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Le silence. Dans les premières minutes, heures, jours, puis nuits. Un foyer sans vie, comme j’en avais que trop l’habitude. Pour la énième fois, je passais cette porte d’entrée en espérant y découvrir quelqu’un, je me serais contenté d’un quelconque signe de passage… Mais il n’y eut rien. Chaque chose à sa place et cette absence presque devenue inexcusable en cette septième fin de journée. Mon sac glisse du long de mon corps pour rejoindre le sol. Inerte, j’ai l’impression qu’aucun sentiment humain ne veut assumer mon humeur. Alors cette fois encore, assise sur ce canapé désormais familier, je fixe le vide… ou est-ce cette porte d’entrée que j’ai apprise à maudire.

Ou est-ce lui que je n’ai même jamais vu.

Le défilé de luminosité s'opère inexorablement, passant du jour au début de la soirée. Un soleil mourant, et avec lui toutes les illusions enfantines de ce système soit disant parfait. Seulement à condition que tout le monde joue le jeu. Et la faille de notre histoire résidait là. Je n’aurais su dire ce qui était le plus rageant, le fait de devoir subir sans avoir même rien à essayer… ou le fait de réfléchir trop tard à un plan de sauvetage. J’ai apparemment trop pris pour acquis ce “bel” avenir. Abandonner l’idée ? Je m’y refuse toujours comme l’idiote que je suis et resterais.

Je voulais qu’au moins cela soit différent du reste. Une parodie d’un roman, pas quelque chose de beau, je ne le souhaite même pas. J’assumerais bien volontiers les drames et déceptions, pour autant que j’y gagne une attache à ce monde. Une bouée dans cette mer hostile et glacée. Même des espérances minimes ne suffiront pas on dirait.

Le décompte n’avait pas encore sonné le glas. J’hésitais encore entre la volonté de lui en vouloir pour avoir gâché nos premiers jours, et celle de me convaincre qu’il avait sûrement une bonne raison à cela. Devrais-je seulement être entêté sur ma vision de base, éluder tout qui nous fera défaut et vivre dans une réalité fractionnée. Comme tout au long de ma jeune existence après tout. Encore faut-il que tu passes cette porte.

Et ce n’était pas la milice que je craignais. Non, personne ne pouvait plus être plus cruel que ce cher “mari”. C’était le fait d’avoir compris, assimilé et accepté que le déroulé tordu de ma vie ne pourrait jamais dévier. Quelle humiliation en y pensant. Enfin, pas que j’en étais à une prêt, mais… Peut-être qu'inconsciemment, je ne l’avais annoncé à personne parce que je savais que cela se passerait ainsi. Le noir s’immisça dans l’appartement et drainé de volonté, je ne pris même pas la peine d’allumer les lumières. Seuls les éclairages de la ville transcendaient à travers le vitrage et les observant brièvement, il ne sembla plus que l’idée de toutes les faire s’éteindre soit si folle que cela. Grâce à cette lueur invasive, des ombres dansaient malicieusement dans cet intérieur vide.

Puis il y eut ce déclic. Un son insignifiant, mais pourtant si captivant. Quelque chose qui suffit à me faire me lever. Une succession sur laquelle il faut se concentrer pour l’entendre, pour l’ouverture de la maudite. Cette silhouette qui apparut, eut le don d’emballer les battements de mon cœur, faisant revivre mon esprit éteint. Je ne pu vraiment profiter des traits de cet inconnu, l’obscurité et ma vue flouée n’aidant pas. Et chaque pas machinal qui me menait à lui, était comme des pétales de marguerite arrachés, décidant de si je devais le frapper ou le serrer dans mes bras une fois que je l’aurais à porter. Mais bien que mon bras se releva avec pour première intention de frapper son buste, ma tête baissée dénonça mon manque de détermination. Ou était-ce le contraire? Car je finis plutôt par vouloir l’enlacer, et m’y coller pour me consoler de cette interminable absence. Comme si c’était normal. Comme ce qu’il se faisait quand on se retrouvait, combien même, il n’y avait aucune logique ici puisqu’on s’y rencontrait. Peu importe d’avoir l’air folle, cela n’avait plus aucune importance.

--Tu es en retard…

Furent les seuls mots audibles de ma bouche, et finalement, les bras retombèrent ballant le long de mon corps. Tu ne veux pas être ici pas vrai ? J’osais relever le regard vers le sien, n’ayant plus la crainte d’y lire cette possible vérité qui m’a tant effrayé jusqu’à ce dernier instant. Ce n’était pas important, parce que tu étais finalement présent.

--Bienvenue chez nous.

Cent cinquante-cinq heures et une poignée de minutes. C’est le temps que je t’ai attendu, mais je me doute que tu aies dû faire le décompte en sens inverse. Et si impatiente j’étais qu’il vienne au début, je me tiens presque là à lui barrer la route menant à ce petit appartement qui nous a été désigné. Comme c'est amusant en un sens.

Yuna Daisuke
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Le noir absolu.
La nuit était déjà complète à ce moment. Les étoiles semblaient presque s'être réunies ce soir pour l'occasion, et scintillaient toutes magnifiquement. L'air estival était mélangé à la fraîcheur du moment. Et le calme absolu régnait dans les rues.
C'était une belle nuit, en somme.
La pire de toutes.

Rompant cette fragile tranquillité, des pas de course résonnaient au loin, ainsi qu'une si forte respiration. On pouvait deviner qu'une personne était à bout de souffle non loin de là.
Un jeune homme aux vêtements presque aussi noir que la nuit courait à toute allure là-bas, passant d'une rue à l'autre. Sa capuche dissimulait avec peine son visage, et quelques mèches rebelles s'entêtaient à s'échapper de celle-ci. Il n'y avait que les quelques parcelles de peau visible qui pouvait faire contraste avec tout son style bien obscur. Une peau aussi pâle que la mort. Était-ce la fatigue, le manque d'inspiration qui lui donnait un teint aussi effrayant ? Une chose était sûre, il n'aurait pu tenir très longtemps à ce rythme fou. Et pourtant, il n'avait guère l'envie de s'arrêter. Il fonçait toujours tout droit, comme s'il savait où il allait. Et peut-être était-ce le cas. 
Mais dans le fond, il s'en sentait perdu.

Toujours dans son élan, il fonçait. Se dirigeait vers un parc. Une clôture se dressait sur son chemin, une pancarte indiquant qu'il était fermé la nuit. Ses mains se servirent de la barrière comme tremplin, il vola un instant, le temps d'un saut, et ses pieds atterrirent sur la pelouse la seconde suivante. Il continua son parcours.
Il traversa une petite partie de la place, avant de finalement projeter son sac à dos par terre, ralentir sa cadence, et de s'y asseoir dessus. Cela faisait un moment qu'il ne s'était pas laissé choir sur un terrain d'herbes, et la plupart du temps, c'était sous le coup de l'ivresse. Mais là, il était sobre. Et tout aussi K.O. 
Il s'allongea. Se mit sur le dos. Le visage levé vers les cieux, les yeux clos. Sa poitrine ne cessait de s'épaissir et s'amincir à chaque souffle. Cependant, il avait mis la ruée en pause, savourant un lit de verdure temporaire pour l'heure.
Le calme, enfin.

Il ouvrit les yeux avec peine. Une fois. Deux fois. Trois, quatre... Et alors, ses yeux, émerveillés, se perdirent dans le firmament. Dans ses dessins stellaires, ces constellations qu'il avait appris par cœur. Elles lui avaient tellement manquées. Cela devait faire une semaine, maintenant.

Une semaine... Le temps passe si vite, lorsqu'il nous est compté.

Une semaine depuis, qu'il avait eu le malheur de se lever vers les quinze heures du matin, qu'il s'était préparé pour partir vadrouiller, comme tous les jours. Et qu'il avait vu sur la table une lettre que sa mère avait déposée. Il n’oublierait jamais cette couleur, qu'il détestait. Trop douce, trop rose. Trop moche.
Trop triste.
Il était resté immobile. Stupéfait. Paralysé. Sa mère ? Remariée ? Elle avait déjà connu une vie de merde. Elle n'était pas une bonne mère ni une bonne épouse, mais elle ne méritait pas ça. Pourquoi une deuxième fois ? 
Parce que ce n'était pas la sienne.
Le papier avait été déjà froissé une première fois. Peut-être sa mère elle aussi, avait été sous le choc en croyant avoir de nouveau affaire à une catastrophe. Ou peut-être avait-elle été bouleversée en comprenant que c'était au tour de son fils.
La feuille ne fut plus seulement froissée, mais déchirée. Encore et encore. Et encore... Pour finir en miettes. Comme son cœur, en fait. L'artiste fait toujours de son œuvre un reflet de lui-même. C'était ce qu'il aurait voulu se dire, pour se rassurer.
Il n'avait lu qu'une fois. Et en diagonale. Mais des informations furent imprimées à jamais dans sa tête ; l'adresse, qu'il connaissait déjà. Il avait pu squatter dans ces quartiers là. Comme quoi, ça pouvait servir, d'être un déchet.
Puis, il avait remarqué qu'il y avait les noms, dans ce papier délicat. Nocturne. Une véritable horreur. Une tâche sur le papier. Et à ce jour, cette dernière serait mêlée à une autre. Cette personne...
Et il avait beau ne jamais l'avoir prononcé, avait beau avoir évité d'y penser comme possible... Ce prénom, était mêlé au sien, à présent. A tout jamais. Et il le haïssait.

A partir de ce fameux jour, tout commença. Ou tout se termina, plutôt. Il ne donnait plus de nouvelle à personne. Et personne ne semblait le lui en demander non plus. Il ne leur manquera pas, et ne leur fera pas plus de mal par la même occasion.
Il ne sortait plus. Mais se présentait dans le salon, lorsque sa mère se levait aux aurores. Peut-être espérait-il qu'elle ne le console, le rassure. Ou même qu'elle ne fasse pas de fausse promesse et lui avouait qu'en effet, tout allait être pourri, à présent. Tout, tant qu'elle se décidait à lui parler, une fois. Une seule et dernière fois. Qu'elle lui en touche un mot, rien qu'un seul ! Mais elle était toujours la même quand elle apparaissait dans le cadre de la porte. Elle le saluait et passait son chemin, se préparant en vitesse et partant travailler. Mais à chaque fois que la porte d'entrée claquait derrière elle, c'était une nouvelle gifle que le garçon avait l'impression de se prendre.
Finalement la vie ne changerait pas pour elle. Et dans le fond, elle serait peut-être plus heureuse, une charge en moins, après tout... Elle retrouvera enfin la liberté. Comme si elle n'avait jamais été mariée, et n'avait jamais eu d'enfant. C'était, qui sait, ce qu'elle avait tant attendu.
Du moins, c'est ce qu'il avait cru, jusqu'au dernier jour. Il s'était levé comme chaque matin très tôt, et s'était posté dans le salon, patientant. Et une ou deux heures étaient passées, sans que la mère n'apparut. C'était si étrange... Que sans même prendre une inspiration, il se décida à aller à sa rencontre, sans le moindre motif. Mais une fois la porte passée, il s'aperçut qu'elle n'y était pas. A la place, une petite lettre s'y trouvait. Un message plus grand que d'habitude, où tout un discours y était écrit. Le plus long de tous. Celui-là aussi, il le retiendra. 

Mon fils,
Je te demande pardon, pour avoir filé à la première heure en douce afin de ne pas te croiser en ce jour. Et je te demande pardon pour cette semaine qui doit te paraître plus douloureuse que le reste de ton existence. Je te voyais dans le canapé tous les matins, scrutant le moindre de mes mouvements, mais je ne pouvais tout simplement trouver quoi que ce soit à te dire. Nous avions, dès le jour même où tu es né, toujours été à l'écart l'un de l'autre. Je n'avais pas la force de faire semblant du contraire pour ces derniers jours en ta compagnie. Tu dois savoir depuis le temps que je n'ai jamais été une femme vraiment aimante, mais sois convaincu que tu es la personne que j'ai chéri le plus au monde, et que je te souhaite une vie mille fois plus scintillante que la mienne. 
Je savais que tu attendrais le dernier jour, et peut-être même ai-je redouté de ta part une tentative de tenir tête à cette dictature folle de notre triste pays. Je souhaite que tu n'aies pas le cœur à te laisser abattre par les événements. Pars dès ce soir, comme tu as toujours eu l'habitude de faire, et arrive à temps. N'emporte avec toi que ce qui t'est essentiel pour tenir un ou deux jours, prends la monnaie qu'il te faut dans mon tiroir, je viendrais t'amener le reste, ainsi que ton télescope. 
C'est la première fois que je veux vraiment croire en ce terrible programme, car après tout, il m'a été accordé un homme aussi terrible que moi. Pourquoi de ton côté ne tomberais-tu pas sur une autre petite étoile ?
Je te souhaite de trouver l'amour, ou au moins la paix, mon enfant.
Ta mère, qui t'aime et t'embrasse.


La vision embuée, les mains tremblantes, Nocturne plia maladroitement le papier, qu'il rangea dans sa poche. Alors, sans perdre une seconde, il se dirigea dans sa chambre.
Et ce ne fut que le soir, qu'il en sortit, un sac léger sur le dos, une capuche sur la tête... Et une triste étincelle dans les yeux.

Mais là, ça allait mieux. Presque mieux.
Là, maintenant qu'il revoyait de nouveau ces étoiles, dans ce ciel aussi ténébreux que son cœur. Affalé dans le parc, il s'était reposé un peu. Et voyant qu'il était à ça de s'être endormi, il se releva d'un bond. Il chercha son portable dans son unique bagage. Non, il n'était pas encore trop tard... Mais il ne fallait plus tarder.
Nocturne se releva, son sac reprit place contre son dos. Et c'était reparti. Il courut de nouveau, d'un rythme régulier, sans affolement. Il était tout près, maintenant.
Et pourtant il ne se sentait pas prêt du tout.

Au loin, des immeubles semblaient frôler le ciel, dissimulant une partie des astres derrière lui. C'était là, sûrement. Gardant comme possible la tête froide, Nocturne trouva très vite le foyer où se trouvait son nouveau logement. Celui dont la façade semblait le plus vieux, le plus obscur de tous. Comme quoi, l'habitation même correspondait aux personnages.
Il y entra sans un bruit, et prit le temps de monter marche après marche, écoutant le résonnement de chacune de celles-ci, pendant quelques étages seulement. Car s'il avait ce besoin de traîner encore, le temps n'allait pas le lui permettre. L'adresse était claire, il habitait dans les derniers étages, et autant éviter de se fatiguer lorsque l'énergie était requise pour le reste de cette nuit.
Cela dit, c'était étrange pour lui, d'enfin se placer plus haut que le reste du monde. Et cela serait sûrement la seule et unique condition qui le mènerait à se sentir ainsi.
Il prit l'ascenseur pour finir de monter le reste de cet immeuble. Un peu plus tard, lorsque la cage métallique le libéra après l'avoir emmené là-haut, il prit une grande inspiration, et se hâta. Trouvant rapidement une entrée mise à son nom. Et enfin, il passa la clef qu'il avait reçu dans le trou de serrure. Alors, il pressa la poignée de porte, pénétra l'intérieur...

Tout n'était qu'ombre, ici aussi. Les lieux étaient-ils vides ? Ou la seule occupante dormait ? Cela n'allait pas faire son affaire, et il allait devoir faire bouger les choses, et vite. Alors...
Alors il manqua de sursauter. Quand une silhouette traça son chemin dans les ténèbres, se ruant à lui. Deux mains l'attrapèrent, il étouffa une interjection. Et ces bras, frêles, se fermèrent sur son dos, dans une douce étreinte.

Tu es en retard.
Bienvenue chez toi.


Qui donc, dans ce monde, aurait pu penser à articuler de si jolies et douces choses, à Nocturne ? Est-ce possible seulement ?
Pas même sa génitrice. Personne, en fait.
Quelques secondes passèrent, tandis qu'un ange passait. Que le nouvel arrivé subit et savourait ce moment de pause. Cette récompense pour avoir finalement mis le pied là où il serait à l'abri. Il en sentit une froideur caresser son regard, bien qu'il renia au plus vite l'émotion. Ses mains, elles, se levèrent à son tour. Effleurant la peau de cette nouvelle inconnue, avant de monter plus haut encore.
Touché par cet enlacement, qu'il n'avait réellement eu, qui lui procurait une certaine chaleur réconfortante... Il avait pu en rêver si longtemps. Rêver d'en avoir, rêver de rendre. Et il le voulait... Le ferait...
Et ainsi...
Ses mains se posèrent sur les épaules de la jeune femme. Les maintenant. Avant de la faire reculer, s'écarter, et mettre fin soudainement à ce contact. Ses bras se tendaient, creusaient toute la distance entre leurs deux corps à présent. Et il leva pour la première fois la voix, enfin. Un ton dur, déterminé. Et aussi sombre que lui.

- Mais, tu me fais quoi, là ?

Il prit un pas de recul, la lâchant.
Balayant le semblant d'émotion qu'il avait pu ressentir quelques instants plus tôt, qui avait failli le rendre toute chose, pour ne redevenir qu'un homme de glace.

- Eh non, j'suis pas en retard. Il est pas encore minuit passé. Mais si t'essaies encore de me pendre dans tes bras, je vais vraiment me décider à rentrer plus tard, quand il sera plus l'heure. Alors si tu veux qu'on fasses nos tâches du jour... Tu te tiens tranquille et on se dépêche.
Nocturne Daisuke
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Un frisson s’invite par le contact de peau furtif, ses mains bien plus chaudes que les miennes d’ordinaire. Fixant un regard froissé dans le sien, je le sens mettre de la distance entre nous. Il me pousse ? Il recule même comme si j’étais quelque chose de contagieux. Ce que je fais ? Je t’accueille comme il faut, imbécile. Même si je devrais m'en offusquer, sa réaction m’arrache un petit rire, ou alors, c’est ce sobriquet venu de façon innée qui en est la cause. Un imbécile et une idiote, beau match. Ah si seulement il avait pu s’arrêter là. La suite est plus dure à encaisser. Je me retiens de grimacer.

Pas en retard hein ? Bien sûr que non, ce n’est pas comme si je t’avais attendu toute la semaine. Que j’avais gaspillé tous mes pauvres congés pour rester dans un appartement vide pour ne pas rater ton arrivée… Et que demain, aux aurores, mon travail m’attendait. J’aurais voulu, et même, j’aurais dû le cogner, même une idiote comme moi savait que c’était la seule chose qu’il méritait en cet instant. Prendre sa tête à hauteur de la mienne dans ma main et la secouer pour remettre ses idées en place. Lui qui ne me connaissait même pas et me traitait déjà avec tant d'indifférence. Par chance, la vie, la mienne particulièrement, était faite de concessions et de son lot de frustration parfaitement encadrée. Très bien, comme tu veux, tant que tu te plies au système, même à ta façon. Nous procéderons ainsi.

Je lève les mains en l’air en signe de capitulation. Ainsi, ce ne fut qu’un rictus qui me fit garder une expression cordiale en réponse à ses déclarations. Il n’était pas vraiment faux, bien qu’un peu forcé, après tout, j’étais réellement contente de le voir finalement arrivé. Néanmoins, une vilaine amertume dévorait mon fond intérieur alors que j'allumais la lumière du coin cuisine d’un revers de main. Avec la même facilité qu’il a balayé nos présentations et toutes mes attentes de ce début de mariage. J’ai même fait attention de me faire “jolie” toute la semaine, ce soir encore, mais cela ne l'effleure même pas. Mes dents se serrent un instant, puis la colère s’éteint dès l’instant où j’ouvre à nouveau la bouche, un ton doux et imperturbable. Attends un peu toi, je n’oublierais pas de te rappeler ta “douceur” au moment opportun.

-- Tu as faim ?

Ce qui ne me plaît pas, je l’ignorerais, autant l'habituer tout de suite. Si tu étais arrivé les premiers jours, tu aurais facilement réussi à me faire pleurer ou me décourager. Mais plus maintenant que tu m’as fait ruminer et finalement accepter. Ma phase d'espérance est passée, j’ai fait le deuil de ce fantasme enfantin du mariage grâce à toi, et je devrais t’en remercier, mais je vais plutôt te le facturer, avec intérêt. Même les bêtes les plus sauvages peuvent être apprivoisées. Et tout commence par la sustentation, puis quelques soins et surtout, à force de présence, on s’y fait. Tu verras. Un travail d’usure parfaitement élaboré.

-- Je ne savais pas ce que tu préférerais, alors j’ai pris un peu de tout.

Ou plutôt, j’ai imité un héros d'une autre histoire dans son improvisation, et son apprentissage de la vie sorti de nulle part. Une tactique qui m’a paru plutôt efficace. Sur la table, se dépose alors une boîte de thon, des onigiris, des chips, un pack de bières et une précieuse barre de cacao. Tu ne sauras jamais la difficulté que ça a été de récupérer ces maudites canettes pour moi. Et j’ai comme dans l’idée que tu n’en seras même pas très reconnaissant, mais qu’importe, parce que je peux comprendre que nos visions diffèrent. Désolée, il faudra se contenter de ça, je n’ai aucune compétence en cuisine, ce n’est pas faute que Tifa, ma dernière coloc, ait essayé de m’apprendre. Sans espoir. Je tire une chaise pour m’asseoir, mes coudes se posent sur la surface et mes mains viennent encadrer mon visage. Non pas que ma tête s’est trop alourdie, mais plutôt parce que c’est ma position préférée pour étudier les situations.

-- Le chocolat, c’est seulement pour toi. Ça console, il paraît.

Et dans tous les cas, quand on quitte son nid, on a toujours besoin de consolations pas vrai ? Celle que personne ne m’a donnée, alors je suis bien placé pour y penser pour toi. Une promesse silencieuse de te donner tout ce que j’ai espéré, ou que tu désireras. Si tu te sens heureux, ça suffira à ce que cette mascarade vaut le coup. Et cette fois, je souris davantage par envie que nécessité. La situation est assez amusante en fait. Comprends bien par là, qu’à moi, l’histoire me convient très bien, peu importe quelle tournure tu voudras lui faire prendre. Et je ne lâcherais pas l’affaire pour quelques sauts d’humeur. Pas de chance pour toi, j'ai vécu avec ça toute ma vie, tu ne pourras jamais faire pire que les autres avant toi.

-- Et nos tâches du jour, quelles sont-elles au juste ? Et comment comptes-tu t’y prendre ?

C’est toi qui m’a dit de rester tranquille et à distance, mais es-tu sûr de pouvoir l’assumer après coup ? Hum? C’est peut-être une bonne occasion de te punir un peu que tu viens d'offrir sur un plateau d’argent mon cher mari. Un côté sadique s’éveille. L’idée de penser ainsi me plaît bien et c’est le cœur plus léger que je croque dans mon onigiri sans le quitter du regard. Il serait dommage de rater son expression. Puis je réalise… De ce que j’en vois, il est mignon en fait. Étonnement. Je n’avais même pas imaginé cette possibilité-là. Il est différent sur tous les aspects de ce que je m'attendais à découvrir. Mon expression trahit ma surprise et je sens mes joues roussir. Le pire timing possible pour ça. Pourtant, j’en ris encore, une humeur joyeuse difficile à ternir, qui j’en suis sûre, ne fait pas son affaire.

-- En y regardant de plus près... Ton prénom te va bien.

Puisque tu ne veux pas te présenter, je ferais comme si on se connaissait depuis toujours. Figure-toi que j'ai porté de l’intérêt au contenu de notre lettre et le peu qu’elle dévoile de toi. Oui, toi qui apparaît dans l’obscurité de la nuit, paru de ses couleurs fétiches, tu me sembles bien être un oiseau de nuit. Il suffit de regarder ce teint blafard. Une peau de lune, bercée par la nuit profonde de cheveux en bataille. Est-ce que les étoiles sont dans ses yeux ? Ils ne pétillent pas beaucoup ce soir en tout cas.

Yuna Daisuke
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Ainsi plongés dans l'obscurité qui baignait dans cette salle, les deux prenaient connaissance l'un de l'autre. Et Nocturne mettait un point d'honneur sur le fait qu'elle le regretterait assez vite. Ne se contentant pas d'arriver bien tard, aux extrémités de leur temps restant, le brun, à présent, ne cherchait pas à faire de présentation ni de courbette. S'offusquant, à la place, de cette proximité qu'elle avait imposé en guise d'accueil, et répondant à ses remarques qui ne se voulaient pourtant probablement pas même méchantes.
Malgré les ténèbres, il la verra lever les mains, paumes découvertes, comme pour signer qu'elle abdiquait, et n'allait pas tenter quoique ce soit. Infime victoire pour lui, pour ce bien long combat qu'il s'apprêtait à mener.
Et ne cherchant à ajouter quoi que ce fût, il la laissa se dérober, pour se rendre plus loin. Une pièce qui se révélait être la cuisine, ou salle à manger, ou les deux, s'il se fiait aux éléments révélés par la lumière déclenchée. Plus encore, d'ailleurs... Car il semblait y avoir par mal d'aliments qui traînaient sur ce qui allait leur servir de table.
Elle disait ne pas savoir vers quoi se tourner, et avoir sélectionne de tout. Les faits donnaient raison à ses paroles ; il y en avait pour des goûts variés. Des onigiris, chips, poisson... Et bien évidemment, ce qui alerta de suite un des côtés les plus sombres et addict de notre jeune homme ; de l'alcool. Il avait lorgné dessus, quelques longues secondes, avant de tenter de se réveiller, de se rattraper.
« Non, non... Elle ne t'aura pas comme ça. Ou... Pas trop vite ».

Mais bien sûr qu'il se dirigeait vers le tout. Son estomac, même, comme se sentant interpellé, et fatigué par l'effort qu'il s'était infligé pendant pas loin d'une heure, s'était mis à gargouiller. Trop tard, pour nier l'indifférence. Cependant, il ne rechignerait pas à attaquer pour autant.

- Hm. Et il est où le piège, là-dedans ?

Son regard noir l'avait atteinte, se plongeant dans le sien, jaugeur. Ce fut la première fois d'ailleurs, pour de bon, qu'il la voyait. Il en retenait une jolie silhouette, et des traits bien doux, à l'expression respirant la bienveillance. En apparence, seulement. Car, notre ténébreux n'aurait pu croire facilement que son Incontestée soit véritablement une bonne personne ; elle lui avait été liée, après tout. Et il ne méritait pas ça. Alors ça devait être quelqu'un d'au moins bien pourri, comme lui, non ?

- Enfin. Ouais. J'ai la dalle. J'te rembourserai ce que j'te dois. Y'a rien d'ouvert à cette heure-ci, alors...

Et honnêtement, il était difficile de refuser des mets, lorsqu'on vous les agitait sous le nez. Il plierait pour ce coup. Il ne comptait toutefois pas se sentir trop redevable envers elle.
Même pour le coup du chocolat. Pourquoi, d'ailleurs, parlait-elle de réconfort ? Se servant dans les chips, il n'oublia pas de rétorquer.

- Prends-le alors. T'en auras plus besoin que moi. Mais si t'as quelque chose pour calmer la haine, j'dis pas non.

Il se savait trop virulent, dans ses termes. Devait-elle commencer à avoir peur ? Elle ne le montrait pas encore, en tout cas. Tandis qu'elle entamait son triangle de riz, elle l'interrogeait alors, pour leurs missions maritales. Il n'y avait pas encore pensé. Préférant oublier au maximum, pour repousser l'échéance... Mais cela commençait à leur pendre au nez. Et il n'avait pas fait tout ce chemin pour finir en cage. Avec elle, de plus. Et alors que sa mère croyait en lui.
C'était encore cette fichue dernière idée, qui le faisait tenir.
Il en avait fini avec les chips pour le moment, ayant tourné son intention vers les bières. Elle l'avait bien eu, là-dessus. Il n'y avait pas même d'autres boisons, en fait, étrange... Mais il ne le relevait pas. N'ayant pas aperçu de décapsuleur, il se débrouillait avec son savoir-faire, et s'armait de sa bouteille, la coinçant avec le bord d'une table, qu'il utilisait pour ouvrir. Ce genre de choses lui était bien pratique, en toutes circonstances.
Oui, en toutes circonstances, lorsque l'on est un bon buveur.

Il relèvera la tête, prenant une première gorgée, avant de reprendre part à leur conversation plus cruelle qu'amicale.

- En y regardant de plus près... Ton prénom te va bien.

-... Par contre, mon nom ne te va pas du tout.

Simple, et efficace. Pour lui faire comprendre pour de bon, qu'il ne la voulait pas en tant que Daisuke. Et en soi, il l'aurait souhaité à personne, d'entrer, de faire partie de cette famille maudite. Mais elle en avait eu la malédiction. Celle d'être choisie par l'Incontestable ? Ou d'être à son nom à présent ? Les deux, probablement.
Il but une nouvelle fois. Avant de continuer.

- On a probablement fait le premier truc ; grailler à deux. Maintenant, faut qu'on fasse une activité. J'sais pas à quel point ils sont vicieux là-dessus, mais t'as pas un truc à regarder rapidement ? Ou un jeu à se faire. Sinon, j'ai des cartes. Ça serait simple et rapide.

Il omettait volontairement de parler de la dernière chose à faire, avant que minuit ne sonne. Quelque chose qui allait l'ennuyer davantage. Et elle aussi, probablement. Mais il verrait quand ils n'en seront qu'au pied du mur.
Nocturne Daisuke
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Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

-- Il n’y en a pas.

Trahi par son propre corps. Ou son estomac en l'occurrence. La stratégie se veut payante, presque à tous les niveaux, merci héros. Quelle est cette étrange sensation, celle de voir le reflet de ma propre méfiance habituelle se décliner d’une manière plus offensive. Un chaton effarouché perdu dans sa nouvelle vie, prêt à mordre ou sortir les griffes. Je croque à nouveau dans mon onigiri  le finissant ainsi, il me toise et j’en fais autant. À ce stade, il ne fait plus aucun doute que notre rencontre va avoir des allures d’un match pas du tout amical. C’était une des possibilités à laquelle je m’attendais, ainsi, je ne relève pas les premières passes, verbalement du moins. Quelques fois ma tête se secoue pour acquiescer gentiment, histoire qu’il se sente écouté. Je reste “tranquille” comme demandé, le laisse prendre volontiers du terrain si ça peut nous permettre d’en finir plus vite. Mais c’est qu’il n’en démord pas et l’heure tourne. J’ai beau lui sourire, je sens mon estomac se nouer, mon corps se crispait au fur et à mesure qu’il s’exprime. Et cette façon qu’il a de me regarder est probablement le pire dans son comportement. Rester de marbre est une difficulté plus ardue que je ne le pensais, alors j’essaie d’apaiser mon esprit avec une taquinerie relevant des croyances populaires.

-- Entre amour et haine, il n’y a qu’un pas.

Garde la autant que tu veux, nourris la même si ça te chante. Fais en un point d’honneur, un qui te ramènera toujours ici, devant moi. C’est tout ce que j’attends de toi. Je me refuse aux niaiseries des sentiments, mais si tu en as besoin d’un pour tenir le coup… Choisis bien celui qu’il te plaira, ça m’est bien égal. Les faits sont les faits. Et les nôtres font de nous un tout. Le mien dont je ne te laisserais pas filer. Désolée pour toi, aussi égoïste que cela soit, je ne plierais pas. Pas cette fois. Et j’aurais pu répondre au tac au tac quand il trancha encore cruellement le peu qui existait de notre lien matrimonial reliant nos noms. Mais à la place, voyant qu’il avait encore des choses à dire, mon mal fut pris en patience. Il aurait été dommage de le faire s’étouffer si tôt dans le jus de sa bière. Je sentais dès cet instant, que mon humeur s’en était allé, pourtant, je souriais, une expression si douce gravée sur le visage. Une sensation familière, un jeu de rôles auquel je ne voulais désespérément pas jouer avec ma moitié désignée… Elle qui aurait dû être si parfaite. Peut-être que rien de tel n’existe dans ce monde en fin de compte. Pour autant, c’est le meilleur possible que l’incontestable a choisi pour moi. Donc...tout va bien. Merveilleusement bien. Ceci est un jour heureux. Le meilleur de tous.

-- Oui, oui, va pour la partie de cartes.

Faisons bien tout ce qu'il te plaira, je m’en fous tellement, si tu savais.  Ma tête était trop happée ailleurs et je ne réussissais guère à m’extirper de cette terrible étreinte. Démons couplés à mon âme,  rendormez-vous s'il vous plait,  avant qu'il ne soit trop tard. On pouvait tout à fait être mauvais, tout en restant gentil et réaliste tu sais. Et c’était le moment où jamais, pour rentrer dans le vif du sujet concernant nos présences ici. Contredisant les tumultes de mon esprit, j’en ris, doucement, chaleureusement, un petit instant et c’est dans le même rictus délicat, que je laisse glisser une suite qui se révélera bientôt plus du tout bienveillante.

-- Puis tu sais, j’y ai pensé aussi… C’est vrai que ton nom ne colle pas du tout au mien.

Je ne devrais pas rentrer dans ce jeu-là, je le sais. Un de nous doit tempérer… mais c’est au-dessus de mes forces. Fatigue et frustration s’accouplent à la colère grandissante dévorant ma patience. Toutes les espérances que j’avais placées dans cet avenir qui s’assombrit de plus en plus. Ma volonté persiste, mais mon cher époux a été assez vorace pour attiser le doute dans mon esprit. Cette peur de l'échec est plus grande que tout. J’ai fermé les yeux sur l’attente, les présentations, les manières et les menaces. Mais tu ne dénigreras pas ma place dans ce monde. N'y penses même pas. Écoute, observe et fais-toi une raison. La voix dans ma tête est monstrueusement amère, mauvaise, mais celle qui s’ébruite à l’extérieur sonne délicate, prend son temps pour délivrer son message.

-- Nous rattraperons ça en choisissant des prénoms qui s’y associent mieux pour nos enfants.

Pourtant, ce n’est pas censé être méchant, mais je sais instinctivement que ça le sera pour lui à entendre. Et ça fait encore plus mal d’en avoir conscience. Si c’est ainsi que cela doit tourner. Qu’il en soit ainsi. J’observe sa réaction, m’en délecte malicieusement à défaut de pouvoir en pleurer librement et ainsi, perdre définitivement ma prise. Prendre sur moi. Je ne sais faire que trop bien.

-- Alors, ces cartes ? À moins que tu ne préfères le jeu érotique du tiroir de notre chambre ?

À chacun ses armes. Et combien même cette horreur m’a offusqué à sa découverte, je remercie les cieux d’avoir inspiré l’agent ce jour-là. Quelle merveilleuse transition m’a-t-on offerte là !

-- Les quelques petites minutes qui nous restent feront largement l’affaire.

J'ai bien appuyé certains mots plus que d'autres. Ces jeux cruels j'en ai une bien triste expertise. Une dont j'ai fait les frais trop souvent, trop longtemps. Aucun de mes scénarios envisagés ne nous menait là. Les mots ont fui de mes pensées, en une contre-attaque immédiate désespérée. Une association d'idées qui a débordé. Cette envie furieuse de lui faire-enfin, fermer son clapet et l’animosité qui en sort à mon égard. Une vite regrettée, mais même si mon sourire est figé, le regard ne sait plus mentir. Mon agacement est palpable. Mes yeux sombres se fixent dans les siens, avec toute mon amertume. Je n’en démordrais pas, c’est trop tard pour espérer ça. Cela aurait pu se passer si bien… mais c’est trop tard pour ça aussi.

Yuna Daisuke
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Le moins que l'on pouvait dire et qu'il pouvait se l'avouer, pour la suite de la discussion, était qu'elle avait matière à répondre. Pire encore, qu'elle rétorquait bien. Cela avait presque pu le faire tiquer une première fois, lorsqu'elle lui avait dit qu'il n'y avait qu'un pas, entre amour et haine. Que voulait-elle sous-entendre ? Devait-il le prendre comme une menace ou avertissement ? Car si elle semblait aussi dévouée pour l'heure, selon ses paroles, elle pourrait tout aussi facilement devenir bien plus virulente. De toute façon, le jeune homme se tenait sur ses gardes à la seconde même où il avait posé le pied ici.
Mais bon. Ils avaient trouvé un terrain d'entente, lorsqu'elle acceptait de jouer. Nocturne en abandonna sa bière et ses chips pour mettre le tout en place. Il sortit son vieux paquet de cartes de sa poche, qu'il vidait rapidement. Il optera pour un jeu classique qui se faisait bien à deux et sans prendre trop de temps. Il commençait à trier le tout, retournant dans son mutisme. Mais hélas, ses oreilles n'auraient pu autant déconnecter que ses lèvres, et la prochaine réponse que sa compagnie lui livra le fit presque frissonner, tandis qu'il en lâcha une carte ou deux, à terre.
Parler d'enfants aussi vite ? Et pour une union indésirée, catastrophique ?
Il leva les yeux sur elle. Consterné, confus. Et le dégoût étirant légèrement ses traits. Bien sûr qu'elle n'était pas folle de lui à ce point. Pas folle non plus de l'Incontestable, en fait. Juste folle, tout court. C'était ce qu'il préférait se dire. Et il fallait que tout ça, ça tombe sur lui.

- Est-ce que t'es sérieuse ? prononçait-il, sans la lâcher de son regard féroce.

Et il croyait comprendre enfin, quand la suite lui parvint. Car elle enchaînait alors. Toujours avec cet air qui ne lui semblait plus que faux, à présent. S'il préférait le jeu érotique se trouvant dans l'armoire ? Car les dernières minutes restantes feraient l'affaire ? Elle attaquait de plein fouet, voulait l'enterrer. Mais s'il devait s'avouer vaincu tôt ou tard par elle, il se battrait jusqu'au bout.
Nocturne inclina la tête d'un côté, jugeur, non sans mettre fin à ce lourd duel de regards sinistre ;

- Parce que tu pourrais pas durer plus que ça ?

Bien sûr qu'elle avait voulu souligner le contraire, et bien sûr qu'il ne cherchait qu'à rendre les coups. Que c'en fût sale et efficace, tout lui convenait. Il laissa glisser une partie des cartes, coupant leur précédente discussion animée. Il annonça qu'il s'agissait du jeu du Pouilleux, avant d'en évoquer les règles trop rapidement. Avec un peu de chance, elle le connaissait. Sinon, elle devrait aviser.

- …Et si t'as pas pigé les règles, improvise, le temps que je gagne rapidement. Je commence.

La partie démarra alors, et il vint piocher une première carte dans la main de son Incontestée, souhaitant intérieurement que le tout ne se finisse assez vite. Car elle avait bien raison, sur le fait qu'ils allaient être à court de minutes...
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