virulence qui t’anime si soudainement. Toi qui, jusque-là, était resté muet comme une tombe, tu te redresses, me crache des mots au visage. Dans tes yeux, j’y vois tous ces éclairs que tu me lances en silence — et tes foudres que tu crèverais certainement de me faire subir.

Je ne comprends pas —
où ça a dérapé ; où je me suis loupé.


Désarçonné par ce ton accusateur que tu emploies quand tu oses me demander si j’ai eu envie de te découvrir et d’apprendre à te connaître à un moment donné, je ne peux que me reculer légèrement, prenant appui sur mon avant-bras — te défiant, du regard. Et, sans me faire prier, je te rétorque, outré :

Évidemment !

Évidemment que je l’ai voulu — et que je le veux encore ! Je voudrais ! Que tu me parles. Que tu ne fasses pas comme si je n’existais pas. Que tu arrêtes de chercher le combat en permanence avec moi.

Je voudrais, qu’on y arrive, tous les deux.
Ça prendre le temps que ça prendra. Je sais être patient.

Seulement…

Si t’as rien cherché, peut-être qu’au fond tu t’en fous.

Pantois, mes lèvres s’entrouvrent. Je te fixe, la respiration lente — et pourtant, mon coeur, qui bat (trop) rapidement. Les traits qui se plient et s’affaissent pour laisser place à une émotion — blessé. Je suis affecté. Tiraillé entre mille et une envies. Celle de te rétorquer avec la même brutalité dont tu fais preuve. Celle de crier plus fort que toi. Celle de laisser mes émotions s’exprimer. Celle de m’enfuir. Celle de prendre un oreiller et de hurler.

À la place, je ne dis rien.
Je tente de calmer mon palpitant effréné.
Et je préfère ne pas m'écouter. Garder mon sang-froid.

Pourquoi tu vois sans cesse le mal dans tout ce que je dis…

Un murmure — à la hauteur de cette peine qui me berce dans ses bras.

Pourquoi tu ne me crois pas ?

Si je semble calme, ce n’est que d’apparence. À l’intérieur, c’est la tempête. Ce sont les flots qui s’agitent et qui menacent de s’écouler. Ceux contre lesquels je lutte. Ceux que je laisse s’exprimer en général, à un moment donné au cours de ma journée. Aujourd’hui, je n’ai pas pu. Entre le travail, mon altercation avec Il-sung, la fête, toi, devoir gérer ton intervention et, maintenant, ça… C’est dur. Mais je suis fort — et je ne te laisserais pas entrevoir cette part un peu plus affaiblie de moi. Oh que non — là, je n’ai certainement pas envie de te laisser des clefs pour me nuire après.

Je me redresse, un peu plus encore, de sorte à ce que tu ne me domines pas. Mes tourmalines ne dévient pas. Elles ne quittent pas tes yeux. Je te défie de me répondre. Je te défie de mettre des mots sur ce que tu penses vraiment. Mes paupières se plissent même. Et, la pointe de mon index venant provoquer sans scrupule ton buste, je t’interroge une ultime fois :

Pourquoi, hein, Hanz ? Ça te semble si improbable que ça, que j’ai envie d’apprendre à te connaitre ?

Je me demande, ce que tu as pu vivre — pour voir le mal ainsi.
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Évidemment, tu dis ?

Alors quand ?
Toi qui a parlé au passé,
Quand est-ce que t’aurais pu avoir envie de me découvrir ?

Quand je t’ai tourné le dos, une première fois ?
Quand je t’ai blessé, une seconde ?
Quand je t’ai repoussé, la troisième ?


Non.

Tout simplement. Non.

Si tu l'admets pas c'est que tu te mens à toi-même.


Mes doigts se crispent sur les draps, comme le font mes muscles dans tout le corps. Souffle obstrué. Cœur comprimé.

Il y a quelque chose.

Quelque chose qui me serre violemment le torse.

Pas la sensation de m’emporter pour rien, non.

Autre chose.

Je le vois, dans tes yeux. Je peux la discerner, malgré la pénombre. L’émotion que mes accusations viennent d’instiller en toi. Encore une fois, emporté trop loin – trop fort. À lancer ces mots à tout va. Ces mots qui blessent et qui heurtent sans penser aux conséquences ; qui ne sont en vérité que le reflet de ressentis trop violents.

Voilà que, non content d’éviter de me répondre, tu m’enchaines ces « pourquoi ». Mais, si je suis désarçonné, pour la seconde fois, cette soirée… ? Si je suis troublé… ? Cette fois ce ne sont pas tes mots. C’est par ce sang-froid que je n’attendais pas.

Aspiré par ton regard. Saisi par ton calme. Je cille.

Et, juste comme ça, si simplement que c’en est ridicule : je sens ma tension s’amoindrir et ma hargne vaciller...

Si fort, qu’ainsi perdu dans tes yeux, ce doigt qui me heurte me semble n’être contre ma peau que des frissons.

C’est pas normal de ressentir ça.
C'est pas normal !

Inconsciemment pourtant, mes doigts se desserrent. Je me retrouve bêtement à détailler ton visage désormais proche… Mais… mais j’peux pas en démordre. Une part de moi s’y refuse. J’ai cette envie, collée à la gorge – cette gorge si sèche d’avoir aspiré tant d’alcool, cette nuit. Une envie de certitudes qui me fait froncer le regard et grimacer à nouveau, me donnant des airs de durs et d’incertain, comme pour verrouiller un masque.

— C’est si compliqué de me dire si oui ou non t’en a quelque chose à foutre ? Faut que tu t’esquives en me posant tous ces « Pourquoi » ??

D’une main ferme, j’attrape ce doigt que tu pointais encore sur mon torse. Je l’attrape puis je l’abaisse, doucement, sans te quitter des yeux, pour capturer ta main sur les draps chauds et la faire mienne.

— J’comprends pas…, que je fini par articuler d’une voix rauque mais désormais basse.

Trop grave désormais.
Une inspiration me soulève et– …

— J’ai tout fait…, que je poursuis du bout des lèvres, timbre vibrant. Tout fait pour que tu me détestes… Tu vois pas ?



— C’est pas le mal dans tes mots que je vois. Je vois le mal que j’ai fais.

Le mal que j’ai pu faire à d’autres mais… Aussi et surtout à toi…

À toi, parce que c’était volontaire.


— Et ce mal que j’ai fait… il me dit pas que c’est improbable que tu veuilles apprendre à me connaître… Il me dit que c’est impossible.

Et peut-être que je prie pour que les choses restent ainsi.
Peut-être que je prie pour qu’il en soit autrement.
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Doucement, dans le secret de la pénombre, je calme ma respiration. Inspirant, expirant — priant, de sorte à ce que les tensions me quittent et les larmes s'assèchent. Il n'y a pas besoin de lumière pour que je comprenne les émotions qui te malmènent. Il n'y a qu'à voir cette façon que tu as eu de monter sur tes chevaux — d'en redescendre et, maintenant, d'être en proie à d'autres sentiments que je ne pourrais guère nommer. Mais de ce que je peux discerner de ces expressions qui déforment tour à tour ton visage, je sais que tu es tout aussi perdu que je le suis.

Ma mâchoire se contracte quand tu m'assailles de ces reproches. De fuir le sujet plutôt que de l'affronter ? Cette part plus sombre de moi que tu as réussi à éveiller ces derniers temps rêverais de te rétorquer que c'est l'hôpital qui se fout de la charité. Celle plus raisonnée ne le fera pas. Les cris contre les cris ne font rien avancer. Et si je voudrais extérioriser tout autant que toi tu le fais, je me contiens. Car, je ne veux pas que l'on se retrouve encore dans une putain d'impasse. Peut-être aussi car je n'ai pas la force de me battre, ce soir. Pas la force de hurler.

Je n'esquive rien.

Je cherche seulement des réponses. Tout comme toi, tu sembles en vouloir.

Mon index se retrouve prisonnier de ta poigne. Et si je pensais que tu allais envoyer valser ma main, je suis plutôt surpris que, doucement, tu viennes la bloquer contre le drap à la place.  

Tu ne comprends pas et, soudainement, moi non plus.

Tu dis avoir tout fait pour que je te déteste. C'est mal me connaître pourtant de penser que je suis du genre à détester, les gens. Mais, comment pourrais-tu seulement le savoir ? Tu ne peux pas. Je ne t'en veux pas. D'être buté dans ton idée que c'est impossible de vouloir apprendre à te connaître, après tout ça.

J'inspire.
Je secoue doucement la tête.

J'ai pas envie de te détester.

J'en ai côtoyé des gens difficiles. Et si tu es pas mal à ce niveau-là, moi je crois que tu ne penses pas vraiment ce que tu dis. C'est pour ça, que je garde espoir.

Puis, depuis que Naa est venue me parler, je n'ai de cesse de me repasser ses mots. D'y songer et d'avoir de l'empathie pour toi. En fait, je crois que j'ai pensé, toute la soirée, entre deux bribes de conversation, à ce que doit être ta vie. Si tu ne m'as pas répondu précédemment, il va de soit que je suis persuadé qu'il n'y a rien de facile, à être une figure publique. Qu'un mariage, de surcroît un second, doit être difficile à encaisser.

Détester les gens est une perte de temps.

Dans ce cas-là, plutôt passer à autre chose que de ressasser une haine dévorante qui nous prive des bonnes choses qui nous entourent.

J'ai rencontré des personnes plus abjectes que toi. Même si c'est indéniable, tu m'as fait du mal. Mon ton est plus posé qu'avant. Je t'explique calmement — presque doucement. Malgré tout, je n'en ai pas rien à faire de toi.

J'avoue que je suis assez incertain. Je ne suis pas persuadé que tu puisses me croire aux vues de tes réactions précédentes. Le coeur qui palpite un peu plus vite, je déglutis. Mes doigts se recroquevillent sous ta main, leur pointe caressant doucement celle des tiens.

Mais toi, pourquoi tu tiens donc tant que ça à ce que je te déteste ? Je comprends pas, moi non plus...

Je ne comprends pas, pourquoi tu cherches tant à me faire la guerre, comme ça...
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On a beau se regarder dans le blanc des yeux. Croire y déceler certaines vérités. Au fond, celles-ci demeurent inaccessible... Ce que je vois peut me tromper. Ce que t’entends peut être faux. Ma rudesse, ton calme. Jusqu’où ira-t-on ?

Est-ce que c’est le début de quelque chose, ce qu’on a là ?
Est-ce que c’est le chemin d’une impasse ?

J’en sais rien…

Mais je te regarde et… ce que je ressens, ce soupçon d’angoisse diffus mêlé de rogne à l’idée de me retrouver là, ici ce soir, à « discuter » avec toi.., partager le fond d’une pensée… ?

Ça ne peut pas être innocent.

Et tu me dis que tu n’esquives rien. Tu me dis que t’as pas envie de me détester. Que détester les gens, c’est une perte de temps. Et sous mes doigts, ta chaleur se diffuse. Dans ma tête, une pensée se forme. Je me dis que c’est pas ce que j’avais envie d’entendre. Je me dis que t’es décidément trop doué pour m’agacer. Pis, que tu devrais arrêter de parler, en fait. Surtout pas avec cette bouche trop ronde et tentante, qui me fait affront.

Et puis : Putain tu m’en diras tant !

Saint Chae-Rok !


Mutique, malgré ce qui me traverse l’esprit. L’œil sombre et intimidant, qui ne dévie pas. Scotché à cette petite gueule qui est tienne, nimbée d’ombres mais pâle comme la lune. T'as l'air d'un fantôme. D'un souvenir. D'un désir refoulé. Sans savoir pourquoi, je me remémore ce baiser que tu m’as donné. Je dérive. Et pourquoi si doux ? Pourquoi si différent ? Pourquoi si calme ?

Mais toi aussi, t’as encore un « pourquoi » sur le bord des lèvres.

— Mais toi, pourquoi tu tiens donc tant que ça à ce que je te déteste ? Je comprends pas, moi non plus...

Cette question, qui fait cavaler quelques secondes de trop mon cœur fatigué. Qui me laisse de longues secondes, sans voix, à seulement serrer des dents.

— …

Là. Le silence pesant.
Le silence bien chiant.

Celui qui te dit que t'aura pas de réponses.

Je fini pourtant par déglutir ; tirer encore plus la tronche, rompant tout contact visuel, le visage fermé.

— J’suis pas sûr que tu comprennes même si j’t’explique…

Des mots marmonnés, à contrecœur.

Je pourrai t’expliquer. Te dire pourquoi. Te parler de moi. Te faire un dessin, même. Mais le faire ce serait accepter. Accepter que tu sois celui à qui je me confie. Que tu deviennes quelqu’un – quelqu’un d’important. Et moi… moi j’veux plus de ça dans ma vie. J’en veux pas. J’en veux plus. Tu vois pas ? Qu’il n’y a plus d’ailes à brûler ? Qu’il n’y a plus qu’un cœur piétiné ? Piétiné par mes soins ; piétiné par d’autres ? Le tout enrobé d’un joli ruban doré ?

La vérité, c’est que j’ai peur...
La vérité… c’est que je suis mort de trouille.


Coupant court à ce qui trotte dans ma tête, j'pousse un long soupir. Je te relâche. Me laisse lourdement retomber dans le lit, négligemment, comme si tout cela n’avait plus d’importance soudain.

Que de toute façon, tout ceci allait être oublié, dès demain matin.
Et que les choses reprendraient leur cours.

— C’est pas contre toi…, que j’te fais pourtant, sans te regarder, les yeux désormais fixés sur un point invisible. T’as juste pas eu de chance…

...

— T’as juste été marié à un triste abruti qui préfère tout détruire plutôt que risquer à nouveau de tout perdre..
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Au fond, je crois que je ne m’attends pas vraiment à une réponse. Je reste plutôt persuadé que le silence va continuer sur sa lancée. Que tu vas simplement m’ignorer, te coucher, te retourner de sorte à être dos à moi et juste… cesser la conversation. Présentement, je n’arrive guère à visualiser d’autres scénarios que celui-ci. La faute, peut-être, à cette tension pesante qui gravite autour de nous — comme à chaque fois ?

Je suis préparé à ça.

Pourtant. Je vois, que ton visage se modèle d’une nouvelle expression. Puis, tes yeux dévient.

Pourquoi donc, je ne comprendrais pas… Essaie. Essaie, juste pour voir…

Je ne te demande rien — m’estimant plutôt « heureux » que tu aies ouvert la bouche et de ne pas m’être pris une tempête en pleine figure. Je souffle doucement, répondant simplement, en un murmure :

D’accord, si tu le dis.

Il n’y a aucun méchanceté ni sarcasme. Juste l’acceptation ; que tu ne veuilles pas en dire plus.

C’est comme ça.

Alors, quand tu me rends ma liberté, que tu t’affales de ton côté, moi je me glisse doucement sous les draps. L’arrière du crâne vissé à l’oreiller, mes petits doigts agrippent la couette pour la ramener jusque sous mon menton. J’avise le plafond, quelques secondes, avant de laisser mes paupières s’effondrer. Je crois que, présentement, j’ai besoin de dormir. Laisser Morphée me guide vers le sentier des songes et…

C’est pas contre toi…

Pantois.

J’ai juste pas eu de chance.
Mais ça, je n’ai pas envie d’y croire.

Je retrouve la pénombre de sorte à revenir vers ta silhouette. Et mes lippes s’entrouvrent quand tu continues, me contant que j’ai juste été marié à un « triste abruti » qui préfère tout détruire plutôt que de risquer de tout perdre — encore.

Oh.

La surprise, d’abord.

Avant qu’un autre sentiment ne prenne place. Mon coeur se serre — tant, que ma paume droite vient se poser au-dessus de ce premier pour s’assurer de son état. Je suis à la fois touché que tu viennes de m’ouvrir une petite porte et, en même temps… Je me sens coupable.

Qu’est-ce que tu as perdu ?
Est-ce à cause de ce mariage ?
Est-ce à cause de ton mariage, d’il y a quatre ans ?


J’ai des centaines de questions qui pendent au bout de mes lèvres. Des interrogations que je n’oserais toutefois pas te poser. Par respect pour toi. Pour ne pas tout gâcher en étant trop intrusif, tu vois ?

Arrête, tu n’es pas un abruti… que je souffle tout bas — comme si c’était là une confidence, un secret que toi seul devait entendre. ]C’est normal, que tu veuilles te protéger… C’est humain.

Même si je suis un dommage collatéral.

J’ai cette envie. De vouloir venir attraper ta main. Ne serait-ce qu’effleurer tes doigts. Pour te rassurer et te dire que ce n’est pas grave. Ça me démange — tant que ma main libre s’engage ; s’avance vers la tienne. Mais je la stoppe et je la ramène bien vite à moi. Après ce que tu m’as dit, je ne suis pas sûr que ce serait bien venu. Alors, à la place… Je reste cloué à ma place.

Je suis désolé, un ton encore plus bas — presque inaudible.

Je ne sais pas vraiment pour quoi. Pour tout et rien à la fois. Pour ce que tu as vécu, pour ce qui t’as amené à penser ainsi. Pour ce que tu as perdu. D’être là, avec toi. Alors que je ne suis responsable de rien de ce que je suis en train de citer. C’est plus fort que moi.

 « Si ça va pas entre vous je pense que simplement, c'est parce que lui ne va pas bien… », c’était donc ça, Naa…

Je ne sais pas ce que tu as vécu. Mais ne te torture pas comme ça, par pitié… Je déglutis. Je… Peu importe ce que je suis à tes yeux, comprend juste que je ne suis pas ton ennemi. Je ne te demande pas de ne serait-ce que m’apprécier mais juste…

On pourrait, je sais pas… Être un peu comme une équipe, tu vois ? Se serrer les coudes et…

Laisse tomber… Le dos de ma main vient frotter mon nez avant que je ne conclus doucement : Ne pense juste pas de mauvaises choses comme ça à ton sujet. Sors toi de la tête que tu es un abruti.
Chae-Rok Asuka
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Étalé sur les draps, fixant le plafond ; j’entends les pulsations que font mon cœur. Ça bourdonne. Ça berce. Un coup violent, succédé de multiples coups trop bas. L’exténuement gagne son terrain, me perdant peu à peu, m’empêchant de lutter. Amer, au bout du compte. Amer et las.

— Arrête, tu n’es pas un abruti…, souffles-tu.

Tss.

— Ah non ? je ne peux m’empêcher de rétorquer.

— C’est normal, que tu veuilles te protéger… C’est humain.

Le sarcasme au bord des lèvres, je grimace sans te répondre ; je me détourne finalement, le visage à l’opposé du tien, pour t’empêcher d’y déceler quoi que ce soit.

Et, il y a cette excuse que tu me glisses.., ce « je suis désolé » qui me renfrogne un peu plus, me faisant tiquer.

T’es qui pour être « désolé » ?
T’es qui pour me prendre en pitié ?


Un instant de flottement, à laisser les mots faire leur chemin.

Et toi alors ? Toi, pourquoi tu te protèges pas ?

— Tu crois que j’ai pas conscience de ça ? que je te murmure sombrement. Tu crois que j’ai pas conscience que t’es pas mon ennemi ?

Non. Non, tu l’es pas. Mais je suppose que ça change rien. Si tu me demande ça, c’est que t’as rien pigé à mes déclarations. Tu t’es pas arrêté sur la bonne info. Il aurait peut-être fallut te demander pourquoi je voulais tout détruire. Pourquoi, dans ce cas précis, cela s’étend à toi – et non pas : pourquoi je me traite d’abruti, même si… c’est lié, dans un sens.

Mais le jour où tu comprendras ce que je voulais dire par là, tu comprendras aussi que c’est lié à la tournure de cette nuit que l’on a partagé… Tu comprendras pourquoi j’ai agis comme je l’ai fait. Et… non… En vérité, peut-être vaudrait-il mieux pas que ça reste ainsi. Que tu comprennes pas.

Alors ; laisser tomber. Ouais. Laisse tomber. De toute façon il n’y aura personne pour nous rattraper à la toute fin.

— T’es pas le seul à avoir essayé de me faire entendre raison.

C’est con, ça marche pas.

Pour te signifier que c’en est terminé, je te tourne ostensiblement le dos. Je m’enfonce le crâne dans l’oreiller, le serrant de mon bras gauche, les muscles contractés.

Tu vois, t’as peut-être la meilleure volonté du monde, mais ça sonne creux à mes oreilles. Comme si ma conscience choisissait volontairement de survoler la sollicitude d’autrui, sans lui donner du pouvoir. Parce que c’est devenue une sale habitude, chez moi. D’être borné. Têtu. Méfiant. Hostile face à ce qui me touche de trop.

C’est comme ça que j’avance désormais. Me nourrissant de culpabilité sans plus chercher la lumière. Trouvant juste de quoi me distraire,

et recommencer la boucle.


[ … ]


Si le sommeil m’a prit sans hésitation, la fatigue m'assommant comme une masse ; le réveil est... plus vif...

D’abord, c’est une envie de pisser monstre qui me vient. Puis, je réalise qu’un truc est en train de vibrer avec acharnement, sous mon aine. Ça me dérange. Cinq secondes. Dix. Assez pour que, étouffant un râle de mauvaise humeur, je remue et entreprenne d'émerger lentement. Le jour est là. Il baigne la chambre de ses rayons. Et moi, j’ai la bouche pâteuse et le regard collé. La tronche totalement coincée dans le coaltar.

Quelle heure est-il donc ?

Les vibrations s’interrompent -- contrairement à mon envie de pisser, qui elle, ne fait que s’accentuer. Torpeur ou non, mon corps fini par s’animer de lui-même face au besoin pressant. Mes paupières ne forment qu’un pli, je tâtonne, à la recherche du parasite, me redressant – et là, oh mystère, je trouve mon portable qui apparemment est resté là toute la nuit.

Nouveau marmonnement et je me relève, l’emportant avec moi, la démarche traînante ; ne daignant pas même jeter un coup d’œil dans ta direction – on a le droit de se bercer d’illusion quant à ce qui est, non ?

Ah, la grâce des lendemains de cuite. Heureusement que personne n’est susceptible de me voir consulter mes notifications en urinant, encore à moitié endormi.

Putain. C’est quoi ça ?!

Pearl & Black • Hanz Jkje

Hoquetant, je manque de relâcher l’appareil par surprise, l’empêchant de justesse de tomber dans la cuvette, dans un battement de cil.

— Eh merde.

Je lève les yeux au ciel, désormais totalement réveillé – et d’ores et déjà irrité pour le restant de la journée.

— Putain d’enfoirée d’IA de mes deux…

Comme si jurer comme un charretier m’aidait à me détendre.

Bon… Au moins l’ordre n’est pas si compliqué.
En fait, ça tombe plutôt bien.

Ou pas.

Parce que tu vas partir bosser dans pas longtemps, non… ?
Et si quelqu’un te voit sortir de ma suite ?
Ça me laisse combien de temps ?


Un nouveau chapelet d’insulte s’accumule déjà sur le bout de ma langue. Frustré, je prends même pas le temps de me doucher, ni même me changer – de toute façon, je suis plus à une excentricité près, le personnel d’ici me connaît...

Alors, décidant d’en finir au plus vite, j’opte pour un rafraîchissement rapide, me lavant les dents et me passant le visage sous l’eau. Je vérifie ma coiffure et... me reste plus qu’à récupérer ma veste et allez donner une leçon vestimentaire digne de ce nom à tous les lève-tôt que j’compte bien croiser, en allant chercher le petit-déjeuner.

Je sais pas si tu dors encore. De la même façon qu’il m’étonnerait que t’aie avisé l’ordre. Toujours est-il que je t’adresse la parole, en partant, te désignant d’un index autoritaire.

— Bouge pas d’ici !

Un bref coup d’œil, jeté par-dessus mon épaule – et détourné aussitôt, à cause d’un foutu trouble malvenu qui point lorsque je te vois là, couché dans « MON » lit. Ou du moins, celui dans lequel j’ai dormi le plus de fois, au cours des dernières années…  

Mon cœur tambourine lorsque je sors de la suite pour me diriger vers l’ascenseur. Cette situation me donne l’impression d’être un espion sur le point d’être découvert. Je me donne quinze minutes. Le temps de demander un plateau adéquat et faire une razzia au buffet, soi-disant pour mon petit plaisir personnel – chose que personne n’osera venir contrarier ou contredire, bien évidemment.

Toast, café, jus, croissants, pâtisseries, omelette, confiture, tout y passe. Et Dieu sait que les petits-déjeuner d’ici sont divins et que tout à l’air alléchant. Au cas où, je prends le temps de préparer des tartines, entre autres choses. Cela me demande quelques ajustement, pour que tout tienne sur mon plateau… mais au bout du compte, j’suis plutôt fier de moi. J’oublie même, l’espace de quelques minutes, que c’est pour toi que je fais ça.

Mais ce fait, je m’en rappelle bien assez tôt…

Ma gueule s’est déjà renfrognée lorsque je repasse la porte de la chambre. Cette vision de moi, toujours sapé comme la veille, avec un putain de plateau merveilleux, ça doit être n’importe quoi. Je fais de mon mieux pour éviter ton regard, allant m’asseoir sur le bord du lit.

Je me racle la gorge.

— Tiens…, je bougonne. C’est pour toi.

Et puis, mal à l’aise face à cette situation, je me sens obligé de préciser, au cas où, dans un grognement :

— Et t’emballe pas… C’était juste un ordre !

J’hésite une seconde, la main sur la nuque, puis me relève sans crier gare, ni véritablement attendre de réaction de ta part. Parce que c’est plus facile de couper court à toute effusion ou remerciements – qu’il ne me semble pas mériter, de surcroît – je me fais dédain en reniflant, fuyant filant vers la salle de bain. Cette fois, avec la ferme intention de prendre une bonne grosse douche qui viendra, si c’est pas trop demander, chasser toutes les tensions que mon corps abrite…..
Hanz Asuka
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Je soupire longuement.

Évidemment, ça ne pouvait pas finir autrement. Tout n’est que la continuité de ce cercle vicieux dans lequel nous nous trouvons. Parfois, il y a un petit effort de fait — pour que la seconde d’après, il soit effacé toute trace de ce premier. Pourtant, au fond de moi, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’aujourd’hui, nous avons fait un pas en avant. Plus que les autres fois, s’entend. Ce soir, bien que ce ne fut que quelques mots, tu m’as livré un peu de toi. Alors, tu as beau jouer au bougon, te retournant pour me tourner le dos et m’indiquer clairement que la conversation s’arrête là, j’ai simplement envie de garder le positif.

Je t’imite. Me plaçant sur le côté, regard rivé à l’opposé de toi, je fixe un point dans l’obscurité. Je n’ai pas sommeil, les paupières grandes ouvertes — et le train de mes idées qui s’accélère. Je me repasse tes mots, des tas de questions fleurissant au fur et à mesure. Je ne peux arrêter de réfléchir ; à la soirée, à nous, à toi. Et je sais, d’ores et déjà, que la nuit va être longue. Qu’une insomnie monumentale me guette. Ce n’est pas grave, j’ai l’habitude. Ça ne sera qu’une de plus au compteur. Mes doigts s’accrochant au drap, je me recroqueville légèrement.

Qui a essayé de te raisonner ?

Qu’a-t-il bien pu t’arriver, pour que tu ne puisses plus faire confiance aux autres — pour que tu n’aies plus confiance en toi… ?


{…}


Comme à l’accoutumée, c’est à l’approche du petit matin que je me suis endormi. Après ce tête-à-tête avec moi-même, je me suis emparé de mon téléphone pour trainer sur les réseaux, écouter un peu de musique tout en écrivant — de sorte à relâcher tout ce qui s’était accumulé en moi au cours de cette journée. Doucement, les mélodies ont fait pression sur mes paupières qui se sont alourdies. Et j’ai pu me reposer.

Un peu seulement. N’ayant pas un sommeil de plomb, je suis réveillé quand tu bouges et te lève du lit. Ayant trop peur d’aviser l’heure, je préfère m’emmitoufler un peu mieux dans les draps, cachant même mon visage à l’aide de ces derniers pour m’enfermer dans ma petite bulle. Vaguement, je t’entends pester tout seul, sans vraiment y prêter attention. Non, je n’ai pas envie de me prendre la tête — pas pour l’instant. J’aspire à quelques minutes de répit, durant lesquelles je pourrais profiter du confort inouï de ce lit. Avant que je n’ai à me préparer pour aller travailler. Enfin, quand bien même j’ai largement le temps devant moi.

Alors, je me concentre sur ma respiration. J’inspire, j’expire à un rythme régulier — toujours plongé dans le noir. J’aime beaucoup faire quelques petits exercices de méditation et de yoga le matin, pour démarrer ma journée. Quand j’en ai le temps, bien sûr. Et l’envie.

Bouge pas d’ici !

Je fais un bond dans le lit, mes pupilles subitement agressée par la lumière alentours lorsque mes paupières se soulèvent. Je me redresse un peu, perdu, tout en avisant ta silhouette qui disparait derrière la porte. Penchant la tête sur le côté, mon poing droit vient frotter mes yeux.
Qu’est-ce que…
Qu’est-ce que c’était, ça ?!


Rahhh, Hanz Asuka ! Qu’est-ce que tu mijotes encore ?! Murmurai-je pour moi-même tout en retombant sur le matelas, ne sachant guère si je dois m’inquiéter ou pas — ce que cela présage.

Le bras posé sur mon visage, celui-ci m’obstruant la vue, je calme mon cerveau qui s’emballait déjà à écrire mille et un scénarios. Je n’ai pas envie de me prendre la tête pour rien. Certainement que tu es parti tâter le terrain, de sorte à ce que personne ne me voit sortir de ta suite. Ceci dit, n’étant pas prêt, c’est peut-être un peu tôt pour ça… À moins que tu n’aies aucun scrupule à me virer d’ici quand bien même je ne sois ni complètement réveillé, ni éveillé ? Allez savoir…

Si je pense un instant à me lever pour me préparer, je refoule cette idée la seconde qui suit. Je préfère attendre d’être sur de savoir ce qui t’as traversé l’esprit avant de m’avancer. Merde, je n’ai pas envie de jouer le rôle du fuyard ! Ça ne me ressemble pas.

Alors, je ne me redresse de nouveau que lorsque j’entends la porte s’ouvrir.

Mes tourmalines t’avisant avec interrogation, elles s’écarquillent bien vite quand elles se posent sur le plateau que tu ramènes. La surprise est telle que, lorsque tu t’assoies au bord du lit, mes yeux ne cessent de passer de ce superbe petit déjeuner à toi — toi qui fuis. Tu te racles la gorge et tu me dis que c’est pour moi. Ce à quoi je ne peux que rétorquer un :

Hein… ?

En quel honneur ?! C’est… c’est si soudain, je…

Et t’emballe pas… C’était juste un ordre !

Une paume qui triture ta nuque et tu t’en vas — me laissant là, avec ce plateau de roi, sans que je ne puisse ajouter quoi que ce soit. Comme un idiot, je reste une poignée de secondes à le contempler, me demandant si je peux réellement y toucher… Avant de revenir mentalement sur ce que tu as dit. Un ordre ? Je me meus alors, me tournant légèrement tout en tendant le bras pour attraper mon téléphone. L’écran s’allumant, je constate effectivement une notification de l’Incontestable. Je pense d’abord est-ce que tous les couples mariés reçoivent autant de fast-action en si peu de temps ? avant de me dire que la machine cherche vraiment à nous donner un coup de pouce on dirait… Tant mieux, quelque part. Moi en tout cas, je ne suis clairement pas contre. Surtout que ça reste des ordres… réalisables ? Enfin, dans le sens où ça reste de l’ordre du « commun », on va dire. Je sais que mon frère et son ex-épouse ont eu droit à des ordres plus farfelus… Et que ça n’a certainement pas aidé à les rapprocher. Alors, personnellement, je vais me contenter de ça, et peut-être essayer d’en profiter ?

Après tout, aujourd’hui est un jour nouveau.

La bouche un peu pâteuse, je me permets de boire un peu de jus d’orange. Gorgées salvatrices — puis je ne dis jamais non à un peu de vitamine C. Bien que la caféine reste ma meilleure alliée. Mais… c’est tout. Pour l’instant. Déplaçant le plateau de sorte à ce que je puisse m’assoir en tailleur, je m’extirpe de la couette. Baillant un coup, je passe une main entre mes mèches d’encre pour essayer de les discipliner, ne serait-ce qu’un peu. Ceci fait… j’attends.

J’attends que tu sortes de la salle de bain.

De peur que le café ne refroidisse trop vite, j’avoue que j’entame une tasse assez vite. Mais pour ce qui est de la nourriture… ça peut patienter. Je scroll sur instagram, commente la dernière publication de ma demi-soeur avant d’échanger quelques messages avec elle. Machi commence même à me harceler pour qu’on se fasse un appel vidéo — ce que je refuse, bien évidemment. Hors de question qu’elle voit où je me trouve. Ça me fait du mal de devoir mentir ou me dérober de certaines conversations avec mes proches, mais pour l’instant, personne ne doit savoir. J’imagine que c’est mieux ainsi, pour tout le monde.

Le temps passe plutôt vite, ainsi. Alors, quand j’entends la porte de la salle de bain s’ouvrir de nouveau, je m’arme d’un sourire, relevant doucement le nez de mon téléphone.

Hanz, tu… AH !

Un petit cri m’échappe quand mes pupilles tombent sur ta silhouette à moitié dénudée, une simple serviette t’habillant. J’ai pour réflexe de plaquer mes deux mains sur mon visage, le rouge me montant aux joues. Mes dents se plantent secrètement à l’intérieur de ma joue. Tu m’énerves ! Ça devrait pas être permis de débarquer à moitié à poil comme ça ! Quand bien même ça soit pas désagréable pour les yeux, hein ! … Non mais à quoi je pense, moi !? Je soupire, mes paumes s’écartant de mon champ de vision tandis que je tourne légèrement la tête. Je tends mon bras droit vers l’avant, mon index pointant vers le bas — vers cet incroyable plateau.  

Quand tu seras habillé, viens déjeuner avec moi.

Ça sonne clairement comme un ordre — et je ne m’en cache pas. Pire que ça. Mon regard vient trouver le tien. Paupières légèrement plissées, une lueur de défi au creux des prunelles, je m’empresse d’ajouter avant que tu ne contredises mes propos :

C’est non-négociable !. Mon ton est véhément. Je te pointe alors du doigt, avant que mon geste ne change de cap, de sorte à ce que mon pouce me désigne. J’ai pas bavé tout ce temps devant ces tartines pour me prendre un refus. Et quand bien même tu ne voudrais pas, crois-moi que j’arriverais à te faire assoir sur ce lit, face à ce plateau.

J’avoue que… je ne sais pas vraiment ce qui me prend. Pourquoi au fond de moi, je ressentirais presque l’envie de te taquiner, là. Pourquoi sur mes lèvres se placarde un rictus amusé. C’est étrange.

Quoiqu’il en soit, Hanz, ce que tu ne sais pas, c’est que tu es tombé sur tout aussi buté que toi.
J’compte pas te lâcher la grappe si facilement.

Chae-Rok Asuka
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J’attends pas mon reste, non...
Ce n’est même qu’une fois sous le jet d’une eau brûlante, que je me remet à respirer. Putain. Qu’est-ce que j’ai encore ? Est-ce que tu seras toujours là quand je sortirai ? J’me mettrais presque à prier que non. J’ai beau fermer les yeux, espérer chasser ta présence de mes pensées, rien n’y fait : Je revois tes traits encore ensommeillés ; je revois ta surprise. Et moi, fuyant. T’abandonnant face à ton succulent plateau de victuailles, détestant ma défaite et allant pour m’enfermer dans la salle de bain – Pourquoi, exactement ?

T’as cru rêver, hein ?
Non.
Même pas en rêve.
Impossible que t’aie cru que c’était réel.


La nuque offerte aux flux aqueux. Les paumes plaquées contre la façade en compagnie de mon front, je grimace.

Pourquoi j’me sens si con ??

Y a deux secondes, en allant répondre à l'ordre, j’avais pas ce sentiment. C’était presque sans importance. Ce n’était qu’un détail ! Un simple détour sur le chemin de ce jour ! Mais voilà que les secondes s’étirent. Et je phase, le regard perdu, planté sur les dalles humides, l’eau dévalant ma peau, perlant sur mes cils tandis que je survole, en pensée, tout ce qui ne tourne pas rond, chez moi.

Je crois que mon corps accuse le coup du rythme effréné de ces derniers jours, entre pression constante et manque de sommeil. C’est pour ça, hein ? C’est juste ça si j’ai l’impression de perdre la tête…

Grinçant des dents, je me morigène.

Putain remets-toi, c’était qu’un ordre à la con !
C’est rien.

Cette nuit aussi, c'était rien.
Toutes celles d'avant également.


Incapable en définitive de me détendre malgré l’eau qui frappe mes muscles. Les nœuds dans mes épaules étant probablement légion. Je me dis qu’un tour au spa de l’hôtel serait le bienvenu, tant que j’y suis. Sans réfléchir davantage, j’attrape le gel douche de l’hôtel – dont les senteurs de pin mentholé capiteuses me font un peu tourner la tête. Je me frictionne avec vigueur, n’oubliant aucune partie de mon corps comme si cela pourrait m’aider à m’exorciser, faisant mousser ma peau.

Quinze minutes plus tard, mes ablutions achevées, il me faut me rendre à l’évidence : J’ai oublié de prendre des fringues propres…

Ça. Et j’ai une foutue envie de café !
Pourquoi j’en ai pas pris deux ?!

Que quelqu’un m’explique !


Avisant d’un œil noir mes habits de la veille, je fini par froncer les sourcils en retournant à mon reflet, puis fait claquer ma langue.

N’y tenant plus, une inspiration et…

Le poing crispé sur le petit carré de serviette servant à cacher une certaine partie de mon anatomie, je sors de la salle de bain.

Une demi-seconde plus tard, j'entends :

— Hanz, tu… AH !

Et si j’arborai une mine sombre jusqu’à présent, ton exclamation me fait tiquer – tout comme elle te rappelle aussi brusquement à moi. Sentant mon dos se raidir, je biaise le regard vers toi juste à temps pour surprendre cette façon candide avec laquelle tu tentes de te cacher les yeux…

Oh, allons…, que je m’entende railler mentalement, me sentant toutefois en parallèle étrangement satisfait par ta réaction.

Sans rien dire, empruntant même un air hautain, j’hausse un sourcil (comme si j’comprenais pas le soucis).

Puis s’en viennent alors tes drôles d’exigences… qui me laissent sans voix.

Mon cœur s’arrête avant de repartir de plus belle. N'en croyant pas mes oreilles, au départ, j’ai bien l’intention de t’ignorer royalement. Je commence même à me détourner, pour ce faire, l’air passablement ennuyé. Mais… un truc me pousse à revoir les choses sous un autre angle. Une curiosité lascive. Ou l’impression qu’en me donnant ces ordres, tu viens de me redonner les cartes pour reprendre le contrôle de la situation.

Et si…

Changeant subtilement d’attitude, mon expression se fait plus calculée. Mon regard se fait plus dur, perçant. Un prémisse de sourire effleure mes commissures, me donnant des airs de séducteur inaccessible. Je me retourne doucement vers toi, t’évaluant, ma peau encore légèrement moite et brûlante, les cheveux humides. Quelque chose me dit que tu viens de faire une grave erreur en me donnant ces ordres...

Je fais un pas dans ta direction, puis un autre, jusqu’à atteindre le lit dans ma quasi-tenue-d’Adam.

En vérité, je crois qu’une part de moi se délecte d’avance de tes possibles réactions.

J’ai bien envie de te donner une leçon...

— Et bien, c’est demandé si gentiment… Comment pourrais-je refuser une telle invitation… ?

Prononcé lentement, d’un timbre envoûtant teinté d’ironie.

— Mais je crois que je vais attendre encore un peu... avant de m’habiller.

Désinvolte, à présent. Ne t'en déplaise. Les draps se creusent sous mon poids, quand je prends place en face de toi, de l’autre côté du plateau. Relâchant la serviette pour appuyer mon bras droit dans le lit, le tissu glisse sur mes hanches, dévoilant ma cuisse d'une manière totalement indécente, telle une invitation à y jeter un coup d’œil alors que je ne te quitte moi-même pas des yeux.

— Qu’est-ce que je gagne en échange de ma docilité ? Poursuivi-je tranquillement, en faisant mine d'abaisser les cils pour lorgner sur la nourriture.

L’attention toujours aussi fixe l'instant suivant.

— J’me disais, sous la douche…

Je laisse passer quelques secondes, puis poursuit sur le même ton :

— J’ai le corps tellement noué…

J’attrape un raisin que je porte machinalement à mes lèvres.
Je le mâche lentement, croquant ses grains...

— Si tu me fais massage, après ce festin… je déjeune avec toi. Et de te sourire, une lueur indescriptible dans les prunelles. C’est « non-négociable ».

Autrement, tu peux toujours abandonner l’idée du partage.
Et m’envoyer remettre mes fringues.


Hanz Asuka
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Une moue désapprobatrice, je fronce légèrement mes sourcils quand je te vois commencer à te détourner. Allez, quoi, Hanz ! Je me redresse même, inspirant une grande goulée d’air, prêt à rétorquer quelque chose ; n’importe quoi ! Car, tu n’as pas l’air de me prendre au sérieux mais je suis bien capable de te faire asseoir sur ce fichu lit si je le veux. Avec le sport que je fais et mes connaissances de pompier, même si ça n’en jette pas comme ça, j’suis bien plus fort que tu ne le crois…

Oh.


Je calme mes pensées quand tu t’arrêtes dans ta lancée ; changes vraisemblablement d’avis. Penchant la tête sur le côté, mon expression laisse place à la surprise quand je note cette nouvelle lueur, dans ton regard. J’affronte ce dernier, curieux que je suis de comprendre ce qui a initié ce revirement de situation. Seulement, c’était sans compter sur mon coeur qui s’affole de son propre chef quand tu fais un pas, deux — vers moi. J’ai beau lui intimer de se calmer, il n’écoute rien — cavale un peu plus à mesure que la distance se réduit entre nous. Ta tenue n’aide définitivement pas car mes pupilles intéressées rêveraient de se balader çà et là sur ta peau nue. Non mais Chae-rok, à quoi tu penses, sérieux ?! À des choses auxquelles je ne devrais pas. Mais c’est ta faute aussi, avec ton air sombre et l’ombre de ce rictus au coin de ta commissure qui te donne des airs de charmeur…

Je souffle calmement.
Esquisse un sourire quand l’ironie qui teinte ta voix percute mon tympan.
Et déglutis, quand tu enchaines, disant vouloir attendre avant de te vêtir.

Tu te rapproches — encore plus. D’une manière que, personnellement, je serais incapable de reproduire. Tel un fauve, lentement — ta cuisse se dévoilant soudainement sans pudeur. Je la vois, du coin de l’oeil. Et, même si mes pupilles s’entêtent à te fixer pour ne pas aller se perdre en quelques contrées interdites, elles ne peuvent guère s’empêcher de dévier, juste le temps d’une seconde. Juste le temps d’aviser la serviette qui n’est plus et ton épiderme spolié de son armure (de fortune).

Je me sens piquer un fard.

Pinçant mes lèvres, quitte à ce qu’elles deviennent blanches, il me faut du courage pour maintenir notre échange visuel. Je meurs de honte de savoir, encore, mes joues aussi rouges que des pivoines. Pour rien, en plus ! Je veux dire, tu n’es pas nu et rien ne se passe et… Arrête, arrête de t’embourber. Tu es quand même sacrément culotté ! De jouer de cette carte de séducteur alors que rien de ce que tu es en train de faire n’est réel ! Tu fais ça seulement par intérêt, je le sais. Et ta question d’après confirme ce que je pensais.

Ce que tu gagnes…

Parce que monsieur doit avoir quelque chose en échange, hein ? En temps normal, j’aurais lâché un petit souffle du nez, désabusé. Mais là, impossible quand la chaleur dans mes joues ne se calme pas. Cette façon, que tu as de parler ; elle est vicieuse aussi ! Vraiment ! Tu m’énerves… Ou plutôt, je m’énerve moi-même ! Il faut vraiment que j’arrête de réagir ainsi, c’est quoi ça enfin ?! Je ne dois perdre cet aplomb dont j’ai fais preuve juste avant en t’intimant littéralement de prendre le petit-déjeuner avec moi. Le truc… c’est que c’est déjà fait, je pense. Avec mes teintes carmines, je dois certainement paraitre moins sérieux, soudainement. En même temps, que voulez-vous… Tu vas jusqu’à croquer dans un raisin, en me fixant, comme ça…

C’est trop !

Je tourne les yeux, ces derniers tombant sur le plateau. Je fuis, un temps — le temps de reprendre un peu mes esprits. La pointe de ma langue passant subrepticement sur mes lèvres pour les humidifier, sèches qu’elles étaient.

À quoi tu peux bien penser, hein … ?

Si tu me fais un massage, après ce festin… je déjeune avec toi. C’est « non-négociable ».

Je relève le nez ; hausse les sourcils. Interloqué, d’abord, avant de secouer doucement la tête de droite à gauche.

Le chantage, c’est pas beau… Lançai-je, un soupir s’échappant de mes narines.

Et je ne suis pas sûr que ça soit très équitable, comme deal. Tu profites simplement de la situation pour ton petit plaisir personnel. D’un côté, t’as bien raison. J’imagine que n’importe qui aurait pu faire comme toi.

J’expire lentement, délaissant tes yeux pour les poser sur ma paume de main droite que je viens d’ouvrir — avisant cette longue cicatrice apparente. À cette vision qui me rappelle toujours bon nombre de souvenirs, mon coeur ralentit sa course, petit à petit. Je crois que j’ai compris que, si je n’accepte pas, je peux faire une crois sur le petit-déjeuner ensemble. Si j’espère, peut-être, que nous avancions toi et moi, je dois répondre positif à ta requête. Ce qui, en d’autres conditions, ne m’aurait pas dérangé. Là, c’est un peu différent. Mais je suis prêt à faire des concessions, sans aucun soucis. Je passe ma vie à en faire — ça ne serait qu’une de plus. Tout comme je suis parfaitement capable de mettre ma fierté de côté.

J’espère seulement en être capable. Les gestes répétitifs, ça me fait un mal de chien à la main. Il faut que je fasse attention. Après, j’ai connu pire que faire un massage, pas vrai ?

Le silence qui s’est étiré jusque-là, je finis par fermer mon poing, décidé, avant de planter mes prunelles dans les tiennes — une flamme de détermination au creux de ces dernières.

D’accord. Autant que je le peux, je te ferais un massage après ça. À condition que le p’tit dej ne se déroule pas dans le silence.

Je ne vais pas te demander de me livrer tous tes secrets. Qui serais-je, pour ça ? Non. Je veux simplement… qu’on parle. De la pluie, du beau temps — peu m’importe ! Quelques mots, par-ci, par-là. Je ne demande pas la lune.

J’arque un sourcil, te désignant d’un coup de menton :

Si tu t’habilles pas, range au moins ta cuisse.

Puis, déterminé, je m’installe en tailleur sur les draps, entamant ce plateau de roi en m’armant d’une tartine. Si j’ai retrouvé un peu d’aplomb, cela n’empêche pas mes pommettes de conserver leurs couleurs — pour mon plus grand malheur. Je croque dedans, échappant un soupir de satisfaction tout en fermant mes paupières un instant ; un sourire étirant naturellement mes lèvres. Trop bon. C’est con, mais ça me revigore et ça me fait penser à autre chose… Du moins, ça fait changer de voie le train de mes pensées qui s’était jusqu’alors focalisé sur… toi et, surtout, ton attitude. Enfin, difficile de vraiment avoir autre chose à l’esprit quand, évidemment, mes pupilles reviennent vers toi.

Et plus je te regarde, plus j’ai des questions qui fleurissent dans ma tête. Pas par rapport à ce qui est en train de se passer, ce qui se trame ou, encore, à la fête d’hier soir, non. Mais plutôt concernant ce qui s’est passé, le jour de notre première rencontre. Car, c’est bien ici que tu devais revenir avant que tu n’aies quitté le taxi, pas vrai ? C’est étrange quand même — je veux dire, avec tout l’argent que tu sembles avoir, tu dois certainement avoir d’autres propriétés, non ? Pourquoi venir ici ? J’aimerais pouvoir te le demander, mais je me dis que ce serait certainement trop osé. Et, je crois que j’ai envie d’un peu de banalités, entre nous deux. C’est toujours tout ou rien — jamais d’entre deux. Alors oui, j’ai besoin d’un semblant de normalité entre nous.

T’as prévu de faire quoi, cet après-midi ? T’interrogeai-je alors après avoir avalé une deuxième bouchée.
Chae-Rok Asuka
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J’avais oublié. Ces rougeurs sur tes joues qui te donnent un air d’innocence contrariée. Comme un air de déjà-vu. Un souvenir allant effleurer ma mémoire. Tu me fixes et me fuis et.., je ne peux m’empêcher de repenser à cette nuit, de ressentir à nouveau cette envie, ce besoin de faire qu’elles restent ici, sur tes pommettes, l’incandescence. Qu’avais-je dit alors ? « Je pourrai te faire rougir toute la nuit... » Voilà la promesse que je t’avais faite.

Mais seulement moitié tenue, si l’on en juge notre fin…

Un léger trouble me fait me tendre.

— Le chantage, c’est pas beau…

Oh, tu oses me parler de chantage ?
Parce que ton ordre non-discutable et les menaces étaient plus légitimes peut-être ?


Mon sourire se creuse un peu plus – il se fait plus rusé et patient – même s’il n’atteint pas mes yeux.

— Quel chantage, Chae-Rok… ? Te demande-je poliment, accentuant mon intonation en arquant un sourcil de quelques millimètres. C’est donnant-donnant, non ? Tu veux que j’obéisse, j’estime être en droit de demander quelque chose en retour.

Et je crois qu’il te faudrait revoir ta définition du véritable chantage.
Le genre qui te met dos au mur. Qui fait bouillir tes tripes d’impuissance et de rage.

Ce genre de chantage dont ma famille est coutumière.


Sans rien laisser paraître de plus, je te regarde expirer, me retenant de piocher à nouveau dans la nourriture en attendant ton verdict. Dans mon cou, une goutte ruisselle, échappée de ma chevelure.

— D’accord. Autant que je le peux, je te ferais un massage après ça. À condition que le p’tit dej ne se déroule pas dans le silence.

Brave petit, ne puis-je m’empêcher de jubiler intérieurement en me mordant la lèvre.

Même si tu viens de négocier une autre condition à ce qui en était déjà une.

— OK. Ça me semble équitable…

Me retenant de soupirer à ta demande suivante, je rabat négligemment le pan de serviette sur le bout de peau en question. Ce qui, il faut dire… n’aide pas vraiment à garder le reste au chaud. Mais c’est pas moi que ça dérangera.

Et puisqu’apparemment, les hostilités sont ouvertes et qu’il est possible de faire un sort à ce repas, je t’imite, piochant au hasard de quoi me remplir l’estomac tout en restant affalé tranquillement sur mon bras droit.

— T’as prévu de faire quoi, cet après-midi ?

Une seconde qui passe. Mon regard qui vient se poser sur toi comme pour te sonder, avant d’en retourner à la bouffe. Indifférence calculée.

— Dormir… et régler une partie des problèmes que mon départ précipité de New York à engendré…

A voir ma gueule, ça se sent que ça me trou le cul – pardon pour la vulgarité. Pas sûr d’avoir assez d’énergie pour accomplir ce qui doit l’être, qui plus est…

Je renifle.

— Et toi ?

C’est fou. C’est peut-être la conversation la plus cordiale qu’on aie eu jusque là, toi et moi. L’état de fait me saute aux yeux. Je le sens, que ça me fait grimacer à l’intérieur. Qu’un truc plus dur voudrait ressortir dans ma voix, que je réprime aussitôt. Je sais pas pourquoi je fais des efforts, alors que la finalité restera la même et qu’hier encore, tout cela me rendait dingue.

J’suppose que c’est la curiosité qui me pousse malgré tout à être comme ça…
Ou alors…

Je te vole une tartine dans laquelle je mord avidement puis me relève sans crier gare, renouant de justesse la serviette sur mes hanches.

— Attends, j’reviens..

Je me meus jusqu’à la machine à café – parce que tout simplement ça va pas le faire, ce manque cuisant de caféine. Et tranquillement, je m’en prépare une tasse fumante. J’en oublie pas pour autant ta demande… c’est la raison pour laquelle dans mon dos, sans même te regarder, je t’envoie :

— Je sais que t’as des questions qui te brûlent les lèvres.

Pas besoin d’être devin pour le deviner. Je me souviens t’avoir envoyé sur les roses lorsque t’as essayé de m’en poser.

— Réfléchis. Je te donne l’occasion d’en poser quelques unes tant que je suis d’humeur.

Et sur ces mots, je me retourne pour planter mes prunelles noires dans les tiennes. Muni de mon café, l’expression indéchiffrable, chaque pas menace de décrocher cette foutue serviette tandis que je reviens m’asseoir.

— Alors ?

Je t’enjoins, portant le divin breuvage à mes lèvres, te scrutant désormais avec une once d’impatience…
Hanz Asuka
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J’avoue que je suis un peu curieux de savoir — comment tu vas réagir. Si tu vas jouer le jeu ou si tu vas te buter dans ton idée. De ne pas se rapprocher. De rester loin — tels deux aimants se repoussant. Car si tu as accepté la condition, rien ne me dit que tu tiendras parole. C’est certainement pour cette raison que j’opte pour cette question. Simple, pas trop intrusive.

Autant dire que je suis heureux quand tu me réponds ainsi — « normalement ».
Sans agressivité, sans sarcasme, sans méchanceté, sans distance.

Un petit sourire étire le coin de mes lèvres quand tu dis d’abord que tu vas dormir. C’est sûr qu’avec le décalage horaire et la fête à laquelle tu as dû pointer le bout de ton nez aussitôt arrivé, tu dois manquer de sommeil. Je ne peux que compatir. Je ne le montre pas vraiment mais, à cause de mes insomnies, de tous ces bouleversements qu’il y a eu récemment dans ma vie, du travail et de l’atmosphère, je commence à être épuisé. Mardi, je pense que je devrais me reposer. Plus qu’à l’accoutumée s’entend. Si je déteste être inactif, je crois qu’il va sérieusement falloir que je prenne un peu de temps pour moi. Je sais ce que ça fait, de trop tirer sur les ficelles… Enfin, une grimace remplace cette petite expression quand tu continues en précisant devoir régler quelques problèmes qu’a engendré ton retour précipité au Japon.

Mhh, je vois.

Tu me retournes l’interrogation. Inspirant, je relève le menton, les yeux rivés vers le plafond — signe de ma réflexion. Quelques secondes juste ; avant que mon attention ne retombe sur toi.

Boulot, lançai-je tout en haussant les épaules. M’occuper de mes petits papis et mes petites mamies. Faire une activité avec eux et les familles qui seront là, le goûter, les changer, le repas, les mettre au lit. Et guetter que tout se passe bien jusqu’à ce que je parte, en gros. La routine.

J’achève d’un croc ma tartine quand je réalise… que je ne t’ai jamais dit, ce que je faisais dans la vie. Et que je ne sais pas vraiment ce que toi, tu fais. Il faut dire que nous n’avons littéralement jamais eu l’occasion d’en parler. Du moins, on ne se l’est jamais donné, cette occasion. Troublé de constater ce fait — de parler de ça avec toi, finalement ! — je m’empresse de piocher une autre victuaille afin de satisfaire mon estomac.

Tu te lèves, me disant que tu reviens tout en te dirigeant vers la machine à café — que je n’avais même pas noté. Ne pouvant que compatir à l’appel de la caféine que j’ai moi-même ressenti alors que tu étais sous la douche, j’observe sans réellement le faire ton dos ; ta silhouette. L’esprit un peu ailleurs tandis que je me dis que j’ai l’impression de vivre dans un univers alternatif présentement — un univers où les choses se passeraient bien entre nous et où un réveil aurait ce même semblant de normalité. Alors, je me demande, si toi et moi, ce sera toujours électrique au point de faire jaillir des étincelles — et ces moments ponctués de quelques trêves, parfois. Si tu seras toujours obstiné à me tenir loin de toi ; si j’arriverais à continuer le combat.

Je sais que t’as des questions qui te brûlent les lèvres.

Tiens donc. Voilà que tu me proposes de te les poser, ces questions qui me titillent. J’avoue que je suis un peu étonné. Je n’en demandais pas tant ? Si je me dis, un instant, que je ne devrais peut-être pas accepter une telle proposition, je pense ensuite que si tu me tends la perche, je ne dois alors pas louper l’occasion. Puis, ce serait mal me connaitre de croire que je vais chercher à t’interroger concernant ta vie privée. Je veux dire, il y a des choses que j’aimerais savoir oui — comme peut-être ce mariage que tu as vécu, ce que la vie a bien pu te prendre et pourquoi tu n’es pas bien. Mais cela ne me regarde pas. Je ne me permettrais pas de te parler de tout ça. Pas tant que toi, tu n’auras pas fait le premier pas.

Alors ?

Alors…

Mhh…

Je crois qu’il y a quelque chose que j’aimerais beaucoup savoir. Qui me turlupine depuis hier, en fait.

Pourquoi tu as dis à mes amis qu’on se connaissait ?

C’est vrai ça. Tu as débarqué de nul part, tu t’es immiscé entre Nobuo et moi ; allant jusqu’à passer ton bras autour de mes épaules. Mais surtout, tu as laissé planer des sous-entendus.

Tu m’as dis que tu ne voulais pas que ça soit ébruité. Je fais tout mon possible pour ne pas faire de boulettes auprès de mes amis et au taff. Parce que je suis pas con et j’ai bien compris que si les gens viennent à le savoir, ça sera la merde.

Comme je suis un homme, ça n’aide pas qu’elle a dit, Naa… Les gossip se régaleraient d’une telle nouvelle, pas vrai ? Le grand Hanz Asuka avec un homme, de la classe moyenne qui plus est…

Je pose mon coude sur ma cuisse puis mon visage contre ma paume de main. Il n’y a aucune accusation dans mes mots ; juste de l’interrogation pure et dure. Rien de plus. D’ailleurs, tu pourrais ne pas répondre, je ne t’en voudrais pas.

J’pensais que t’allais simplement m’éviter. Comme tu le fais tout le temps. Je hausse les épaules. J’aurais compris. Mais là… Justement, ça m’dépasse, je capte pas.
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Drôle d’ambiance. Est-ce que c’est ce lieu qui me fout dans de meilleures dispositions ? L’odeur du café, et des pains au lait ? Ou suis-je consciemment en train de te donner des ouvertures, après tout ce que j’ai pu brailler au sujet de notre impossible « relation » ?

Peut-être que le vent va tourner.
Pas maintenant. Dans une heure ou demain.
Après ma digestion ou ma sieste.

En quoi ça m’importe, en fait ? J’y donnerai le sens qui m’arrange quand ce sera terminé.

En attendant, ce repas se mangera pas tout seul et j’ai une faim de loup… Alors, même s’il est certainement moins bon que celui récupéré au buffet, je savoure mon café ; pioche de-ci de-là quelques aliments à me mettre sous la dent tandis que tu fais de même, patientant et patientant encore, que tu trouves quelle carte user, au nom de ta curiosité.

— Pourquoi tu as dis à mes amis qu’on se connaissait ?

Et voilà ce qui tombe. À ces mots, je m’en arrête de mastiquer.

Mes paupières se relèvent pour t’aviser, mes sourcils se fronçant imperceptiblement, de même qu'il y a une petite crispation au coin de mon œil – d’une manière qui peut-être me trahira.

Tss. Vraiment ?

Et ben voilà.

Je suis déçu.

Presque.


Je me demande : C’est ça que tu veux ? Des réponses aux questions les plus évidentes ?

C’est tout ce qui t’intéresse ?


Mais merde. Pourquoi ça m’énerve ? Ça devrait pourtant bien m’arranger, au contraire, que tu survoles l’occasion de la sorte. Sans toucher ni même effleurer ce qui devrait fâcher.

J'écoute la suite de tes propos... et me remet subtilement de ma déconvenue en me raclant la gorge.

— C’est pas compliqué pourtant…

Je secoue la tête. Abaisse la voix autant que je roule des yeux après t’avoir scruté un bon moment du coin de l’œil.

— C’était pour donner un contexte plausible à ta présence. T’éviter d’avoir à te justifier devant tes potes en leur racontant un bobard plus gros que toi.

C’est si choquant qu'ça ?

Je marque une pause, réfléchissant et vidant ma tasse avant de la déposer, un peu sèchement, sur un coin de plateau. Quand je poursuis, je relève mon regard charbon sur toi :

— Une demie-vérité ça vaut mieux qu’un mensonge, nan ?

Surtout si ça peut leur éviter d'avoir à creuser trop profondément.
Déterrer l’os doré que j'aimerai bien continuer de planquer...

— C’est tout ? Que j’enchaîne alors, un peu brusquement. C’est vraiment tout ce que t’as envie de savoir ? C'est tout ce qui t'importe ?

Parce que je sais pas s’il y aura un deuxième round ; peut-être devrais-tu user de cette chance plus judicieusement.
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C’est pas compliqué, que tu dis.
Moi, je ne trouve pas que ce soit aussi simple que ça.

Et mes paupières qui se plissent te le feront bien comprendre. Je pense. Tu roules des yeux comme si c’était une évidence. Pourtant, je ne pense pas que s’en soit réellement une. Que ce fut pour donner une raison plausible à ma présence. Du moins, j’ai vraiment du mal à y croire. J’ai envie de ne rien dire. De mettre sous le tapis ce qui cogite dans ma tête. Seulement, quand tu enchaines en affirmant qu’une demie-vérité vaut mieux qu’un mensonge, je me dis que je ne vais pas pouvoir me taire. D’autant plus que je ne comprends pas pourquoi tout ça semble t’irriter.

Tout n’est toujours qu’un tas de pourquoi.

J’ai déjà dû me justifier quand je les ai invité, j’te rappelle. Le bobard était déjà fait bien avant que tu te pointes.

Je me trouve sec, quand je te rétorque ça. Certainement plus que je ne le devrais ? Je ne comprends même pas cette réaction que j’ai. Pourquoi, je me sens ainsi — un tantinet agacé ? Je crois que cette manière que tu as de me reprocher la teneur « banale » de cette question m’irrite. Tout comme lorsque tu as avancé que je n’en avais rien à foutre de toi, vu que je n’ai rien cherché à ton sujet.

Alors c’est quoi ?
Malgré tes grands discours, tu as peur que je ne m’intéresse pas à toi, c’est ça ?


J’essaie, tu sais. Je fais mon possible pour prendre des pincettes et ne pas poser les questions qui fâchent. Les questions que tu voulais éviter ; je croyais.

Arrête de faire comme si rien ne m’importait.

Évidemment que ce n’est pas la seule chose que je veux savoir !

Je me redresse. Mon expression se fait un peu plus dur tandis que je n’ai pas peur d’affronter tes orbes sombres. Je ne compte pas me prendre la tête avec toi ni même élever la voix. Mais peut-être qu’il serait temps que je te bouscule un peu ? Que tu comprennes, ces incertitudes que je n’ai pas verbalisé jusque-là. Tu sais, ce n’est pas évident de savoir ce que j’ai le droit de dire ou pas ; le droit de demander ou pas…  

T’es en train de me reprocher de rien te demander de plus. Mais dis moi, Hanz. Si je viens à te poser une question te concernant toi ou ton passé, t’y répondrais là, vraiment ?

Je soupire, secoue la tête.

J’suis pas là pour poser les questions qui fâchent. Ou même pour jouer les curieux et te tirer les vers du nez. C’est à toi de m'en parler, quand tu voudras.

Je crois que je n’ai jamais vraiment aimé ce jeu du « t’as le droit de me poser X questions ». J’ai toujours l’impression que, dans ces cas-là, les gens se forcent à s’ouvrir. Et ça, ce n’est pas sain. Peut-être que mon point de vue est idiot. Mais c’est comme ça.

Mes tourmalines s’en vont de tes yeux, retombent sur le plateau. J’attrape quelques raisins que je mange en deux temps trois mouvements, avant de me lever du lit — et te laisser ce qu’il reste. Je te tourne le dos, expliquant :

Je reviens dans deux minutes.

Juste le temps que j’aille m’asperger le visage un peu d’eau.
Que je remette mes idées en place.

Chae-Rok Asuka
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Il n’aura suffit que d’une petite minute pour que la couleur de notre échange ne se dilue pour virer encre. Envolé, air paisible. Ce soupçon de neutralité qui flottait encore entre nous, sur tes traits – trop heureux que t’étais, apparemment, d’avaler ce que j’ai rapporté. Voilà que pour répondre, je ne trouve dans ta bouche que des piques.

— J’ai déjà dû me justifier quand je les ai invité, j’te rappelle. Le bobard était déjà fait bien avant que tu te pointes.

Je me raidis.

— Oh pardon… T’attends des excuses alors, c’est ça ? Que je te réponds sur le même ton, clairement sur la défensive.

À croire que ça peut jamais durer, entre nous ; qu’il faut que ça clash même quand je t’étale sur un putain de plateau le putain de fruit de mes efforts – entre autres. Et pas merci surtout !

À quoi ça rime ?
Ces efforts qui n’apportent qu'échecs et blessures ?

La question tourne en boucle dans ma tête, alors qu’agressé malgré moi par tes paroles et la façon dont tu me parles, je sens mes poils se rebrousser sur ma peau. J’en cesse même de respirer, mes narines se dilatant, attendant la suite.

Autant dire que c’est pas ce que j’avais prévu en acceptant de revenir poser mon cul sur ce lit…

— T’es en train de me reprocher de rien te demander de plus. Mais dis moi, Hanz. Si je viens à te poser une question te concernant toi ou ton passé, t’y répondrais là, vraiment ?


Mes lèvres se crispent. Mon air de te dire que tu vas déjà trop loin. Que tes phrases comme des claques, résonnent à mes oreilles pour battre la main que j’essayais de te tendre, en t’encourageant à poser des questions.

— J’suis pas là pour poser les questions qui fâchent. Ou même pour jouer les curieux et te tirer les vers du nez. C’est à toi de m'en parler, quand tu voudras.

J’ai envie de te dire : T’es là pour quoi, alors ? Pour me prendre la tête avec tout ce qui passe par la tienne ? Comment tu peux savoir si elles fâchent les questions, si tu les poses pas ? Comment tu peux savoir si j’y répondrai ou non ? Tu t’attends à ce que je te fasse un putain de monologue larmoyant sur ma vie ? Là, comme ça, de nulle part ??

Secoue une huître et tu verras si elle s’ouvre… !

Et je le sens, tout au fond de moi. Le désastre que t’engendre en réagissant avec tant de virulence. Je l’entends au bruit fracassant que fait mon silence ; dans celui que fait mon cœur, ruant sur mes cottes, gardant l’arrière goût de chacun de tes mots. Tu vois, ce petit truc que j’avais osé entrouvrir, sans vraiment le réaliser, te donnant une occasion qui, peut-être, n’avait l’air de rien – mais qui peut-être était tout. Ce petit truc vient de se renfermer.

— …

Et soudain, tu m’ignores. Tu pioches dans les raisins comme si de rien n’était – comme si tu venais pas te me repousser. Et sans plus de cérémonie, tu te lèves. Tu t’excuses. Tu disparais.

Les mains tremblantes, je réalise la force avec laquelle je serrais le drap lorsqu’il me semble sentir les ongles entamer mes paumes.

Ça bourdonne dans mes oreilles. Sous un afflux sanguin que j’ai du mal à endiguer. L’envie de rire, comme de bousiller ce putain de plateau. Après un moment à fixer le vide, je me relève à mon tour, plus conscient que jamais du mur nous séparant et du fossé que tu viens de creuser. Les émotions figées, je fouille dans les placards, déniche de quoi me vêtir, tant pis pour la tignasse humide ou mes plans initiaux.

Une minute plus tard, je toque deux grands coups à la porte de la salle de bain.

J’entre sans attendre. Indifférent à ce que je pourrais bien trouver.

J’ai un truc à te dire. Envie d’en terminer. Restant toutefois sagement dans l’encadrement, bras ballant sur poings serrés, je demeure là quelques secondes, te toisant avant d’ouvrir la bouche, parlant alors d’un timbre vibrant de calme et de la retenue que je m'impose.

— T’as exigé. T’as voulu discuter. T’oubliera pas que c’est toi qui m’a repoussé quand je t’ai donné une ouverture.

Et si je te fixe en chien de faïence, plus froid qu’un bloc de marbre, du coin de l’œil, la vision de mon téléphone oublié me fait brièvement détourner les yeux. Je fronce les sourcils en remarquant l’appel en cours puis blêmi en déchiffrant le nom du contact. "Père". … pourquoi maintenant… ? Mon cœur s’arrêter sans que je n’en laisse rien paraître, clairement sur la défensive, serrant juste les dents. Je l’attrape prestement puis en revient à toi, glacial.

— Tout ça pour dire. Je crois qu’il vaut mieux qu’on en finisse là.

Et d’un mouvement de cil je te survole des yeux, allant pour repartir, claquant a moitié la porte dans mon sillage en maugréant un « Bonne journée. », sarcastique.
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J’ai l’impression de virer fou.
De ne plus avoir le contrôle de rien — pas même de mes émotions.
De sombrer — de ne plus avoir pied.

À peine ai-je passé cette porte que mes mains se portent sur mon vêtement ; s’y accrochent. Je prends une grande goulée d’air, prenant alors conscience d’à quel point j’étais en apnée jusqu’alors. Le regard planté dans le vide, j’essaie intérieurement de calmer les battements précipités de mon coeur — et ma respiration erratique. Je ne me reconnais plus. Que ce soit dans cette façon que j’ai eu de te répondre ou même de réagir, ce n’est pas moi. En fait, j’ai l’impression d’avoir perdu les pédales depuis que j’ai ouvert cette lettre. Que j’ai découvert ton prénom écrit sur le papier. Je me suis voilée la face — me suis persuadé que j’allais bien malgré tout et que je surmonterais ça. Comme je l’ai si souvent fait.

Le truc, c’est que la grande partie des problèmes que j’ai pu affronter, ils ne me concernaient pas.

Ils étaient ceux d’autrui. Et si par empathie j’en ressentais aussi les émotions, roc que j’étais pour aider les autres à se relever, la réalité est là : ce n’était pas moi qui était touché directement. Que ce fut des décès de résidents à l’UVP, des histoires de familles ayant plus ou moins mal tournées, des accidents — tout tout tout m’atteignait indirectement. Je crois que, jusqu’à maintenant, j’étais persuadé d’être fort. Seulement, ces deux semaines m’ont prouvé le contraire ; et aujourd’hui plus que tout encore. Je ne vais pas aussi bien que je le prétends. Je suis paumé. Je n’arrive pas à te comprendre. J’ai beau avoir réfléchi à tout ce que Naa m’a dit, je me conduis en idiot. Mon myocarde vacille et ne sait pas sur quel pied danser.

J’y arrive pas.
J’y arrive pas.

Je me dirige vers la vasque. Je fais couler l’eau, me penchant pour cueillir la substance aqueuse aux creux de mes mains — et l’asperger ensuite sur mon visage. Une fois, deux, trois avant que je n’éteigne et n’arrête. Et les gouttes perlant sur ma peau, je fixe mon reflet dans le miroir. Pathétique. Tout n’est que château de cartes avec toi — détruit au moindre coup de vent. Et Dieu seul sait qu’il y en a, entre toi et moi. J’arrête pas de me mettre en tête que je vais faire des efforts, des concessions ; de sorte à tenir le cap, pour nous deux ! Mais c’est pas le cas ! La preuve en est : si c’était vraiment ce que je faisais, je serais pas là, à contempler cette piètre réflexion de moi tout en me maudissant pour tous les mauvais choix que j’ai fais.

Ça me fait mal, au creux de mon buste.
Et j’ai cette fichue envie de pleurer. Il faut dire que ça fait une trotte, que je n’ai pas expulsé ce qui crépite, au fond.

Enfin, c’est bien fait pour moi, je suppose.

Deux coups tombent contre la porte. Je ne dis rien — et je n’en aurais de toute manière pas eu l’occasion. La seconde qui suit, tu apparais. D’instinct, je tourne la tête vers toi — l’expression indéchiffrable. Je grimace, ma mâchoire se contractant plus que de raison. Je n’aime pas, comme tu me toises. Mais, je n’ai qu’à m’en prendre à moi-même.

T’as exigé. T’as voulu discuter. T’oubliera pas que c’est toi qui m’a repoussé quand je t’ai donné une ouverture.

Je déglutis.

Oui, je voulais discuter ! Mais… Je pensais pas à ça, comme ça… Enfin, je…

Peu importe, c’est trop tard de toute façon maintenant…


Tu te rapproches, soudain — et je sens mon corps se tendre. Mes muscles se bandent, sur la défensive que je suis. Stupide. Car tu ne fais que prendre ton téléphone pour m’asséner ensuite qu’il vaut mieux qu’on en finisse là. Avant de disparaître tout en marmonnant un bonne journée — je l’entends.

Mon sang ne fait qu’un tour. Je bannis cette idée de me laisser glisser contre le meuble et me recroqueviller à même le sol. Non, à la place, je ne mets qu’une poignée de secondes avant de sortir de la pièce à te suite. Je ne te regarde pas, honteux que je suis. J’attrape mon sac à la vas-vite avant de me précipiter vers la sortie. Je dois partir d’ici. J’étouffe — tout comme j’étouffe depuis l’arrivée du mariage.

J’ai besoin d’air.

Toutefois, je marque une pause quand je passe à côté de toi. Très courte. Juste assez pour te glisser en un murmure, tandis que j’ai les pupilles braquées vers le sol :

Désolé de ne pas te comprendre.

À mon tour, de disparaitre — à nouveau.

Désolé désolé désolé.
Chae-Rok Asuka
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